p>Depuis ses débuts, Tesla a cultivé une vision audacieuse : celle d’une automobile évolutive, se renouvelant à la manière d’un smartphone. Elon Musk, souvent comparé à un visionnaire technologique, a insufflé une dynamique révolutionnaire au sein de l’industrie, promettant une approche inédite de la conception automobile. Si le succès commercial est indéniable et a profondément redéfini les équilibres établis, des limites substantielles émergent désormais, tant sur le plan technologique que méthodologique, défiant les discours initiaux.

Pendant des années, Tesla a maintenu l’idée que ses véhicules commercialisés entre 2019 et 2023 seraient un jour aptes à la conduite entièrement autonome, le système FSD (Full Self-Driving) non supervisé, via une simple mise à jour logicielle. Cette même fonctionnalité vient d’ailleurs d’obtenir une autorisation aux Pays-Bas. Cependant, le constructeur californien admet désormais que cette promesse ne pourra être tenue pour les modèles équipés du matériel HW3. Elon Musk lui-même a évoqué une solution complexe, onéreuse et sans échéancier précis.
Le nœud du problème réside dans une limitation technique intrinsèque. Le hardware HW3, intégré aux Tesla produites à partir de 2019, ne possède pas les capacités de traitement requises pour opérer le FSD sans supervision. En comparaison, le HW4 a été conçu avec une marge de manœuvre bien plus significative. Le PDG a ainsi reconnu que le HW3 ne disposait « tout simplement pas des capacités » nécessaires, après avoir longtemps présenté une perspective inverse comme crédible.

Les différences de performances entre les deux générations de hardware sont éloquentes. Le HW3 atteint un plafond d’environ 68 Go/s de bande passante mémoire, tandis que le HW4 dépasse les 200 Go/s, représentant une capacité près de trois fois supérieure. Le HW3 est doté de 8 Go de mémoire, alors que le HW4 en intègre 16 Go, avec une puissance de calcul d’environ 144 TOPS contre 500 TOPS. De plus, les caméras évoluent de 1,2 mégapixel à 5 mégapixels, améliorant considérablement le niveau de détail exploitable par les réseaux neuronaux.
Concrètement, le logiciel FSD requiert déjà des ressources que le HW3 peine à gérer. Le module de conduite à lui seul consomme 7,5 Go de mémoire, laissant une marge infime sur un système totalisant seulement 8 Go. Cette limitation est donc une contrainte purement physique, et non un simple défi logiciel à surmonter par une mise à jour.
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