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mercredi 23 septembre 2026
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Accord secret : les États-Unis expulsent des criminels étrangers vers l’Eswatini

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Accord secret : les États-Unis expulsent des criminels étrangers vers l'Eswatini
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L’essentiel
  • Un accord confidentiel conclu sous l’administration de Donald Trump permet l’expulsion de migrants criminels depuis les États-Unis vers l’Eswatini.
  • À ce jour, 32 détenus sur un objectif final de 160 ont déjà été transférés dans la prison de haute sécurité de Matsapha.
  • Cette initiative suscite de vives protestations de la population locale et une bataille juridique menée par l’avocat Sbusiso Nhlabatsi.

La fermeté américaine face à l’immigration criminelle

Accord secret : les États-Unis expulsent des criminels étrangers vers l'Eswatini

Dans le cadre de la protection de ses frontières et de la sécurité de ses citoyens, la politique militaire et migratoire américaine a franchi un nouveau palier de fermeté. L’administration américaine a mis en place un canal d’expulsion confidentiel pour éloigner définitivement les délinquants étrangers de son territoire national. Ce dispositif, révélé par les enquêtes internationales du réseau « The Deportation Project », repose sur un accord diplomatique confidentiel négocié initialement par l’administration de Donald Trump. Ce traité bilatéral implique l’Eswatini, un petit royaume enclavé d’Afrique australe, dirigé par le roi Mswati III. Ce micro-État, autrefois connu sous le nom de Swaziland, sert désormais de terre d’accueil forcée pour des ressortissants étrangers dont les États-Unis ne veulent plus. En l’espace de douze mois, pas moins de quatre liaisons aériennes discrètes ont atterri sur le sol swazi, transportant à leur bord un premier contingent de 32 migrants condamnés outre-Atlantique, sur un objectif total fixé à 160 transferts. Cette méthode pragmatique, bien que confidentielle, illustre la volonté de Washington de délocaliser la gestion de ses indésirables vers des pays tiers acceptant ces accords contre des contreparties stratégiques.

La légitime défense de la sécurité locale par les Swazies

L’annonce de ces transferts secrets a provoqué une onde de choc sans précédent dans ce petit royaume conservateur, où l’ordre social et le respect des traditions interdisent habituellement toute contestation publique. La réaction de la société civile swazie illustre le refus d’une population locale de voir la sécurité de son territoire compromise par des délinquants importés. Le 18 juillet 2025, un événement exceptionnel s’est produit devant l’ambassade des États-Unis à Manzini, la capitale économique du pays : plus d’une centaine de femmes se sont rassemblées pour crier leur colère et exiger le départ immédiat de ces prisonniers d’un genre nouveau. Craignant pour l’intégrité physique de leurs enfants et refusant de voir leur pays transformé en « décharge pénitentiaire » pour criminels venus d’Amérique, ces mères de famille ont interpellé directement le représentant diplomatique américain. Cette mobilisation spontanée démontre que, même au sein d’une monarchie absolue, la préservation de la sécurité nationale et locale demeure une priorité absolue pour les citoyens, qui refusent d’assumer les conséquences des politiques extérieures de leur souverain.

Des profils pénaux lourds sous surveillance à Matsapha

Les individus acheminés vers l’Afrique australe ne sont pas de simples clandestins, mais des hommes ayant un lourd passé judiciaire sur le sol américain. Les profils des expulsés, originaires de divers continents, partagent tous le point commun d’avoir fait l’objet de condamnations judiciaires sur le sol américain. Ces expulsés sont originaires de pays variés tels que le Vietnam, le Laos, le Yémen, la Jamaïque, Cuba, l’Éthiopie ou encore la République démocratique du Congo. Parmi eux figure par exemple Dung Nguyen, un ressortissant vietnamien arrêté le 16 juillet 2025. Condamné pour viol en 2011 puis libéré en 2015, il s’était réinséré socialement aux États-Unis avant d’être ciblé par cette procédure d’éloignement d’office, indépendamment de sa signature. Tous sont désormais regroupés dans l’aile de haute sécurité récemment construite au sein de la prison centrale de Matsapha. Les conditions de détention de ces détenus d’un statut particulier s’avèrent d’ailleurs nettement plus favorables que celles des prisonniers swazis ordinaires. Ils bénéficient d’un accès aux réseaux sociaux, de repas de qualité supérieure et même de sorties hebdomadaires escortées au centre commercial local, une situation de relative clémence qui accentue l’incompréhension et l’irritation de la population locale.

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Un bras de fer juridique et institutionnel inédit

Face à l’opacité absolue entourant cet accord souverain, les institutions judiciaires locales ont fini par être saisies sous l’impulsion de défenseurs de l’ordre constitutionnel. Le bras de fer judiciaire mené par les juristes locaux révèle les tensions internes d’un régime swazi confronté aux exigences de transparence. L’avocat Sbusiso Nhlabatsi, figure du barreau swazi et ancien confrère du juriste assassiné en 2023 Thulani Maseko, a entrepris une longue bataille pour accéder aux détenus après s’être vu refuser l’entrée de la prison de Matsapha à cinq reprises. Saisie par l’avocat, la Cour suprême lui a donné raison en octobre 2025, une décision contestée par l’appel du gouvernement swazi. Finalement, en mars 2026, la Haute Cour de Mbabane a confirmé l’autorisation de visite. Pour l’avocat, le transfert de ces individus sans aucun cadre légal swazi s’apparente à une violation flagrante des procédures internationales, alors même que ces hommes ont déjà purgé leur peine aux États-Unis. Ce conflit juridique pose la question fondamentale des limites de la diplomatie secrète lorsqu’elle s’affranchit des lois nationales pour appliquer des mesures d’éloignement massives.

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Écrit par
Nadia Belkacem

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