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vendredi 25 septembre 2026
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Emmanuel Macron tente de reprendre la main face aux crises nationales

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Emmanuel Macron tente de reprendre la main face aux crises nationales
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L’essentiel
  • Lors d’une interview télévisée le jeudi 24 septembre, le chef de l’État a tenté de justifier sa politique face à la crise sociale et internationale.
  • Pour redresser les finances, le gouvernement de Sébastien Lecornu prépare un budget de rigueur de 54 milliards d’euros.
  • Le président a ouvert la porte à une baisse des taxes sur l’essence, se rapprochant de la ligne du Rassemblement national.
  • La dette publique de la France s’est alourdie de 1 000 milliards d’euros sous sa présidence, un bilan qu’il continue d’assumer.

Le retour médiatique d’un président affaibli par les crises

Après plusieurs mois de retrait de la scène politique intérieure, marquée par une volonté affichée de laisser le gouvernement agir en première ligne, le chef de l’État a repris la parole lors d’une grande intervention télévisée ce jeudi 24 septembre. Ce retour au premier plan, le premier depuis le mois de juin 2024, intervient alors que le pays fait face à une accumulation de tensions géopolitiques et de difficultés économiques majeures. Revenant tout juste de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président de la République a tenté de reprendre de la hauteur en insistant sur son action internationale, tout en se confrontant aux réalités quotidiennes des Français. Ce retour sur la scène médiatique nationale intervient après plusieurs mois de retrait volontaire, alors que la situation internationale et les difficultés intérieures s’accumulent. Face aux menaces qui pèsent sur l’Europe, notamment le risque de sabotages russes similaires à l’attaque de drone suspectée en Allemagne au début du mois d’août, le pouvoir élyséen s’efforce de justifier son rôle protecteur, bien que la déconnexion avec les préoccupations de la population demeure un sujet de crispation majeur.

Pouvoir d’achat et fiscalité : la concession feutrée à la droite nationale

La flambée des prix de l’énergie et des carburants s’impose comme le principal point d’achoppement entre l’exécutif et les ménages français. Pour répondre à cette crise, le chef de l’État a défendu la stratégie ciblée de son gouvernement, qu’il qualifie de pragmatique et proportionnée face au gaspillage des aides publiques généralisées des années précédentes. Cependant, pressé par la réalité sociale, il a consenti à une ouverture majeure : la possibilité de baisser les taxes sur l’essence si les cours mondiaux continuaient de s’envoler. En ouvrant cette porte, le président de la République opère un revirement notable par rapport à la doctrine fiscale rigide de ses ministres. En n’excluant pas une baisse des taxes sur les carburants, le président de la République valide à demi-mot une proposition phare de l’opposition souverainiste. Cette concession, même présentée comme une ultime option pragmatique, donne un point politique décisif au Rassemblement national, qui réclame depuis de longs mois une baisse significative de la fiscalité sur l’énergie pour préserver le pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes.

Un bilan financier sous le feu des critiques : la défense du « quoi qu’il en coûte »

Le débat budgétaire actuel remet inévitablement sur le devant de la scène le bilan comptable de la présidence. Avec une dette publique qui s’est alourdie de 1 000 milliards d’euros sous son autorité, le locataire de l’Élysée fait face aux critiques de la droite conservatrice et des souverainistes, légitimement inquiets pour l’indépendance financière de la France. Loin de faire amende honorable, le chef de l’État a contre-attaqué en fustigeant l’incohérence de ses opposants, qu’il accuse de réclamer simultanément moins de dépenses publiques et davantage d’aides d’urgence. S’il a pleinement assumé les choix budgétaires exceptionnels de son mandat, il a néanmoins concédé un rare aveu d’échec concernant la réforme des retraites, admettant ne pas avoir réussi à convaincre les Français. Face au bilan critique de sa gestion financière, marquée par 1 000 milliards d’euros de dette supplémentaire, le chef de l’État a choisi l’offensive contre ses opposants. Pour le président, le dérapage actuel des comptes publics est en partie imputable aux forces politiques qui ont combattu ses réformes structurelles l’automne dernier.

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Le budget de rigueur et l’appel à la « responsabilité »

Dans un contexte financier extrêmement dégradé, la présentation du projet de loi de finances s’annonce comme un test de survie pour l’exécutif. Le président a apporté un soutien sans faille aux textes portés par Sébastien Lecornu, décrivant un plan d’économies de 54 milliards d’euros qu’il juge solide et équitablement réparti entre les différents acteurs économiques. Qualifiant la situation financière de la Nation de particulièrement grave, il a solennellement appelé les forces d’opposition à faire preuve de responsabilité et à rejeter toute tentation démagogique lors des débats parlementaires à venir. Le chef de l’État soutient pleinement le projet de budget de 54 milliards d’euros d’économies présenté par Sébastien Lecornu, appelant les oppositions à ne pas céder à la démagogie. Cette exhortation à l’unité nationale autour de la rigueur budgétaire peine pourtant à masquer les fractures politiques profondes au sein d’une Assemblée nationale fragmentée, où la survie de l’exécutif dépend en grande partie du positionnement des députés conservateurs.

L’aveu d’impuissance face à la colère sociale

Au-delà de la rhétorique présidentielle, cette intervention a également mis en lumière les limites réelles du pouvoir exécutif face aux crises mondiales qui impactent directement la vie des Français. Face aux menaces de blocages et de grèves générales, le président a tenté de désamorcer la contestation par l’ironie, soulignant l’inutilité de manifester en France contre des hausses de prix induites par des conflits au Proche-Orient ou en Ukraine. En ironisant sur les appels à la grève générale, Emmanuel Macron révèle en creux l’étroitesse de ses marges de manœuvre face aux colères populaires. En affirmant que nous ne sommes pas encore dans la dernière ligne droite de son action, à huit mois d’échéances politiques majeures, le chef de l’État tente d’afficher sa fermeté et sa maîtrise du cap national. Toutefois, la réalité d’une gouvernance sans majorité absolue à l’Assemblée et d’une inflation persistante rappelle que les leviers traditionnels de l’État souverain ont été largement émoussés par des années de choix supranationalistes.

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Écrit par
Julien Marchand

Écrit sur la France : territoires, services publics, environnement et vie quotidienne des Français.

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