h6 class= »wp-block-heading » id= »h-par-la-redaction-le-mardi-17-mars-2026″>Par Raphaël SIMON, le mardi 17 mars 2026.
Il y a des adresses que l’on découvre avec la certitude tranquille qu’elles vont compter. Babi est de celles-là. Paris, deuxième arrondissement. La rue Mandar, longue artère du quartier Montorgueil-Sentier, a l’art de dissimuler ses pépites derrière des façades modestes. C’est là, au numéro 11, que se niche Babi, une table née d’une amitié aussi sincère qu’évidente, celle de Néo Guérin, chef prodige de vingt-quatre ans aux mains déjà expertes, et de Jérémie Taché, sommelier d’une prescience rare. Tous deux anciens de Shabour et Tékés, deux maisons qui comptent dans le paysage gastronomique parisien, ils ont forgé leur complicité dans les coulisses animées de ces restaurants d’exception avant d’oser, ensemble, l’aventure en solo. Le résultat ? Un lieu qui vous prend par l’épaule dès le seuil, vous invite à vous asseoir, et ne vous lâche plus.
Babi, un restaurant bistronomique, taillé dans l’authenticité
Trente couverts, dix places au comptoir face à la cuisine ouverte : Babi cultive l’intimité comme d’autres cultivent le prestige. Mais ne vous y trompez pas, l’humilité apparente des lieux cache une exigence absolue dans chaque détail.
Le Studio ONO, le cabinet d’Emma Collet et Thomas Diettert, connus pour leurs collaborations avec Cyril Lignac, a signé un écrin d’une justesse remarquable. Les sols en terre cuite réchauffent l’espace, le comptoir en granit tranche avec élégance, tandis que la vaisselle Maison Degrenne et les verres Lehmann venus de Reims élèvent le repas au rang de rituel. Les pièces en céramique créées sur mesure par Carole Fraile, l’identité graphique imaginée par Laurane Perrot et peinte à la main par l’artiste Victor Bert : ici, chaque geste est un hommage à l’artisanat français. On s’assoit, on respire, et l’on sait que l’on est bien.
Néo Guérin, la jeunesse comme génie
Il y a, dans la cuisine de Néo Guérin, quelque chose qui ressemble à de la liberté. Une liberté acquise, disciplinée, mais bien vivante.


À vingt-quatre ans à peine, ce chef compose chaque assiette comme un carnet de voyage intime, partant de la Provence pour rallier la Sicile, s’échappant vers la Corée avant de revenir en Bretagne, convoquant l’Égypte et le Japon dans le même souffle. Les produits sont français, soigneusement sourcés auprès d’agriculteurs et d’éleveurs du territoire, mais les inspirations, elles, ne connaissent pas de frontières. C’est précisément dans cette tension, entre ancrage terroir et envol vers l’ailleurs, que réside toute la singularité de Babi.
Nous avons testé : le menu dégustation cinq étapes
Lorsque Babi a annoncé le lancement de son menu dégustation en cinq étapes, nous avons réservé sans hésiter. Et le soir venu, en franchissant le seuil de la rue Mandar, nous savions déjà que cette soirée allait tenir ses promesses.
Le principe est aussi audacieux que séduisant : un menu à l’aveugle. Pas de carte, pas de liste d’ingrédients préannoncés. On s’abandonne, on fait confiance, et c’est précisément là que commence le voyage. À 90 euros, ce menu en cinq actes est une déclaration d’intention : celle d’une gastronomie accessible, qui ne transige jamais sur l’exigence.


Les cinq étapes se sont succédé avec une fluidité narrative impressionnante pour une table aussi jeune. Chaque assiette révélait une destination nouvelle, construite autour d’un produit français magnifié par une touche d’ailleurs, une épice inattendue, une technique empruntée à une autre culture, un accord qui surprend avant de convaincre. La précision du chef est palpable : rien n’est laissé au hasard, et pourtant tout paraît naturel, évident, comme si ces mariages de saveurs avaient toujours existé.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la cohérence du propos.



D’une étape à l’autre, un fil conducteur invisible tisse la narration culinaire : le terroir français, toujours présent, toujours célébré, mais jamai…