- Lundi, Benyamin Netanyahou et Jared Kushner ont convenu qu’un général américain superviserait le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza.
- Cet accord préliminaire intervient après le rejet par M. Netanyahou d’une partie du plan américain de sortie de guerre, malgré l’acceptation par le Hamas de la feuille de route fin juillet.
- Les conditions incluent l’exclusion de tout redéploiement israélien ou de reconstruction à Gaza avant un désarmement complet et vérifiable du mouvement islamiste.
- Depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025, au moins 1 265 Palestiniens ont été tués, Israël déplorant 5 soldats et 1 contractuel.
Accord israélo-américain sur le désarmement du Hamas
Lors d’une rencontre tenue lundi, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, sont parvenus à un accord préliminaire concernant la supervision du désarmement du Hamas dans la bande de Gaza. Selon un haut responsable israélien, un général américain serait chargé de cette mission cruciale. Cette entente survient alors que M. Netanyahou est engagé dans une difficile bataille pour sa réélection et qu’il avait précédemment rejeté publiquement le dernier volet d’un plan américain de sortie de guerre pour le territoire palestinien. La feuille de route américaine, acceptée par le mouvement islamiste palestinien fin juillet, prévoyait son désarmement ainsi qu’un retrait israélien de Gaza, territoire occupé à plus de 60 % par l’armée israélienne.
Les conditions fixées pour la démilitarisation et les contacts avec le Hamas
L’accord stipule qu’aucun redéploiement des forces israéliennes ni aucune reconstruction ne seront entrepris dans la bande de Gaza avant que le Hamas ne soit entièrement désarmé. La première étape vers cette démilitarisation consisterait pour le Hamas à remettre ses armes, lesquelles seraient ensuite mises hors service sous la supervision directe du général américain. M. Kushner avait eu des contacts directs et jugés très rares avec des membres de la direction du Hamas dimanche, où il avait insisté sur la nécessité d’un désarmement vérifiable du mouvement et sur l’absence de tout rôle futur pour le Hamas dans la gouvernance de Gaza. Historiquement, les États-Unis classent le Hamas comme organisation terroriste et refusaient tout contact, mais l’administration Trump a récemment adopté une approche plus ouverte pour tenter de mettre fin au conflit.
Réponses des parties et persistance des tensions
Si le Hamas avait donné son accord à la feuille de route américaine en juillet, il avait parallèlement annoncé la dissolution de son administration civile, se disant prêt à transférer ses responsabilités au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens. Toutefois, en rejetant la proposition initiale, M. Netanyahou avait exigé un désarmement « véritable » du Hamas, mouvement dont l’attaque du 7 octobre 2023 a déclenché la guerre actuelle. Le mouvement palestinien a, pour sa part, souligné auprès de M. Kushner son souhait de voir des pressions exercées sur le Premier ministre israélien afin de débloquer la mise en œuvre de la deuxième phase du plan américain. Parallèlement, M. Kushner a également rencontré le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, ainsi que des responsables qataris et turcs, pays jouant un rôle de médiateurs dans la région.
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Un conflit toujours meurtrier malgré le cessez-le-feu
Le cessez-le-feu conclu en octobre 2025, bien que supervisé par l’armée américaine et des forces étrangères alliées, n’a pas mis fin aux frappes israéliennes sur Gaza, mais les a réduites. Les accusations mutuelles de violation de la trêve persistent entre le Hamas et Israël, sur un territoire dévasté et en demande urgente d’aide humanitaire. Depuis le début de cette trêve, au moins 1 265 Palestiniens ont été tués, selon le ministère de la Santé du territoire · chiffres jugés fiables par l’ONU. Israël a de son côté recensé la mort de 5 de ses soldats et d’un contractuel du ministère de la Défense. Dans ce contexte tendu, Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale et figure de l’extrême-droite alliée à M. Netanyahou, a récemment appelé à la poursuite des « éliminations ciblées » à Gaza, allant jusqu’à évoquer des frappes quotidiennes visant « ceux qui ne devraient pas être en vie ».