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- L’établissement Asador Etxebarri, situé au Pays basque espagnol, décroche la première place du classement 2026 des World’s 50 Best Restaurants.
- Le chef Bittor Arginzoniz succède au restaurant péruvien Maido en misant sur une cuisine traditionnelle au feu de bois.
- La France progresse dans ce palmarès international avec l’entrée de Plénitude, la table d’Arnaud Donckele, au 10e rang mondial.
- La cérémonie, organisée à Lima, confirme l’influence croissante de la gastronomie latino-américaine avec le succès du Mexicain Quintonil.
Le triomphe de la tradition et du feu sacré

C’est une consécration pour le retour aux sources et la maîtrise du geste ancestral. Ce mercredi 4 novembre, lors d’une cérémonie solennelle tenue au Théâtre municipal de Lima, au Pérou, l’établissement Asador Etxebarri a été officiellement couronné meilleur restaurant du monde pour l’année 2026. Situé dans le cadre idyllique d’Axpe, au cœur de la vallée d’Atxondo entre Bilbao et Saint-Sébastien, ce temple de la gastronomie basque réalise une ascension remarquable après avoir occupé la deuxième place du podium l’an dernier. Le chef Bittor Arginzoniz prouve que la simplicité d’une cuisson au feu de bois peut surpasser les artifices technologiques de la cuisine contemporaine. En recevant son trophée, l’homme de la terre a tenu à rendre un hommage vibrant à l’héritage familial, rappelant que son savoir-faire est avant tout le fruit d’une transmission culturelle issue de générations de cuisinières et de cuisiniers passionnés.
Une hiérarchie mondiale bousculée par l’authenticité
Le classement des World’s 50 Best Restaurants, souvent considéré comme le pendant anglo-saxon et plus audacieux du guide Michelin, met cette année en lumière une dualité frappante. Derrière le champion basque, on retrouve sur la deuxième marche du podium Gaggan, l’établissement de Bangkok dirigé par le chef indien Gaggan Anand, pionnier de la cuisine expérimentale en Asie. La troisième place revient au restaurant Alchemist de Copenhague, où Rasmus Munk propose une immersion théâtrale et sensorielle à la limite de l’art contemporain. Face à ces approches conceptuelles, le succès de l’Asador Etxebarri résonne comme une victoire pour les défenseurs du produit brut et de l’enracinement local. Le restaurant, fondé en 1990, s’est imposé grâce à des plats emblématiques tels que le chorizo maison, les civelles ou sa célèbre côte de bœuf grillée, érigée en véritable icône par les organisateurs du concours.
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La gastronomie française en quête de reconnaissance internationale
Dans ce palmarès qui fait la part belle aux cuisines du monde, la France poursuit son effort pour regagner le sommet. Le premier établissement tricolore à figurer dans le classement est Plénitude, la table triplement étoilée du chef Arnaud Donckele située au cœur de Paris. En se hissant à la 10e place, Plénitude confirme une progression constante après avoir atteint le 14e rang en 2025. Cette remontée dans le top 10 mondial témoigne de la vitalité de la haute cuisine française, capable de séduire un jury international exigeant. Si les critères du 50 Best diffèrent sensiblement de l’institutionnelle rigueur du guide rouge, la présence de chefs français dans les premières lignes reste un enjeu de souveraineté culturelle et de rayonnement pour le savoir-faire de l’Hexagone, même si la première place échappe encore à nos frontières cette année.
L’Amérique latine, nouvel épicentre du goût
Le choix de Lima pour accueillir cette prestigieuse remise de prix ne doit rien au hasard. La capitale péruvienne s’est imposée comme une plaque tournante majeure de la gastronomie mondiale. Après les succès passés de Central en 2023 et de Maido en 2025, la région continue de briller avec le couronnement de Quintonil, établissement situé à Mexico, qui s’empare du titre de meilleur restaurant d’Amérique latine en grimpant à la 4e place mondiale. L’influence des experts sud-américains et mexicains modifie durablement les équilibres de la scène culinaire globale, autrefois quasi exclusivement européenne. Ce dynamisme régional montre que l’excellence se conjugue désormais avec la mise en valeur des biodiversités locales et des patrimoines culinaires nationaux, une tendance que le jury, composé d’un millier d’experts, semble privilégier de plus en plus.
Un système de notation sous le regard des critiques
Malgré son influence incontestable sur les réservations et la renommée des chefs, le palmarès des 50 Best reste le sujet de débats passionnés au sein de la profession. Établi depuis 2002 par un panel de journalistes spécialisés, de propriétaires de restaurants et de gastronomes, le système de vote fait régulièrement l’objet d’interrogations concernant sa transparence et l’indépendance de ses membres. Pour les défenseurs d’une vision classique de la gastronomie, ces classements privilégient parfois le spectacle et le réseau au détriment de la pureté technique. Néanmoins, pour Bittor Arginzoniz et son équipe, cette récompense vient couronner des décennies de dévouement discret dans un petit village du Pays basque. Ce titre mondial confirme que, par-delà les controverses, le talent et la fidélité à ses racines finissent toujours par être reconnus sur la scène internationale.