- Une photographie de Jehad Alshrafi, montrant un match de football à Gaza, a été retirée du Deauville Sport Images Festival le 20 août 2026.
- La municipalité de Deauville justifie ce retrait par la volonté de « ne pas heurter qui que ce soit » et d’apaiser une « polémique disproportionnée ».
- Des personnalités politiques, dont le député Arthur Delaporte, et Amnesty International dénoncent une forme de « censure à bas bruit » et demandent la réintégration du cliché.
Retrait d’une photographie de Gaza lors d’un festival à Deauville

Le Deauville Sport Images Festival, qui se tient du 6 juin au 6 septembre 2026, est au cœur d’une controverse suite au retrait d’une photographie. Le cliché en question, réalisé par le photographe palestinien Jehad Alshrafi pour l’agence Associated Press, représentait un match de football disputé à Gaza le 14 février 2026. La particularité de l’image résidait dans l’arrière-plan, où des bâtiments lourdement endommagés par les opérations terrestres et aériennes israéliennes étaient clairement visibles. L’image, qui avait été sélectionnée pour cette deuxième édition du festival, abordant les dimensions « sociale, humaine, culturelle et artistique » du sport, a disparu des expositions le jeudi 20 août 2026 et a été remplacée par un autre cliché.
Vives réactions et appels à la transparence après la décision municipale
La disparition de l’œuvre a été signalée par Sylvain Larcher, membre du Parti socialiste local, qui a questionné cette manœuvre, y voyant une possible atteinte à la liberté d’expression. Interrogée, la municipalité de Deauville a confirmé le remplacement de la photographie, expliquant vouloir « ne pas entrer dans la polémique, ni heurter qui que ce soit ». Dans une réponse écrite, la mairie a précisé que le cliché « n’est en rien pro-Hamas » mais que, créant de « nouvelles douleurs », il était retiré « pour faire taire cette polémique disproportionnée ». Ces explications n’ont pas satisfait de nombreux observateurs, qui dénoncent une atteinte à la liberté d’expression. La secrétaire générale d’Amnesty International a notamment déclaré que « montrer (la photo) partout est un acte de résistance, contre la censure, contre la tentative d’effacer la réalité du génocide de Gaza ». Le député socialiste du Calvados, Arthur Delaporte, a dénoncé une « censure à bas bruit » et a exigé la « transparence sur les circonstances ayant conduit au retrait » de la photographie, demandant sa réintégration et des excuses de la ville.