- Selon un sondage publié en juin, 92 % des Israéliens considèrent que l’Iran a tiré un plus grand bénéfice du conflit actuel que leur propre pays.
- L’ex-analyste du renseignement Danny Citrinowicz qualifie la stratégie de Benyamin Netanyahou d’« échec colossal » sur le plan stratégique.
- Les revirements du président américain Donald Trump, qui a ordonné l’offensive le 28 février avant de demander un cessez-le-feu en avril, ont affaibli la position d’Israël.
Un sentiment d’échec face à la riposte de Téhéran
Six mois après le début de l’offensive militaire contre l’Iran lancée le 28 février par les États-Unis et Israël, le bilan stratégique suscite de vives critiques au sein de l’État hébreu. Selon un sondage réalisé en juin par l’Université hébraïque de Jérusalem et l’institut Agam, 92 % des Israéliens estiment que l’Iran a remporté le conflit ou en a tiré un plus grand profit qu’Israël. Malgré l’élimination dès le premier jour de guerre du guide suprême iranien Ali Khamenei, les forces armées d’Iran maintiennent leurs capacités de riposte. Téhéran multiplie les attaques contre les alliés de Washington, perturbe le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et cible désormais des bases américaines dans le Golfe. De plus, les revirements politiques à Washington ont fragilisé la position de l’allié israélien. Après avoir soutenu l’attaque, le président américain Donald Trump a rapidement appelé à un cessez-le-feu en avril sous la pression de l’opinion publique et de la hausse des cours du brut.
Une impasse stratégique et une possible relance du nucléaire
Cette situation place le gouvernement de Benyamin Netanyahou face à un dilemme sécuritaire majeur à l’approche des élections législatives du 27 octobre. L’ancien analyste du renseignement israélien Danny Citrinowicz qualifie la stratégie actuelle d’« échec colossal ». Privée de sa force de dissuasion conventionnelle, la République islamique pourrait lever ses dernières réticences et accélérer son programme d’armement nucléaire. Israël se retrouve désormais contraint de choisir entre accepter un nouvel accord renforçant Téhéran ou tenter d’affaiblir son adversaire au risque de provoquer une course à l’arme atomique. Si certains experts rappellent que la destruction des infrastructures iraniennes a causé de lourds dommages économiques à Téhéran, la résilience du régime et la réorientation de ses frappes vers les pays du Golfe limitent considérablement la portée de la victoire revendiquée par les autorités israéliennes.