- Le taux de postes d’enseignants pourvus s’élève à 98,5 % dans le premier degré et à 96,1 % dans le second degré.
- Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, attribue cette hausse aux réformes des concours de recrutement.
- Les organisations syndicales, à l’image du Snes-FSU, dénoncent des chiffres « en trompe-l’œil » et un malaise persistant dans la profession.
- Selon une consultation du SE-Unsa, seuls 0,3 % des 43 000 enseignants répondants se disent confiants dans l’avenir du système éducatif.
Une amélioration affichée des indicateurs de recrutement

Alors que plus de 850 000 enseignants effectuent leur prérentrée ce lundi 31 août avant l’accueil de près de 11,6 millions d’élèves dans les établissements, le ministère de l’Éducation nationale dresse un bilan positif en matière d’effectifs. Après plusieurs années marquées par une pénurie marquée de candidats, l’exécutif met en avant une hausse sensible du nombre de postes attribués sur l’ensemble du territoire. Selon le ministre Édouard Geffray, la réorganisation des concours de recrutement a permis d’affecter des professeurs quasiment à plein dans les établissements. Dans les écoles maternelles et élémentaires, le taux de couverture atteint 98,5 %, contre 92,1 % lors de la rentrée précédente. La progression est similaire dans le second degré, avec 96,1 % de postes pourvus au collège et au lycée, contre 90,6 % un an plus tôt. Le gouvernement assure également que les absences non remplacées sur la longue durée resteront extrêmement marginales.
Un constat nuancé par les organisations syndicales
Cette vision optimiste portée par les autorités est vivement contestée par les représentants du personnel enseignant, qui invitent à la prudence face à ces données chiffrées. Les syndicats soulignent que ces statistiques s’avèrent partiellement trompeuses en raison de la coexistence exceptionnelle cette année des concours à bac+3 et bac+5. Cette chevauchement transitoire a permis d’élargir temporairement le vivier de candidats disponibles sans régler définitivement la crise des vocations. Pour les représentants des enseignants, le problème de fond lié au manque d’attractivité du métier reste entier, en dépit des aménagements réglementaires décidés par le ministère.
Un malaise persistant au terme de deux quinquennats
La rentrée 2026 s’inscrit dans la dernière étape du second mandat d’Emmanuel Macron, dont le bilan éducatif suscite un jugement très critique de la part des partenaires sociaux. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, estime que dix ans de politiques éducatives ont dégradé les conditions d’exercice des enseignants et fragilisé le sens de leur mission. Une enquête menée par le SE-Unsa auprès de 43 000 répondants révèle que seuls 0,3 % d’entre eux expriment de la confiance quant à l’avenir du système éducatif. Au-delà des questions de postes devant chaque classe, les revendications portant sur la revalorisation des salaires demeurent la priorité centrale affichée par la profession.