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vendredi 25 septembre 2026
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Procès Aramburú : la défense dénonce une affaire « polluée » par l’idéologie

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Procès Aramburú : la défense dénonce une affaire « polluée » par l'idéologie
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L’essentiel
  • Devant la cour d’assises de Paris, les avocats de Loïk Le Priol et de Romain Bouvier ont achevé leurs plaidoiries ce jeudi 24 septembre.
  • La défense a fustigé la politisation du dossier, rejetant la thèse d’un « crime fasciste » pour se recentrer sur les faits et le profil psychologique des accusés.
  • L’avocat de Loïk Le Priol a invoqué l’altération du discernement liée à un syndrome de stress post-traumatique militaire, tandis que la légitime défense a également été plaidée.
  • Le parquet a requis la veille des peines lourdes : vingt-sept ans de réclusion criminelle contre Loïk Le Priol et vingt ans contre Romain Bouvier.

Une politisation dénoncée par la défense

Procès Aramburú : la défense dénonce une affaire « polluée » par l'idéologie

Le procès lié à la mort dramatique de l’ancien rugbyman international argentin Federico Martín Aramburú s’est achevé devant la cour d’assises de Paris après quatorze jours de débats intenses. Ce jeudi 24 septembre, les plaidoiries de la défense se sont attachées à dépouiller l’affaire de sa gangue idéologique. Les avocats des deux accusés, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, ont vigoureusement dénoncé une « pollution » politique et médiatique systématique depuis les premiers jours de l’enquête. Dès la révélation du profil des suspects, anciens membres du Groupe union défense (GUD), la machine s’est mise en branle, transformant une rixe nocturne tragique en un prétendu « crime fasciste ». Me Xavier Nogueras, conseil de Loïk Le Priol, a fustigé un véritable « rouleau compresseur » alimenté par des fuites dans la presse et une tribune signée par le monde du rugby. Selon lui, cette narration préconçue a lourdement influencé les enquêteurs, les témoins et les parties civiles, faussant la perception objective de l’enchaînement des faits. Pour les conseils des accusés, l’emballement médiatique et l’étiquetage idéologique ont dénaturé la réalité d’un drame purement humain et tragique.

Le traumatisme militaire au cœur des débats

Au-delà du prisme politique que la défense tente de déconstruire, la personnalité de Loïk Le Priol, âgé de 32 ans, a fait l’objet d’une analyse approfondie. Ancien commando marine au parcours marqué par des états de service notables mais aussi des fêlures profondes, l’accusé présente, selon ses conseils, un profil psychologique lourdement affecté par ses missions passées. Me Pierre-Henri Baert s’est attaché à démontrer l’existence d’un état de stress post-traumatique « indiscutable » contracté sous les drapeaux. L’avocat a plaidé pour la reconnaissance d’une altération du discernement de son client au moment des faits, ce qui devrait légalement conduire à une réduction de peine. Comparant la situation aux peines prononcées dans l’affaire Clément Méric (huit ans de prison) et au procès de la « DZ Mafia » (vingt-cinq ans), Me Baert a tenté de ramener la cour à une juste mesure face aux réquisitions sévères du parquet général. La défense s’est employée à démontrer que le passé de commando marine de Loïk Le Priol et ses traumatismes psychologiques de guerre expliquent en partie sa réaction disproportionnée.

La thèse de la légitime défense et de l’engrenage physique

Revenant sur le déroulement précis de la tragédie survenue le 19 mars 2022 dans les rues de la capitale, Me Xavier Nogueras a développé l’argument de la légitime défense, sans toutefois réclamer l’acquittement pur et simple de son client. Selon cette version des faits, la confrontation physique initiée sur le boulevard s’est prolongée par un corps-à-corps violent. Federico Martín Aramburú se serait jeté sur Loïk Le Priol, le tenant fermement par la veste et l’empêchant de se dégager. C’est dans ce contexte de contrainte physique et de panique que l’ancien militaire aurait fait usage de son arme pour « neutraliser » son adversaire, estimant ne pas avoir d’autre issue. L’avocat a réaffirmé qu’il n’existait chez Le Priol aucune intention homicide préalable, mais plutôt la volonté désespérée de ne pas en rester sur une défaite physique, poussé par un ego blessé et une incapacité à affronter le regard des autres après la bagarre initiale. L’avocat Xavier Nogueras a soutenu la thèse de la légitime défense sans pour autant solliciter l’acquittement, insistant sur l’absence d’intention d’homicide initiale.

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Le rejet des caricatures politiques

La défense de Romain Bouvier, 35 ans, poursuivi pour tentative d’assassinat, a elle aussi pilonné l’image de « monstres idéologiques » construite autour des accusés. Me Sophie Rey-Gascon a dénoncé l’accumulation de « fantasmes » dans ce dossier, reprochant aux observateurs de tous bords de chercher à se donner bonne conscience en érigeant des figures caricaturales. Selon elle, le système judiciaire ne saurait fonctionner en fabriquant « des saints d’un côté, des épouvantails de l’autre ». Son confrère, Me Hugues Vigier, a quant à lui exhorté les jurés à ne pas enfermer son client dans une étiquette de droite nationale diabolisée par l’opinion. Pour illustrer son propos, Me Vigier a convoqué l’œuvre de Pieter Brueghel, « La Chute d’Icare », soulignant la manière dont l’essentiel d’un drame peut être occulté par des éléments périphériques qui captent abusivement le regard. Les avocats ont ainsi admis que l’adhésion passée à des groupuscules militants et le culte des armes avaient pu forger chez les deux hommes une virilité mal placée, mais que cela ne devait pas occulter l’analyse strictement pénale des faits. Les conseils de Romain Bouvier ont exhorté les jurés à ne pas céder à la tentation de faire un procès politique en transformant les accusés en « épouvantails ».

Des réquisitions sévères dans l’attente du verdict

Ce procès s’achève alors que l’avocat général, Philippe Courroye, a requis la veille des peines particulièrement lourdes : vingt-sept ans de réclusion criminelle à l’encontre de Loïk Le Priol et vingt ans contre Romain Bouvier. La justice doit désormais trancher sur la qualification d’assassinat, impliquant la préméditation, contestée par la défense. Les débats ont mis en lumière la trajectoire chaotique des deux prévenus, qui s’étaient rencontrés au sein du syndicat étudiant nationaliste GUD et qui se trouvaient au moment du drame sous contrôle judiciaire avec interdiction de se fréquenter. Le verdict de la cour d’assises de Paris, attendu dans les prochaines heures, devra faire la part des choses entre la qualification d’un homicide découlant d’une escalade de violence nocturne sous l’effet de l’alcool et de la fierté, et celle d’un acte criminel froidement prémédité. Face à des réquisitions de vingt-sept et vingt ans de réclusion criminelle, le verdict de la cour d’assises est désormais attendu pour clore ce dossier hautement inflammable.

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Écrit par
Julien Marchand

Écrit sur la France : territoires, services publics, environnement et vie quotidienne des Français.

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