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- Le chiffre d’affaires du groupe atteint 18,5 milliards d’euros au troisième trimestre 2026, avec une croissance organique limitée à 1 %.
- La division stratégique « Mode et Maroquinerie » enregistre un recul inattendu de 5 %, pénalisée par la conjoncture asiatique.
- En Chine, une polémique liée à la marque Louis Vuitton et à l’appropriation de motifs traditionnels a pesé sur la réputation du groupe.
L’essoufflement d’un porte-étendard de l’excellence française

LVMH, véritable vaisseau amiral de l’économie nationale et baromètre incontesté de la santé du marché mondial du luxe, a dévoilé ce lundi 12 octobre 2026 ses résultats pour le troisième trimestre. Dans un climat international marqué par une instabilité croissante, le groupe aux 75 maisons a affiché un chiffre d’affaires de 18,5 milliards d’euros. Si ce montant demeure colossal, il traduit un ralentissement notable de la croissance organique, qui s’établit à 1 % seulement, contre 3 % au trimestre précédent. Ce coup de frein intervient alors que l’indice sectoriel Stoxx Europe Luxury 10 a déjà fondu d’un quart depuis le début de l’année, illustrant la fin de l’euphorie post-pandémique. Les analystes financiers, qui scrutent chaque mouvement de l’empire de Bernard Arnault, s’accordent à dire que le secteur traverse une zone de turbulences inédite, entre tensions géopolitiques au Proche-Orient et refroidissement de la consommation mondiale.
La division Mode et Maroquinerie face à une baisse imprévue
Au cœur du réacteur de LVMH se trouve la division « Mode et Maroquinerie », qui regroupe des noms prestigieux tels que Louis Vuitton, Dior ou encore Celine. Cette branche, qui génère environ 70 % du bénéfice opérationnel du groupe, a vu ses ventes chuter de 5 % à périmètre et taux de change constants. Cette contre-performance a surpris les observateurs : le consensus des analystes de Visible Alpha tablait sur une baisse plus modérée de 2 %, tandis que des établissements comme Bank of America anticipaient un recul de 4 %. La chute de cette activité phare, moteur historique de la rentabilité du groupe, cristallise les inquiétudes sur la capacité de résilience du luxe face à une demande globale en berne. Selon les experts de Bank of America, la demande mondiale pour les produits de prestige aurait globalement reculé de 4 points de pourcentage entre le deuxième et le troisième trimestre, un signe que même les clientèles les plus aisées commencent à faire preuve de prudence.
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Le marché chinois : entre déprime économique et crispations identitaires
L’Asie, hors Japon, demeure le principal point de friction pour le groupe français. Dans cette zone qui inclut la Chine, les revenus ont dévissé de 5 % au troisième trimestre, inversant la tendance positive de 4 % observée au printemps. Au-delà des difficultés économiques structurelles de Pékin, LVMH a dû faire face à une controverse culturelle inattendue. Un litige judiciaire avec l’enseigne locale Molly Tea, au sujet d’un motif floral jugé trop proche du célèbre monogramme Vuitton, a mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux chinois. Bien que la justice ait tranché en faveur de la maison française, l’opinion publique locale s’est emparée du sujet, accusant le groupe de chercher à « monopoliser » des symboles issus de la dynastie Tang. Cette polémique souligne les défis de la souveraineté culturelle dans la mondialisation : une marque française peut se retrouver accusée d’appropriation par une population chinoise de plus en plus nationaliste. Cécile Cabanis, directrice financière de LVMH, a admis que cette controverse avait eu un impact négatif mesurable sur les performances trimestrielles de la division mode.
La résilience de l’Occident et les espoirs d’un rebond en 2027
Fort heureusement, le tableau n’est pas uniformément sombre pour le leader mondial du luxe. Les États-Unis maintiennent une croissance solide de 5 %, tandis que l’Europe affiche un rebond de 4 %, après une stagnation au trimestre précédent. Le Japon, bien qu’en ralentissement par rapport à ses scores exceptionnels du début d’année (+14 %), conserve une progression de 6 %, portée par le tourisme international. Par ailleurs, certaines activités spécifiques tirent leur épingle du jeu : les montres et la joaillerie progressent de 6 %, et la distribution sélective, portée par le dynamisme de Sephora, bondit de 8 %. Malgré les doutes actuels, des établissements comme Goldman Sachs restent optimistes pour l’avenir, pariant sur un rebond de la division Mode et Maroquinerie dès 2027. Le groupe LVMH, par sa structure diversifiée et sa gestion rigoureuse, conserve les atouts nécessaires pour traverser ce cycle économique difficile, en attendant que les mesures de relance en Chine ou une stabilisation géopolitique ne redonnent du souffle à l’industrie du rêve.