- Le banquier d’affaires Matthieu Pigasse propose d’annuler les 20 % de la dette publique française détenus par la Banque centrale européenne.
- Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, rejette fermement cette idée, alertant sur une perte de confiance des investisseurs privés.
- Le chef de file de Renaissance, Gabriel Attal, met en garde contre une crise économique majeure et des obstacles juridiques insurmontables.
- Le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon soutient cette mesure et propose de « mettre au congélateur » les dettes liées au Covid.
Une proposition de gauche relancée par un banquier d’affaires
Lors des universités d’été de La France insoumise, le banquier d’affaires Matthieu Pigasse a relancé un débat économique controversé en proposant d’effacer une partie de la dette souveraine française. Selon l’ancien conseiller ministériel socialiste, environ 20 % de cette dette, soit près de 700 milliards d’euros, est actuellement détenue par l’Eurosystème et la Banque centrale européenne (BCE). Matthieu Pigasse soutient que l’annulation de cette part de la dette n’engendrerait aucun impact économique ou financier négatif, tout en redonnant d’importantes marges de manœuvre budgétaires à l’État. Cette idée s’inscrit dans la lignée des propositions portées depuis 2020 par Jean-Luc Mélenchon, qui plaide régulièrement pour un tel effacement.
La vive opposition de Jordan Bardella et l’argument de la Banque de France
Cette perspective a rapidement suscité une vive opposition à droite. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a fermement réfuté la viabilité d’une telle mesure, dénonçant l’illusion d’un « argent magique ». L’élu souligne que la Banque de France étant détenue par l’État, les intérêts versés lui reviennent sous forme de dividendes, rendant l’annulation inutile pour alléger le coût réel du financement. Jordan Bardella avertit également qu’une annulation de dette fragiliserait la crédibilité de la France auprès des créanciers privés, qui pourraient craindre un traitement similaire de leurs propres créances. En réponse, Matthieu Pigasse a ironisé sur la méconnaissance des mécanismes monétaires par le leader du parti à la flamme, se disant prêt à en débattre publiquement.
Les mises en garde de la majorité présidentielle face aux risques financiers
Les critiques ne viennent pas seulement du Rassemblement national. Gabriel Attal, président du groupe Renaissance, s’est lui aussi opposé avec virulence à ce projet, prédisant des conséquences catastrophiques pour le pays. Selon lui, une telle initiative bloquerait l’accès de la France aux marchés financiers, compromettant à terme le financement des services publics et du modèle social national. Gabriel Attal affirme qu’un effacement unilatéral de la dette provoquerait une crise historique, marquée par le retour d’une forte inflation et une rupture de la confiance des marchés, sans oublier les obstacles juridiques européens qui s’opposent à cette démarche.
À lire aussi Immigration : ce que prévoit l’accord signé entre Jordan Bardella et Nigel Farage
Jean-Luc Mélenchon maintient le cap sur le gel de la dette
Malgré ces oppositions transpartisanes, la gauche radicale maintient fermement ses positions. Lors de la clôture des universités d’été de son mouvement, Jean-Luc Mélenchon a réitéré son appel à ce que la BCE neutralise les dettes publiques accumulées, en particulier celles contractées durant la pandémie de Covid-19. Le fondateur de La France insoumise exhorte l’institution européenne à « mettre au congélateur » les créances des États, affirmant que des dispositifs comparables ont déjà été mis en œuvre par le passé, notamment outre-Atlantique. Ce débat remet au premier plan la fracture idéologique française sur la gestion des finances publiques et de la souveraineté monétaire.