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- Le plan national CASI, doté de 1,3 milliard d’euros, peine à convaincre les agriculteurs aveyronnais après la sécheresse de l’été 2026.
- Les syndicats FDSEA et Jeunes Agriculteurs qualifient le dispositif de « Quasi rien », dénonçant le manque de soutien à l’élevage et un dégrèvement fiscal local limité à 7 millions d’euros.
- La complexité administrative du remboursement du gazole non routier (GNR) nécessite jusqu’à sept demandes distinctes pour une seule aide.
- Les professionnels réclament la suppression du guichet unique de la haie, jugé inadapté à la gestion de l’espace rural local.
Un plan gouvernemental spectaculaire mais déconnecté du terrain

Face aux séquelles de la canicule et de la sécheresse prolongée de l’été 2026, l’État a présenté son plan de soutien au monde agricole. Début septembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé une enveloppe globale de près de 1,3 milliard d’euros dans le cadre du plan CASI (Climat, adaptation, sécheresse, incendies). L’objectif affiché est d’éviter les faillites, de soutenir les trésoreries et de relancer la production dans les territoires touchés. Pourtant, dans les départements ruraux comme l’Aveyron, la concrétisation de ces annonces suscite des inquiétudes légitimes. Face aux promesses de l’exécutif, les agriculteurs aveyronnais constatent un décalage net entre la communication ministérielle et les budgets effectivement attribués à leurs exploitations.
Fiscalité et élevage : la colère des syndicats locaux
Parmi les mesures phares du plan figuraient des abattements fiscaux, notamment le dégrèvement d’office de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB). Ce dispositif prévoit des baisses de 60 % pour les prairies, 60 % pour les terres et 30 % pour l’arboriculture, représentant une enveloppe de 7 millions d’euros en Aveyron sur un total national de 330 millions d’euros. Une mesure insuffisante pour la Coordination rurale, qui rappelle qu’il s’agit d’outils fiscaux préexistants. De leur côté, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) du département ont ironiquement renié le nom du plan CASI pour le baptiser « Quasi rien ». Pour les représentants des producteurs locaux, le secteur de l’élevage reste le grand oublié des arbitrages nationaux alors qu’il constitue le pôle majeur de l’économie agricole aveyronnaise.
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Fonds de réarmement et carburant : le poids de la bureaucratie
Le volet budgétaire direct suscite également d’importantes réserves. Sur les 235 millions d’euros du fonds de réarmement agricole au niveau national, moins de 3 millions d’euros sont alloués à l’Aveyron. L’enveloppe cible en priorité les jeunes installés (DJA), les exploitations en précarité économique et le maraîchage lié à la PAC 2026, ce qui laisse de nombreux exploitants sur le côté selon la Confédération paysanne. À cela s’ajoute la lourdeur des démarches : alors que 500 000 euros ont été distribués dans le département pour le gazole non routier (GNR), le processus de remboursement est jugé dissuasif. Plutôt que d’appliquer une remise directe de 15 centimes par litre à la pompe, l’État impose aux professionnels de remplir jusqu’à sept dossiers administratifs différents pour percevoir une seule aide. Par ailleurs, le guichet d’aide aux engrais, bien que prolongé jusqu’en fin d’année, demeure inefficace d’après la FDSEA et les JA, qui soulignent qu’aucun dossier local n’a pu aboutir.
Réglementation sur les haies : l’exigence d’un choc de simplification
Au-delà de l’aspect financier, les contraintes normatives continuent de peser sur le quotidien de la ferme France. Entré en vigueur le 1er octobre, le « guichet unique de la haie » impose désormais une déclaration préalable pour toute modification du réseau bocager. Dans un territoire traditionnellement structuré par ses haies, les syndicats agricoles aveyronnais redoutent un alourdissement inutile des démarches et demandent la suppression pure et simple de cette mesure. Enfin, concernant l’indemnisation basée sur la solidarité nationale (ISN), dotée de 520 millions d’euros pour les cultures d’été, l’évaluation des pertes sur prairies a été reportée à la fin de la période de pousse. En refusant de réviser les seuils de déclenchement des indemnités, le gouvernement laisse une incertitude financière peser sur les producteurs à l’approche de la période hivernale.