- Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez affirme qu’aucune preuve solide ne lie le Maroc à l’organisation de l’afflux migratoire de fin juillet.
- Les autorités espagnoles confirment toutefois une « permissivité » de la gendarmerie marocaine ayant duré dix heures lors du pic des arrivées.
- Madrid a officiellement convoqué l’ambassadrice marocaine après des déclarations jugées inacceptables sur la souveraineté de Ceuta et Melilla.
- Le chef du gouvernement espagnol a appelé le roi Felipe VI à se rendre prochainement dans ces enclaves pour réaffirmer l’attachement de l’État.
Une absence de preuves sur une planification étatique

Lors d’une séance au Parlement organisée ce jeudi 3 septembre, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a tenu à clarifier la position de son administration concernant les événements survenus fin juillet à Ceuta. Interrogé sur le rôle éventuel du Maroc dans cet afflux massif de migrants, il a déclaré avec fermeté ne disposer d’aucune preuve solide attestant que Rabat aurait orchestré ou planifié ce passage. « Aucune institution, ni le service diplomatique, ni la Commission européenne, n’a fourni la moindre preuve solide », a-t-il affirmé devant les députés, tout en soulignant qu’aucune instance internationale ne venait corroborer cette hypothèse.
La gestion de la frontière pointée du doigt
Malgré l’absence de preuves formelles d’une stratégie étatique, Pedro Sanchez a reconnu un manquement opérationnel sur le terrain. Le Premier ministre a précisé que la gendarmerie marocaine a fait preuve d’une « permissivité » inhabituelle pendant une période de dix heures, correspondant au moment précis où les arrivées de migrants à Ceuta ont atteint leur apogée. Les services espagnols n’ont toutefois pas encore pu déterminer si cette situation découlait d’une incapacité technique des forces de l’ordre marocaines ou d’une inaction délibérée.
Tensions diplomatiques sur la souveraineté des enclaves
Cette crise migratoire s’inscrit dans un contexte diplomatique déjà complexe entre Madrid et Rabat. Le Premier ministre a profité de son intervention pour condamner publiquement les récentes déclarations de ministres marocains remettant en cause la souveraineté espagnole sur les territoires de Ceuta et Melilla. La convocation de l’ambassadrice marocaine le 21 août dernier témoigne de la volonté de Madrid de marquer sa désapprobation face à ces propos jugés inacceptables.
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Le souhait d’un renforcement de la présence étatique
Face à ces enjeux de souveraineté, le gouvernement espagnol entend réaffirmer sa position. Pedro Sanchez a officiellement invité le roi Felipe VI à se rendre dans les deux enclaves situées en Afrique du Nord au cours des prochaines semaines. Un tel déplacement viserait à transmettre un signal fort sur l’engagement absolu de l’Espagne. Une visite royale à Ceuta et Melilla constituerait une première depuis 2007, date à laquelle le précédent séjour du souverain avait déjà suscité de vives crispations diplomatiques avec le Maroc.