- L’océan Pacifique est actuellement traversé par les ouragans Lowell et Karina, ainsi que par la tempête tropicale Marie.
- Ce phénomène rare est alimenté par un épisode d’El Niño d’une intensité historique, qui a 69 % de chances de devenir le plus fort jamais enregistré.
- L’Organisation météorologique mondiale prévoit que ce dérèglement climatique persistera avec une probabilité de près de 100 % jusqu’en février 2027.
- Les scientifiques soulignent que le réchauffement global des eaux de surface depuis vingt ans amplifie la dangerosité de ces événements.
Une activité cyclonique exceptionnelle dans le Pacifique

Le début du mois de septembre 2026 est marqué par une situation météorologique particulièrement rare dans l’océan Pacifique. Depuis le mercredi 2 septembre, trois systèmes dépressionnaires majeurs se succèdent d’est en ouest. L’ouragan Lowell a atteint la catégorie 5, le niveau maximal de l’échelle de Saffir-Simpson, avant de se diriger vers l’ouest. Il est immédiatement suivi par l’ouragan Karina, classé en catégorie 4, et par la tempête tropicale Marie, localisée au large des côtes mexicaines, qui devrait rapidement se transformer en ouragan. Bien que les trajectoires prévues maintiennent ces tempêtes à bonne distance des côtes habitées, des houles dangereuses menacent déjà l’archipel d’Hawaï, encore fragilisé par le passage récent de l’ouragan Lala à la mi-août.
El Niño, moteur de cette anomalie thermique
Pour la communauté scientifique, cette concentration de phénomènes extrêmes s’explique directement par l’influence d’El Niño. Ce phénomène climatique naturel, caractérisé par un affaiblissement des alizés et une remontée d’eaux chaudes vers la surface de l’est du Pacifique, atteint cette année des niveaux exceptionnels. Selon les données de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), il existe une probabilité de 69 % pour que cet épisode devienne le plus intense de l’histoire moderne. Les eaux de surface particulièrement chaudes fournissent l’énergie nécessaire à la formation et à l’intensification rapide de ces cyclones successifs, un scénario comparable à celui observé lors du puissant épisode El Niño de 2015.
Des prévisions alarmantes jusqu’en 2027
L’impact de cette anomalie ne devrait pas s’estomper rapidement. Dans son dernier bulletin de septembre 2026, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) confirme la montée en puissance du phénomène dans les mois à venir, avec un pic d’intensité attendu vers la fin de l’année. Les modèles saisonniers s’accordent sur une probabilité proche de 100 % que les effets d’El Niño se prolongent au moins jusqu’en février 2027. Cette persistance fait craindre une multiplication des événements météorologiques extrêmes à l’échelle mondiale, alternant entre sécheresses intenses, vagues de chaleur inédites et inondations sévères selon les régions du globe.
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Le rôle amplificateur du réchauffement global
Au-delà de la cyclicité propre à El Niño, les climatologues pointent du doigt l’élévation globale des températures marines constatée ces deux dernières décennies. Si le lien direct de cause à effet entre le changement climatique et le renforcement intrinsèque d’El Niño fait encore l’objet de recherches, les scientifiques s’accordent sur le fait que le réchauffement de la planète en exacerbe les conséquences. Face à cette situation, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a averti que la hausse record des températures de surface plaçait l’humanité dans une zone à hauts risques. Cette transition vers des conditions climatiques inédites redéfinit les normes météorologiques auxquelles les sociétés doivent désormais s’adapter.