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- Le jury du prix Renaudot a choisi de conserver le roman « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien dans sa deuxième sélection.
- Cette décision rompt avec celles du prix Goncourt et du prix Femina, qui ont exclu l’ouvrage en raison de soupçons de plagiat et de recours à l’intelligence artificielle.
- Le secrétaire général du Renaudot, Georges-Olivier Chateaureynaud, estime que l’usage de l’IA n’est pas prouvé, tout en admettant la plausibilité des accusations de plagiat.
Le choix singulier du Renaudot face à la tempête technologique

La rentrée littéraire de l’automne 2026 restera marquée par une controverse inédite, touchant au cœur même de l’acte de création. Alors que le monde des lettres s’interroge sur l’irruption des nouvelles technologies dans l’écriture romanesque, le jury du prix Renaudot a pris une décision qui fera date. Contre toute attente, l’institution a choisi de maintenir dans sa deuxième sélection l’ouvrage C’était ça ou mourir de l’auteur canado-haïtien Thélyson Orélien. Ce livre fait pourtant l’objet de graves accusations, soupçonné d’avoir été conçu avec l’aide d’une intelligence artificielle générative et de contenir des plagiats de textes publiés au Canada. En maintenant le roman dans sa deuxième sélection, le jury du Renaudot choisit d’ignorer la politique de précaution adoptée par ses pairs du Goncourt et du Femina. Ces derniers ont en effet promptement écarté l’ouvrage de leurs listes respectives dès l’apparition des premiers doutes, marquant une rupture nette au sein du paysage des grands prix d’automne.
Plagiat avéré contre soupçon d’IA : la distinction de Georges-Olivier Chateaureynaud
Pour justifier cette position singulière, le romancier et secrétaire général du prix Renaudot, Georges-Olivier Chateaureynaud, s’est exprimé publiquement afin de clarifier les débats internes qui ont animé le jury. Il a reconnu que les accusations de plagiat concernant des écrits canadiens étaient sérieuses et aisément vérifiables. En revanche, le grief concernant l’usage de l’intelligence artificielle suscite beaucoup plus de réserves de sa part. Selon lui, cette technologie est encore trop récente pour que l’on puisse trancher avec certitude sans preuves irréfutables. Pour le secrétaire général du prix, si les dérives du plagiat traditionnel restent vérifiables, la frontière de la création algorithmique demeure encore trop floue pour condamner un auteur sans preuves matérielles. Au sein d’un jury où les avis divergeaient logiquement, un vote majoritaire a ainsi permis de préserver, du moins temporairement, la place de l’écrivain dans la course.
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L’intelligence artificielle, un défi existentiel pour la souveraineté des lettres
Cette affaire dépasse largement le cas individuel de Thélyson Orélien. Elle pose la question fondamentale de la défense de l’esprit humain et de l’authenticité artistique face à la standardisation numérique. Dans un pays comme la France, où la littérature incarne un pilier de la souveraineté culturelle et de l’identité nationale, l’idée qu’un algorithme puisse concevoir une œuvre primée suscite une inquiétude légitime. La réaction épidermique des autres jurys témoigne de cette angoisse. L’Académie Goncourt, par la voix de son président Philippe Claudel, a d’ailleurs exprimé la volonté de modifier son règlement intérieur afin d’interdire explicitement le recours à ces outils technologiques. Face à la menace d’une déshumanisation de la littérature par les machines, les institutions littéraires se retrouvent sommées de dresser des remparts éthiques pour protéger l’originalité du génie français. Le Renaudot, en exigeant des preuves formelles avant d’exclure, tente de concilier la rigueur de la justice littéraire et la défense de l’œuvre elle-même, qualifiée de « tout à fait remarquable » par Chateaureynaud.
La fracture éthique entre les grands jurys parisiens
La divergence de méthode entre le Renaudot, le Goncourt et le Femina met en lumière une fracture profonde sur la manière de traiter la modernité technologique. Alors que le Goncourt choisit une ligne de fermeté absolue pour préserver son prestige et rassurer un lectorat attaché aux traditions de l’écrit, le Renaudot fait le pari de la liberté de jugement esthétique. Cette divergence illustre la complexité de réguler l’art à l’ère du numérique, où la frontière entre aide technique à la création et substitution pure et simple de l’écrivain par la machine devient de plus en plus poreuse. Cette fracture entre jurys académiques révèle l’urgence d’une réflexion commune sur la protection de la propriété intellectuelle à une époque où le droit d’auteur traditionnel vacille sous le poids des algorithmes. Le cas d’école posé par le roman d’Orélien servira sans doute de précédent pour les futures chartes éditoriales et les règlements des prix littéraires à venir.
Un sursis sous surveillance avant le verdict de l’automne
L’indulgence relative du jury du Renaudot ne vaut cependant pas absolution définitive. L’avenir du livre de Thélyson Orélien au sein de la compétition demeure incertain, et chaque étape de la sélection sera scrutée avec une attention redoublée par les critiques et le public. La liste finale, réduite aux ultimes finalistes, sera dévoilée le 28 octobre prochain, avant la proclamation solennelle du lauréat prévue le 3 novembre. D’ici là, le débat sur l’intégrité de l’œuvre continuera d’agiter les salons parisiens, tandis que les autres sélections, débarrassées de cette polémique, poursuivent leur chemin. Cette décision de clémence provisoire ne garantit en rien la présence du roman d’Orélien dans le dernier carré, mais elle préserve pour l’instant la souveraineté du jury face aux mouvements de panique de l’époque. En refusant de céder à l’immédiateté des accusations non prouvées, le Renaudot entend rappeler que le temps de la réflexion littéraire doit rester supérieur à la précipitation du tribunal médiatique.