- L’exécutif a publié la cartographie officielle de 109 territoires tests retenus pour mener la transition vers l’électricité.
- La ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, annonce le lancement d’une deuxième phase dès ce mois d’octobre pour décarboner les bus et les chaudières.
- Ce plan prévoit notamment le démantèlement local des réseaux de distribution de gaz, financé en partie par 10 milliards d’euros de Certificats d’économie d’énergie.
Le lancement officiel des territoires pilotes pour l’électrification
La transition énergétique s’accélère sous l’impulsion de l’exécutif, qui vient de publier la cartographie officielle des 109 zones sélectionnées pour mener l’expérimentation de la décarbonation locale. Initialement fixé à cent, le nombre de ces territoires tests a été revu à la hausse pour structurer une planification nationale de sortie des énergies fossiles. D’ici le début du mois de décembre, les collectivités retenues devront fournir des feuilles de route détaillées à l’Agence de la transition écologique (Ademe), qui affectera un conseiller dédié à chaque projet. Cette initiative marque le point de départ d’une refonte globale de la consommation d’énergie dans nos territoires, censée survivre aux prochaines échéances électorales de 2027. En complément, la ministre de la Transition écologique et de l’Énergie, Maud Bregeon, a confirmé le coup d’envoi d’une deuxième étape dès ce mois d’octobre pour subventionner de nouvelles infrastructures de recharge rapide et amorcer le remplacement des transports publics thermiques par des flottes électriques.
Un financement par redéploiement budgétaire et hausse des tarifs du gaz
Pour financer ce chantier d’envergure, le gouvernement exclut de recourir à de nouveaux prélèvements obligatoires directs, privilégiant le mécanisme des Certificats d’économie d’énergie (CEE) à hauteur de 10 milliards d’euros. L’exécutif cible également une trentaine de subventions jugées inefficaces ou trop coûteuses, à l’image des aides à la conduite économe, afin de réallouer ces crédits vers l’investissement productif. Ce tournant s’inscrit dans un contexte de forte vulnérabilité énergétique de la France, accentuée par l’instabilité géopolitique mondiale. La hausse récente de 6,3 % TTC du tarif de référence du gaz au 1er octobre, atteignant 182,88 euros le mégawattheure, illustre la dépendance persistante du pays aux marchés extérieurs. En marge de ce plan, l’État déploie également un volet de soutien à la production d’hydrogène décarboné doté de 1,2 milliard d’euros, tout en planifiant un renchérissement délibéré des coûts de raccordement aux réseaux gaziers traditionnels pour décourager l’usage des énergies fossiles résiduelles.
La fin progressive du gaz de réseau dans les communes ciblées
La conséquence la plus lourde de cette planification réside dans le démantèlement programmé du réseau de distribution de gaz dans les zones de faible consommation. Environ trente territoires tests se sont déjà portés volontaires pour entamer ce processus de déclassement, rendu possible par l’évolution de la réglementation européenne. Bien que le ministère de l’Énergie assure vouloir préserver les infrastructures là où des industries spécifiques ou des productions locales de biométhane l’exigent, la disparition du réseau gazier pour les particuliers suscite d’ores et déjà des inquiétudes quant au libre choix énergétique des ménages. Le gouvernement prévoit de compenser la hausse inévitable des coûts d’entretien pour les consommateurs restants par les économies générées sur les tronçons supprimés. Les usagers concernés devront s’équiper de pompes à chaleur individuelles, un saut technologique et financier dont les premiers résultats de l’appel à projets national, incluant des formules de financement, seront dévoilés dans les prochains jours.