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vendredi 11 septembre 2026
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Décès de l’ancienne ministre et commissaire européenne italienne Emma Bonino

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Décès de l'ancienne ministre et commissaire européenne italienne Emma Bonino
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L’essentiel
  • L’ancienne ministre italienne et figure du fédéralisme européen Emma Bonino est décédée à l’âge de 78 ans.
  • Cofondatrice du Centre d’information sur la stérilisation et l’avortement en 1975, elle fut une actrice clé de la légalisation de l’avortement en Italie en 1978.
  • Députée européenne dès 1979 puis commissaire, elle s’était opposée avec virulence à la présidente du Conseil Giorgia Meloni.

La disparition d’une figure de la gauche libérale italienne

L’ancienne ministre italienne et représentante de la gauche libérale, Emma Bonino, s’est éteinte à l’âge de 78 ans des suites d’une longue maladie. Son parti politique, Più Europa, a confirmé son décès ce vendredi 11 septembre, saluant la mémoire d’une actrice majeure de la vie politique transalpine. Connue pour ses positions progressistes et libertaires, cette militante historique du Parti radical, qu’elle avait rallié en 1975, s’est imposée tout au long de sa vie comme une voix d’influence dans le débat national et européen. Avec la disparition de cette militante historique, l’Italie perd l’une de ses figures de proue du progressisme sociétal et du fédéralisme supranational. Elle laisse derrière elle un héritage politique marqué par des combats sociétaux majeurs en Italie et un militantisme constant en faveur de l’intégration de Rome au sein des structures bruxelloises.

Des combats sociétaux au service de l’idéal européen

Née en 1948 dans le Piémont, Emma Bonino a d’abord concentré son action sur la libéralisation de la société italienne. Ayant elle-même avorté, elle fonde en 1975 le Centre d’information, de stérilisation et d’avortement (CISA), une structure qui militait activement pour le droit à l’avortement, finalement légalisé en Italie en 1978. Par la suite, elle oriente sa carrière vers les institutions de l’Union européenne, devenant députée européenne en 1979, puis commissaire européenne chargée notamment de la pêche et de l’aide humanitaire en 1995. Dans le cadre de ses fonctions bruxelloises, elle s’implique activement dans le suivi de la crise des Balkans en mobilisant l’aide humanitaire pour la Bosnie. Son parcours professionnel illustre l’alliance constante entre réformes sociétales nationales et renforcement des institutions supranationales européennes. Plus tard, elle exercera des responsabilités nationales d’importance, occupant les fonctions de ministre du Commerce international de 2006 à 2008, puis de ministre des Affaires étrangères de 2013 à 2014 sous le gouvernement de gauche d’Enrico Letta.

Un héritage politique opposé à la droite souverainiste italienne

Le décès d’Emma Bonino intervient dans un paysage politique italien profondément renouvelé, aujourd’hui dirigé par la présidente du Conseil Giorgia Meloni, dont elle était une opposante résolue. Fidèle à sa doctrine fédéraliste, l’ancienne commissaire plaidait sans relâche pour un élargissement et un approfondissement des prérogatives de l’Union européenne, une vision de plus en plus contestée par les partisans d’une Europe des nations souveraines. La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a salué la mémoire de celle qui n’attendait pas « que le monde soit prêt » pour imposer ses réformes à Bruxelles. Le départ d’Emma Bonino marque le déclin d’une génération politique caractérisée par un engagement sans concession pour l’euro-fédéralisme. Alors que l’Italie s’ancre désormais dans une politique conservatrice, la disparition de la dirigeante de Più Europa met en lumière la fracture persistante entre la défense des souverainetés étatiques et l’aspiration à un pouvoir européen intégré.

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Écrit par
Nadia Belkacem

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