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vendredi 18 septembre 2026
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Le café et le thé brûlants augmenteraient le risque de cancer de l’œsophage

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Le café et le thé brûlants augmenteraient le risque de cancer de l'œsophage
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L’essentiel
  • Une vaste étude britannique menée sur près de 980 000 adultes montre un lien entre boissons très chaudes et cancer de l’œsophage.
  • Les amateurs de thé ou de café brûlant présentent un risque de carcinome épidermoïde multiplié par près de trois.
  • Le risque augmente également avec la quantité, grimpant de 71 % chez ceux qui boivent au moins six tasses chaudes par jour.
  • L’Organisation mondiale de la santé, via le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), classe les boissons à plus de 65 °C comme probablement cancérogènes.

Une habitude matinale sous la loupe des scientifiques

Le café et le thé brûlants augmenteraient le risque de cancer de l'œsophage

Chaque matin, des millions de citoyens sacrifient au traditionnel rituel du café ou du thé brûlant, synonyme de réveil et de réconfort. Pourtant, ce geste quotidien, ancré dans nos modes de vie et nos traditions européennes, pourrait comporter des risques jusqu’ici largement sous-estimés pour notre santé physique. Une vaste étude scientifique d’envergure, publiée dans l’éminente revue spécialisée International Journal of Cancer, s’est penchée sur les conséquences physiologiques à long terme de cette habitude thermique. Des chercheurs rattachés à la prestigieuse université d’Oxford ont analysé avec une immense rigueur méthodologique les dossiers médicaux et les données de santé de près de 980 000 adultes britanniques, suivis de près pendant plus d’une décennie. Pour bâtir ces travaux d’une ampleur statistique absolument inédite, les scientifiques ont croisé les informations cliniques issues de deux cohortes majeures d’outre-Manche : la UK Biobank et la Million Women Study. Les participants devaient notamment évaluer leur propre préférence quant à la température habituelle de leurs boissons chaudes favorites, les classant de manière pragmatique entre tièdes, chaudes et très chaudes. Une vaste étude menée par l’université d’Oxford remet en question nos habitudes quotidiennes de consommation de thé et de café. L’ampleur remarquable de cet échantillon de population confère à ces observations une force statistique incontestable, mettant en lumière des liens particulièrement préoccupants entre les températures de consommation et la fragilisation progressive de notre organisme.

Un risque de carcinome épidermoïde presque triplé

Les résultats précis de cette minutieuse enquête statistique révèlent une corrélation clinique particulièrement nette avec une forme spécifique et redoutable de cancer : le carcinome épidermoïde de l’œsophage. En comparant méticuleusement les comportements des participants, les universitaires d’Oxford ont constaté que les personnes préférant leurs boissons simplement « chaudes » présentaient déjà un risque accru de 1,7 fois par rapport aux consommateurs avisés de boissons « tièdes ». Pour les amateurs de boissons consommées « très chaudes », la sentence statistique se révèle encore plus lourde, puisque ce risque de développer la maladie se trouve multiplié par près de trois. En revanche, l’étude souligne avec pertinence qu’aucune hausse comparable n’a été détectée concernant l’adénocarcinome, qui constitue l’autre pathologie maligne majeure affectant la zone œsophagienne. Au-delà du simple facteur de la température, la quantité globale de liquide absorbée au quotidien semble également jouer un rôle déterminant dans cette équation sanitaire. En effet, l’analyse approfondie des données montre que le fait de boire au moins six tasses de boissons chaudes par jour expose les individus à une hausse de 71 % du risque de carcinome épidermoïde, indépendamment des autres habitudes de vie. La consommation de boissons très chaudes multiplierait par près de trois le risque de développer un carcinome épidermoïde de l’œsophage. Ces chiffres indiscutables imposent une véritable prise de conscience et appellent à une certaine modération dans nos rituels thermiques quotidiens.

L’explication thermique : quand la chaleur irrite les cellules

Le mécanisme biologique sous-jacent, bien qu’il nécessite encore d’autres confirmations cliniques, repose sur l’effet destructeur et répété des températures extrêmes sur les parois délicates de l’appareil digestif supérieur. Les brûlures successives altèrent de façon chronique les cellules épithéliales qui tapissent la paroi interne de l’œsophage, entretenant ainsi un état inflammatoire permanent qui favorise progressivement l’apparition d’anomalies cellulaires graves. Ce constat clinique n’est d’ailleurs pas une première sur la scène scientifique mondiale. De précédentes études observationnelles menées dans des zones géographiques diverses · telles que la Chine, l’Iran, ou encore l’Amérique du Sud où la consommation traditionnelle de maté brûlant est profondément ancrée · avaient déjà alerté sur les dangers potentiels d’un tel stress thermique. Une étude prospective menée en Iran avait notamment mis en lumière un risque accru chez les individus buvant au moins 700 millilitres de thé par jour à une température égale ou supérieure à 60 °C. Cette convergence d’analyses scientifiques à l’échelle internationale corrobore pleinement les décisions des institutions sanitaires mondiales. Dès 2016, l’Agence internationale de recherche sur le cancer avait classé les boissons consommées à plus de 65 °C comme probablement cancérogènes pour l’homme. Il convient toutefois de rassurer les amateurs de café noir ou de thé : les boissons en elles-mêmes ne sont aucunement nocives, seule leur température excessive représente un danger réel.

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Tempérance et pragmatisme : comment adapter sa consommation

Devant de telles conclusions scientifiques, il convient toutefois de conserver une attitude équilibrée, dictée par la tempérance et le pragmatisme, loin des réactions de panique souvent véhiculées par l’hygiénisme moderne. Les chercheurs d’Oxford rappellent d’ailleurs avec sagesse que cette étude demeure de nature strictement observationnelle : elle démontre une forte corrélation statistique, mais ne saurait établir de manière définitive un lien direct de cause à effet. De surcroît, la perception des températures demeure par essence subjective et repose sur l’auto-évaluation des participants eux-mêmes. Il importe également de replacer ces conclusions dans leur juste perspective médicale : à l’échelle individuelle, le risque absolu de contracter cette forme spécifique de cancer reste faible. Les scientifiques rappellent que le tabac et l’alcool demeurent les facteurs de risque majeurs pour la santé de l’œsophage. Néanmoins, d’un point de vue de santé publique collective, le bénéfice potentiel d’une évolution des mœurs s’avère considérable. Les spécialistes estiment en effet qu’environ un cas britannique de carcinome œsophagien sur sept pourrait être purement et simplement évité si les personnes habituées aux boissons brûlantes prenaient le temps de les laisser tiédir. Un geste simple, gratuit, relevant du simple bon sens, qui permet de préserver le plaisir intact de nos rituels quotidiens tout en protégeant durablement notre santé.

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Écrit par
Raphael Simon

Fondateur et directeur de la publication de La Revue. Il suit l'économie des médias, l'hôtellerie et les grandes tendances de consommation.

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