- Édouard Philippe exclut catégoriquement de participer à une primaire de la droite et du centre pour la prochaine élection présidentielle.
- Ses concurrents potentiels, dont Gabriel Attal et Bruno Retailleau, se disent prêts à y prendre part pour le départager.
- Une bataille de sondages oppose les deux camps, une étude Harris Interactive le montrant affaibli tandis qu’une enquête Elabe le place largement en tête.
Le débat sur la primaire relancé à droite et au centre
À quelques mois du scrutin présidentiel, la question d’une primaire pour départager les candidats de la droite et du centre revient avec force dans le débat politique. Alors qu’Édouard Philippe tente de concentrer sa rentrée sur des propositions de fond concernant l’éducation ou le chômage, plusieurs figures de son camp multiplient les appels à un processus de sélection. Laurent Wauquiez s’est récemment prononcé en faveur de cette méthode pour garantir le rassemblement, rejoint par David Lisnard et François Bayrou, ce dernier suggérant un vote en ligne en janvier. De son côté, le centriste Hervé Morin a cosigné une tribune avec deux cents élus pour réclamer une consultation ouverte dès cet automne. Face à cette offensive coordonnée, le maire du Havre maintient son refus strict de participer à une telle procédure.
Une guerre d’intentions de vote entre prétendants
Ses deux principaux concurrents potentiels, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, ont fait savoir qu’ils ne s’opposaient pas au principe d’une primaire, reportant la responsabilité d’un éventuel blocage sur Édouard Philippe. Pour légitimer sa position de candidat unique naturel, le président d’Horizons s’appuyait jusqu’ici sur sa domination constante dans les enquêtes d’opinion. Cependant, une étude d’intentions de vote réalisée par l’institut Harris Interactive et Toluna les 18 et 19 août est venue bousculer cette stratégie. Ce sondage de fin d’été place Édouard Philippe à égalité avec Jean-Luc Mélenchon (17 %) pour l’accès au second tour, une faiblesse relative immédiatement exploitée par l’entourage de Gabriel Attal. Selon les proches de ce dernier, ces chiffres démontrent qu’il n’existe plus de favori incontestable au sein du bloc central.
La réplique du camp d’Édouard Philippe
Les partisans d’Édouard Philippe ont rapidement répliqué en mettant en avant une autre enquête d’opinion, réalisée par Elabe entre le 26 et le 28 août. Ce sondage redonne une avance significative au maire du Havre face à Gabriel Attal, tandis que Bruno Retailleau reste sous la barre des 10 % d’intentions de vote. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement ralliée à Édouard Philippe, a affirmé qu’il n’y avait plus de match et que l’ancien chef du gouvernement demeurait le seul capable de rassembler leur famille politique. Pour les philippistes, la supériorité de leur candidat dans la majorité des enquêtes d’opinion disqualifie l’utilité d’un vote interne.
À lire aussi Présidentielle : le débat sur le port du voile réapparaît dans la campagne
Des désaccords persistants sur les règles du jeu
Outre la bataille des chiffres, Édouard Philippe souligne les contradictions méthodologiques de ses adversaires pour justifier sa fin de non-recevoir. L’ancien Premier ministre met en lumière l’absence de consensus sur le calendrier et le périmètre d’un tel scrutin, certains préconisant un vote rapide et d’autres une échéance tardive. Les divergences portent également sur l’ancrage politique de la primaire, qui varie selon les propositions de la droite conservatrice au centre, voire au-delà. Édouard Philippe estime que ces désaccords profonds rendent l’organisation d’une consultation commune techniquement et politiquement irréalisable.