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jeudi 17 septembre 2026
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L’Ukraine lance l’opération Vivaldi pour verrouiller le secteur stratégique de Lyman

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L'Ukraine lance l'opération Vivaldi pour verrouiller le secteur stratégique de Lyman
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L’essentiel
  • Kiev a dévoilé le lancement de l’Opération Vivaldi, une contre-offensive ciblée menée dans le nord du Donbass.
  • Les forces ukrainiennes affirment avoir repris 85 km² de territoire autour du verrou hautement stratégique de Lyman.
  • Le commandement ukrainien revendique la neutralisation de 1 500 soldats russes et de matériels majeurs lors de cette manœuvre.
  • Les experts rappellent que la guerre des drones en 2026 exclut les grandes percées au profit de combats de harcèlement.

Une contre-offensive ciblée dans le secteur hautement disputé de Lyman

L’armée ukrainienne a surpris ses observateurs en annonçant le lancement officiel d’une nouvelle manœuvre d’envergure dans le Donbass, baptisée « Opération Vivaldi ». Selon les déclarations d’Andriy Biletsky, commandant du 3e corps d’armée ukrainien, cette offensive ciblée a permis de reprendre le contrôle de 85 kilomètres carrés de territoire aux forces de Moscou. Les opérations, qui auraient débuté en réalité il y a plusieurs semaines dans la plus grande discrétion, se concentrent autour de la ville de Lyman, située tout au nord de l’oblast de Donetsk. Cette annonce surprise vise à démontrer la capacité de résilience tactique de l’armée ukrainienne alors que la ligne de front subit une pression russe constante et éprouvante. L’état-major ukrainien revendique par ailleurs des pertes matérielles et humaines significatives infligées à l’adversaire, évoquant l’élimination de 1 500 soldats russes, la destruction de centaines de blindés et de près de 12 000 drones ennemis. Si ces chiffres restent difficilement vérifiables de manière indépendante, ils témoignent de l’intensité des combats d’usure qui se jouent dans cette zone contestée.

Lyman, un rempart défensif vital pour préserver le Donbass

La ville de Lyman, qui comptait plus de 20 000 habitants avant le conflit et n’est plus aujourd’hui qu’un champ de ruines, constitue un point de passage névralgique pour la sécurité de la région. Déjà conquise par la Russie au début de l’invasion en février 2022, puis reprise par l’Ukraine lors de la contre-offensive de novembre de la même année, la localité sert de bouclier naturel. Pour le chercheur Huseyn Aliyev, spécialiste du conflit à l’université de Glasgow, la chute de ce secteur clé ouvrirait directement la route vers Kharkiv pour les forces russes, provoquant l’effondrement d’un axe de défense essentiel. Les analystes soulignent que l’état-major russe a adapté sa doctrine face à la ceinture fortifiée ukrainienne protégeant les bastions de Kramatorsk et de Sloviansk. L’armée russe privilégie désormais une manœuvre d’encerclement par le nord, rendant le contrôle de la zone de Lyman absolument crucial pour empêcher l’asphyxie de ces places fortes. Comme l’explique Ryhor Nizhnikau, expert à l’Institut finlandais des affaires internationales, les forces russes évitent les assauts frontaux suicidaires et misent sur ce contournement. L’Opération Vivaldi apparaît donc avant tout comme une mesure de consolidation indispensable pour sanctuariser ce réseau urbain fortifié.

La guerre en 2026 : l’ère de la « zone de mort » et la fin des grandes percées

Malgré les espoirs suscités par les annonces de Kiev, la nature technologique des combats en 2026 interdit d’imaginer des manœuvres de rupture semblables à celles observées lors des premières phases du conflit. L’omniprésence des outils de surveillance aérienne a redéfini en profondeur les règles de l’art militaire moderne. La généralisation de la guerre des drones a transformé le front en une véritable « zone de mort » où tout mouvement massif de troupes est détecté et détruit instantanément. Dans cette configuration inédite, les grandes charges blindées coordonnées ont fait place à des tactiques de grignotage territorial. Huseyn Aliyev explique ainsi que les gains de l’Opération Vivaldi ne découlent pas d’une percée classique, mais d’opérations méthodiques visant à déloger de petites unités d’infiltration russes isolées et incapables de fortifier leurs positions. En parallèle, Will Kingston-Cox, chercheur à l’International Team for the Study of Security (ITSS) de Vérone, indique que cette contre-offensive s’accompagne de frappes de drones ciblées contre les lignes de ravitaillement adverses afin de couper le soutien logistique de ces incursions.

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Entre communication politique et dures réalités capacitaires

En qualifiant cette opération de « première saison » d’une série de contre-offensives à venir, faisant écho aux Quatre Saisons du compositeur italien, Andriy Biletsky tente d’imposer un récit de long terme rassurant pour l’opinion publique et les alliés occidentaux. Toutefois, cette rhétorique optimiste se heurte à la réalité matérielle et humaine des forces ukrainiennes, confrontées à un épuisement structurel et à des ressources en hommes sévèrement limitées. La rareté des effectifs disponibles oblige l’état-major ukrainien à privilégier des contre-attaques locales et défensives plutôt que de vastes campagnes de libération territoriale. De plus, le profil de Biletsky, fondateur historique du régiment Azov et ancien député, confère à cette annonce une forte dimension de communication politique interne. Pour les observateurs réalistes, l’Opération Vivaldi doit être lue pour ce qu’elle est : une opération de rectification de ligne de front essentielle pour la défense du pays, mais qui illustre les limites géopolitiques et physiques d’un conflit entré dans une phase d’usure technologique aiguë.

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Écrit par
Nadia Belkacem

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