- Lors de l’éclipse du 12 août, la baisse de la production photovoltaïque a représenté près de 7 % des besoins électriques du Portugal.
- En juillet, le solaire est devenu la première énergie renouvelable du pays, assurant environ 19 % de la production nationale.
- Le gestionnaire du réseau REN a compensé cette baisse prévisible en mobilisant l’hydroélectricité et les centrales thermiques.
- Le gouvernement portugais vise un objectif de 4,5 GW de capacités de stockage par batteries d’ici 2040.
Un test grandeur nature pour le réseau électrique portugais
Lors de l’éclipse solaire survenue le 12 août, le Portugal a été confronté à un effacement temporaire d’une partie de sa production d’électricité photovoltaïque. Entre 18 h 30 et 20 h 30, le masque progressif du Soleil a provoqué une baisse d’environ 450 mégawatts, soit une chute de 45 % de la production solaire nationale. Cette chute temporaire de production représentait près de 7 % de la consommation nationale sur cette tranche horaire, avec des variations atteignant jusqu’à 35 mégawatts par minute. Anticipé par le gestionnaire du réseau de transport REN, l’événement a nécessité une mobilisation rapide d’autres sources de production pour maintenir l’équilibre global.
La montée en puissance du solaire dans le mix national
Cet épisode met en évidence une transformation profonde du modèle énergétique portugais, marquée par la croissance rapide des capacités renouvelables. En juillet dernier, le photovoltaïque est devenu la première source d’électricité renouvelable du pays avec près de 19 % de la production totale. Si l’éclipse constituait un phénomène parfaitement modélisé, l’augmentation des énergies intermittentes rend le système plus vulnérable aux fluctuations imprévues de la météo. Lors d’événements similaires, la REN s’appuie habituellement sur les capacités hydroélectriques et thermiques pour compenser les pertes soudaines d’ensoleillement.
Le stockage par batteries comme levier d’intégration
Pour accompagner cette transition sans fragiliser l’approvisionnement électrique, la gestion des réseaux doit évoluer. L’une des solutions réside dans l’hybridation des installations de production. L’association de centrales solaires, d’éoliennes et de batteries permet d’optimiser l’utilisation des infrastructures existantes tout en décalant la restitution de l’énergie dans le temps. Cette approche évite le coût financier et temporel de la création de nouveaux points de raccordement, une ressource particulièrement contrainte à l’échelle européenne.
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Des appels d’offres ciblés pour viser 4,5 GW d’ici 2040
Afin d’accélérer cette transformation, le Portugal prépare des mécanismes de soutien spécifiques. Deux appels d’offres consacrés au stockage sont annoncés pour le mois de septembre, portant notamment sur 750 mégawatts de capacités autonomes ainsi que sur des projets couplant production et stockage. À terme, le Portugal ambitionne de déployer environ 4,5 gigawatts de capacités de stockage d’ici 2040. Ce volume permettra de lisser au quotidien les écarts entre l’offre renouvelable et la demande des consommateurs.