- L’agence de notation Fitch s’apprête à publier sa nouvelle évaluation de la dette de la France, actuellement notée A+.
- La France et le Royaume-Uni affichent des trajectoires budgétaires jugées préoccupantes, avec une dette britannique attendue à 106 % du PIB d’ici 2028.
- À l’inverse, la Grèce et l’Italie, durement éprouvées lors de la crise des années 2010, suscitent un regain d’optimisme sur les marchés financiers.
- Pour les agences de notation, la cohérence de la trajectoire budgétaire prévaut sur le montant brut de l’endettement.
Une redistribution des cartes budgétaires en Europe

Le paysage des dettes souveraines en Europe connaît une mutation profonde qui redessine les équilibres traditionnels entre le Nord et le Sud. Durant la décennie précédente, la Grèce et l’Italie incarnaient les fragilités de la zone euro, subissant la défiance systématique des investisseurs. Aujourd’hui, la tendance s’inverse de manière spectaculaire. Les anciens pays en crise du Sud de l’Europe regagnent progressivement la confiance des investisseurs et des agences de notation grâce à des efforts de stabilisation. À l’inverse, des puissances économiques majeures comme la France et le Royaume-Uni peinent désormais à convaincre de la solidité et de la pérennité de leurs trajectoires financières.
La France face au scepticisme persistant des agences de notation
Dans ce contexte mouvant, la France retient son souffle alors que l’agence Fitch s’apprête à rendre publique sa nouvelle évaluation de la dette souveraine française. Depuis l’année 2023, la note hexagonale a déjà été abaissée à deux reprises par cette institution, s’établissant actuellement à A+. De leur côté, Moody’s attribue à la France une note de Aa3 assortie d’une perspective négative, tandis que Standard & Pour’s la maintient à A+. Cette érosion successive des notes souveraines françaises illustre les doutes grandissants des marchés sur la capacité de Paris à assainir durablement ses comptes publics.
Le Royaume-Uni pénalisé par une croissance atone
Le Royaume-Uni traverse des difficultés comparables à celles de son voisin français, plombé par une conjoncture économique peu dynamique. Fitch attribue actuellement la note AA- à la dette britannique, mais les prévisions à moyen terme incitent à la prudence. L’agence de notation projette que la dette publique du Royaume-Uni atteindra 106 % du PIB à l’horizon 2028, contre 102,4 % enregistrés à la fin de l’année 2025. Cette dégradation attendue s’explique principalement par une croissance économique atone, qui limite les marges de manœuvre du gouvernement britannique pour inverser la courbe de son endettement.
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La cohérence des politiques publiques comme juge de paix
Cette divergence de trajectoires entre le Nord et le Sud met en lumière les critères réels d’évaluation des agences de notation. L’analyse des experts montre que le montant nominal de la dette publique est secondaire par rapport à la dynamique générale de l’économie. Pour les agences financières, la régularité et la crédibilité des réformes structurelles importent bien plus que le volume brut de la dette. C’est précisément cette constance politique qui permet aujourd’hui à la Grèce et à l’Italie de se détacher positivement, tandis que la France et le Royaume-Uni paient le prix de leurs incertitudes budgétaires.