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- Un nouvel accord bilatéral autorise jusqu’à 14 vols hebdomadaires mixtes entre les deux nations.
- La compagnie Air Canada annonce son intention de desservir Hô Chi Minh-Ville d’ici 2027.
- Le commerce bilatéral a atteint 20,6 milliards de dollars canadiens, porté par une diaspora de 275 000 personnes.
Un tournant stratégique pour le ciel canadien et l’Indo·Pacifique
Dans un contexte de redéfinition des équilibres mondiaux, le Canada et le Vietnam franchissent une étape décisive dans leurs relations bilatérales. Le ministre canadien des Transports, Steven MacKinnon, a officialisé l’élargissement de l’accord de transport aérien entre les deux pays, une première historique qui met fin à l’obligation de transiter par des pays tiers pour les voyageurs et les marchandises. Cet accord s’inscrit dans le cadre du nouveau partenariat stratégique canadien, visant à renforcer la présence d’Ottawa dans une zone Indo·Pacifique en pleine mutation. En autorisant jusqu’à 14 vols mixtes (passagers et fret) par semaine pour chaque nation, les autorités préparent le terrain à une intensification sans précédent des flux physiques. Cette décision n’est pas qu’une simple mesure technique de navigation aérienne ; elle reflète une volonté souveraine de diversifier les partenaires économiques et de sécuriser des routes commerciales directes, loin de la dépendance exclusive aux hubs traditionnels de l’Asie du Nord-Est.
Air Canada se positionne sur la ligne de Hô Chi Minh-Ville
Le fleuron national, Air Canada, n’a pas tardé à manifester son intérêt pour cette ouverture de droits de trafic. Par la voix de son vice·président exécutif et directeur commercial, Mark Galardo, la compagnie a annoncé son intention de lancer une liaison régulière vers Hô Chi Minh-Ville à l’horizon 2027. Bien que les détails opérationnels · tels que l’aéroport de départ, le type d’appareil utilisé ou la fréquence exacte des rotations · restent à préciser, l’ambition est claire. Le projet de desserte directe vers la métropole vietnamienne demeure toutefois soumis à l’obtention des autorisations gouvernementales et au respect des procédures réglementaires en vigueur. Pour Air Canada, le Vietnam représente un marché stratégique, le plus dynamique de l’Asie du Sud-Est pour le transport aérien canadien. Cette future ligne directe permettra de s’affranchir des escales chronophages à Séoul, Tokyo ou Taipei, offrant ainsi un gain d’efficacité majeur pour les voyageurs d’affaires et la clientèle touristique.
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La logistique et le fret au cœur de la souveraineté commerciale
L’accord ne se limite pas au transport de passagers et accorde une place prépondérante au fret aérien, nerf de la guerre économique moderne. En sus des 14 vols mixtes, le texte prévoit jusqu’à sept vols exclusivement dédiés au cargo par semaine et par pays. Une disposition technique particulièrement notable est l’octroi des droits de « cinquième liberté » pour ces vols 100% cargo. Cette clause stratégique permet aux transporteurs de charger ou décharger des marchandises dans un pays tiers avant de rejoindre leur destination finale, à condition que le trajet débute ou s’achève dans le pays d’origine. Pour les exportateurs canadiens, c’est une opportunité de mieux s’insérer dans les chaînes de valeur asiatiques. Alors que les exportations vers le Vietnam ont bondi de 30% en un an pour dépasser 1,3 milliard de dollars, la fluidification des échanges par voie aérienne directe devient un impératif pour soutenir cette croissance organique et garantir la compétitivité des entreprises nationales face à la concurrence régionale.
Un moteur démographique et économique puissant
Le succès prévisible de ces nouvelles liaisons repose sur un socle humain particulièrement robuste : la communauté vietnamienne du Canada, forte de 275 000 personnes. Cette diaspora constitue un pont naturel entre les deux rives du Pacifique, alimentant une demande constante pour les visites familiales, mais aussi pour les déplacements d’étudiants et de professionnels. Le Vietnam s’impose désormais comme le premier partenaire commercial du Canada au sein de l’ASEAN, avec des échanges de marchandises totalisant 20,6 milliards de dollars en 2025. Cette réalité statistique justifie l’urgence d’une connectivité directe. En facilitant les déplacements, le gouvernement cherche à transformer ce dynamisme migratoire en levier d’investissement. L’ouverture du ciel apparaît ici comme le corollaire indispensable d’une diplomatie conservatrice pragmatique, privilégiant les intérêts économiques tangibles et le renforcement des liens avec des nations partageant des ambitions de croissance similaires, tout en respectant les cadres réglementaires stricts de l’aviation internationale.
Vers une redistribution des flux aériens transpacifiques
L’annonce de cet accord modifie la géographie des transports pour les années à venir. Jusqu’à présent, les voyageurs canadiens devaient composer avec les hubs de Hong Kong ou de la Corée du Sud, rendant le voyage long et complexe. L’ouverture de lignes directes d’ici 2027 forcera une redistribution des parts de marché entre les grandes compagnies de la région et le transporteur national canadien. Cette initiative est aussi un signal envoyé aux partenaires du Sud-Est asiatique sur la fiabilité du Canada en tant qu’acteur stable et engagé. Pour le voyageur, l’étape suivante consistera à surveiller les annonces d’ouverture de réservations, qui marqueront l’entrée effective dans cette nouvelle ère de navigation. En attendant, cet accord-cadre pose les fondations d’un axe Ottawa-Hanoï renforcé, où la souveraineté économique se double d’une ambition de rayonnement international accrue, au bénéfice direct de l’économie canadienne et de sa connectivité mondiale.