- Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié d’« absurdité grotesque » les propos d’Emmanuel Macron affirmant que le Hamas n’avait jamais sévi en Cisjordanie.
- Plusieurs responsables israéliens et l’ambassadeur américain Mike Huckabee ont dénoncé un discours déconnecté des réalités sécuritaires sur le terrain.
- Cette prise de parole présidentielle à la tribune des Nations unies suscite une vive controverse diplomatique entre Paris et Jérusalem.
Une virulente réplique diplomatique d’Israël à la tribune de l’ONU
Le sommet annuel des Nations unies a donné lieu à une passe d’armes diplomatique d’une rare intensité entre la France et Israël. Lors de son intervention devant l’Assemblée générale de l’ONU, Emmanuel Macron s’en est pris au bilan des opérations israéliennes à Gaza et en Cisjordanie, allant jusqu’à affirmer que le Hamas n’y avait « jamais sévi ». Cette déclaration a immédiatement déclenché l’indignation des autorités israéliennes. Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié ces propos d’« absurdité grotesque », accusant le chef de l’État français de nier la réalité des attaques subies par les populations locales. Le gouvernement israélien a fermement rejeté l’affirmation d’Emmanuel Macron selon laquelle le Hamas n’aurait jamais été actif en Cisjordanie. Plusieurs figures politiques, à l’instar du ministre des Finances Bezalel Smotrich ou de l’ancien responsable militaire Gadi Eisenkot, ont rappelé la réalité des opérations de sécurité menées quotidiennement contre l’organisation islamiste sur ce territoire.
Un constat contesté par les données sécuritaires du terrain
L’affirmation présidentielle française se heurte directement aux faits documentés dans la région, désignée sous le nom de Judée-Samarie par Israël. Si le Hamas a pris le contrôle exclusif de la bande de Gaza en 2007, la structure islamiste arme des réseaux et revendique régulièrement des attentats meurtriers en Cisjordanie. L’ancien commandant militaire de la zone, Gadi Eisenkot, a tenu à réagencer les faits en rappelant son expérience directe dans la lutte contre ce groupe terroriste. Bien que la bande de Gaza soit dirigée par le Hamas depuis 2007, l’organisation islamiste entretient historiquement des cellules armées et revendique des attentats en Cisjordanie. La réprobation est également venue des États-Unis, où l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a fustigé un discours éloigné des réalités sécuritaires du Proche-Orient, rappelant que les actions du groupe ont coûté la vie à de nombreux civils.
Un affaiblissement de la voix de la France sur la scène internationale
Cette sortie présidentielle détériore davantage les relations bilatérales entre Paris et Jérusalem, au moment même où Benjamin Netanyahu s’apprête à prendre la parole devant les Nations unies. En tentant de réimposer le projet d’un État palestinien et en remettant en cause la gestion du conflit, le président français s’expose à un rejet franc du gouvernement israélien et de ses alliés américains. Cette vive controverse fragilise davantage la position de la diplomatie française au Moyen-Orient face à ses partenaires stratégiques. Alors que les équilibres régionaux se redéfinissent à travers des approches de sécurité strictes, la posture défendue par Paris apparaît de plus en plus contestée sur le plan international.