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samedi 10 octobre 2026
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Elon Musk quitte le club des trillionnaires après un repli boursier de SpaceX

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Elon Musk quitte le club des trillionnaires après un repli boursier de SpaceX
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L’essentiel
  • La fortune d’Elon Musk est retombée à 991,6 milliards de dollars ce jeudi 8 octobre, marquant une perte de 36,4 milliards en une seule séance.
  • Ce recul s’explique par la baisse des actions de SpaceX (-3,5 %) et de Tesla (-2 %), les deux piliers de son patrimoine financier.
  • L’entreprise aérospatiale envisage de lever 40 milliards de dollars de dette pour financer l’achat de puces Nvidia destinées à ses centres de données IA.
  • Malgré cette fluctuation, Musk conserve sa place de premier homme le plus riche au monde, loin devant Jeff Bezos et ses 374,7 milliards de dollars.

Une correction boursière aux conséquences symboliques

Le monde de la haute finance a les yeux rivés sur les compteurs de patrimoine, et celui d’Elon Musk vient de repasser sous une frontière psychologique majeure. Après avoir brièvement réintégré le cercle très fermé des trillionnaires le lundi 5 octobre, l’entrepreneur d’origine sud-africaine a vu sa fortune nette glisser à 991,6 milliards de dollars lors de la séance du jeudi 8 octobre. Cette baisse brutale de plus de 36 milliards de dollars en moins de vingt-quatre heures illustre la fragilité des valorisations actuelles dans le secteur de la tech. Pour Musk, dont la richesse repose quasi exclusivement sur ses participations de 38 % dans SpaceX et d’environ 11 % dans Tesla, chaque mouvement de marché prend des proportions herculéennes. Ce n’est d’ailleurs pas une première : depuis juin dernier, le capitaine d’industrie joue au yo-yo avec ce seuil symbolique, oscillant entre des sommets à plus de 1 000 milliards et des creux abyssaux sous les 700 milliards, au gré des annonces de livraisons de véhicules électriques ou des succès de ses lanceurs spatiaux.

L’ambition coûteuse de l’intelligence artificielle orbitale

La raison technique de ce décrochage réside dans les récents projets financiers de SpaceX. Le fleuron de l’industrie spatiale américaine s’apprête en effet à solliciter les marchés pour lever la bagatelle de 40 milliards de dollars. Ce financement massif, structuré autour de 30 milliards d’obligations et 10 milliards de prêts bancaires, est destiné à une mission précise : l’acquisition massive de puces Nvidia. SpaceX ne se contente plus de conquérir les étoiles, elle entend devenir un acteur incontournable du calcul informatique de haute performance. Des négociations seraient en cours avec des géants de la gestion d’actifs comme Apollo Global Management et Pimco pour sécuriser cette opération d’ici 2027. Cette stratégie de diversification vers la location de puissance de calcul est déjà une réalité concrète, puisque le groupe loue ses infrastructures à des acteurs majeurs tels que Google ou Anthropic. Les contrats en cours dans ce domaine pèseraient déjà plus de 70 milliards de dollars à l’horizon 2029, confirmant que le futur de l’entreprise se joue autant dans les serveurs que sur les pas de tir.

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Une architecture financière entre risque et souveraineté

Pour un média attaché à la puissance industrielle et à la souveraineté technologique, l’évolution de SpaceX est fascinante. Elon Musk ne se contente pas de fabriquer des fusées ; il déploie une infrastructure de données globale. Son projet de placer un million de satellites dotés d’intelligence artificielle en orbite répond à une logique de domination technologique absolue. Toutefois, l’ampleur de l’endettement nécessaire pour soutenir une telle vision inquiète les investisseurs les plus prudents, provoquant la purge boursière constatée mercredi et jeudi. Le marché réagit aux risques d’une surcapacité ou d’un échec des négociations de financement, qui demeurent encore préliminaires. Malgré tout, la dynamique industrielle reste solide. La semaine précédente, la mise en orbite réussie du Starship et les notes d’analyses jugeant le titre encore « bon marché » avaient dopé l’action de 5 %. Cette volatilité extrême est le prix à payer pour une stratégie de rupture qui refuse les sentiers battus de la gestion financière traditionnelle.

Un empire suspendu à deux valeurs refuges

Le patrimoine d’Elon Musk est une anomalie statistique dans l’histoire du capitalisme moderne par sa concentration. Contrairement à d’autres milliardaires dont les actifs sont diversifiés, Musk est intrinsèquement lié à la santé de deux entreprises seulement. Chaque fluctuation de Tesla ou de SpaceX se traduit immédiatement par des variations de richesse équivalentes au PIB de certains États souverains. À titre de comparaison, Jeff Bezos, son poursuivant immédiat au classement des grandes fortunes mondiales, dispose de 374,7 milliards de dollars, soit une assise financière trois fois moins importante en termes de capitalisation brute. La résilience de Musk face à ces pertes successives impressionne : il ne lui manque que 8,4 milliards de dollars · soit moins de 1 % de ses avoirs totaux · pour repasser dès demain la barre des 1 000 milliards. Une simple séance de hausse à Wall Street suffirait à effacer les doutes nés de cette semaine agitée.

Les prochains rendez-vous d’un géant des technologies

L’avenir proche s’annonce dense pour l’empire Musk. Dès le 19 octobre, SpaceX prévoit un double lancement historique de sa fusée Starship, un événement qui pourrait à nouveau faire basculer les indices dans le vert. Parallèlement, les résultats trimestriels de Tesla, souvent supérieurs aux attentes des analystes comme on l’a vu début octobre, agissent comme un stabilisateur pour son patrimoine. Au-delà des chiffres, c’est la capacité de l’homme d’affaires à transformer la dette en levier de croissance qui déterminera sa place durable dans l’histoire économique. Pour les défenseurs d’une industrie forte et indépendante, le pari de Musk sur l’IA et l’espace représente une forme de souveraineté privée capable de rivaliser avec des puissances étatiques. La perte de son titre de « trillionnaire » n’est sans doute qu’une péripétie technique dans une épopée industrielle qui vise bien plus loin que les simples bilans comptables de Wall Street.

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Écrit par
Hugo Vasseur

Écrit sur les sciences et les technologies : recherche, santé, numérique et transition énergétique.

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