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samedi 3 octobre 2026
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Budget 2027 : le doublement de la TVA menace le sport et le cinéma français

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Budget 2027 : le doublement de la TVA menace le sport et le cinéma français
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L’essentiel
  • Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de doubler la TVA des télévisions payantes, la faisant passer de 10 % à 20 %.
  • Le groupe Canal+ évalue le coût annuel à 200 millions d’euros et menace de sabrer ses investissements culturels et sportifs.
  • Le monde du sport professionnel, notamment la Ligue nationale de rugby et le football, redoute un choc financier majeur pour ses clubs.
  • Treize organisations du cinéma français ont alerté Emmanuel Macron sur les conséquences dramatiques de cette mesure fiscale.

Une nouvelle offensive fiscale contre les champions nationaux

Budget 2027 : le doublement de la TVA menace le sport et le cinéma français

Le projet de loi de finances pour 2027, dévoilé par le gouvernement, s’annonce particulièrement lourd de conséquences pour l’écosystème culturel et sportif français. Au cœur des crispations figure une mesure fiscale radicale : le doublement du taux de TVA applicable aux services de télévision payante, qui doit passer de 10 % à 20 %. Pour justifier cette décision, l’exécutif invoque une volonté de « simplifier le régime de TVA applicable » dans un paysage audiovisuel en pleine mutation. Cette offensive budgétaire de l’exécutif, sous couvert de simplification administrative, frappe de plein fouet le principal poumon financier de notre exception culturelle. En cherchant à aligner la fiscalité de la télévision payante sur celle des plateformes de streaming, l’État s’attaque à un modèle de financement unique qui a fait le succès de la création française.

L’onde de choc économique pour Canal+

Le premier visé par cette réforme est Canal+, le navire amiral de l’audiovisuel français. Pour le groupe, la facture s’élèverait à environ 200 millions d’euros par an. Une ponction colossale que l’entreprise qualifie d’« attaque directe sur ses activités » au sein de son marché historique. Actuellement, les abonnements classiques bénéficient d’un taux réduit à 10 %, tandis que les plateformes de vidéo à la demande étrangères supportent un taux de 20 %. Canal+, qui propose une offre hybride, se retrouve pénalisé par cette complexité. Le groupe prévient que cette décision aura un impact inévitable sur ses tarifs et ses investissements. Cette tension fiscale intervient après un lourd contentieux réglé en 2025 par le versement de 363 millions d’euros par la chaîne. Privé de 200 millions d’euros par an, le groupe français prévient qu’il pourrait répercuter cette hausse sur le prix des abonnements et réévaluer ses priorités stratégiques hors de nos frontières. En réponse, Canal+ menace d’accélérer son déploiement à l’international.

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Le cinéma français face au spectre d’un désengagement majeur

Les conséquences de ce choix budgétaire dépassent largement les seuls comptes de la chaîne. C’est l’ensemble du cinéma national qui tremble, Canal+ en étant le premier contributeur privé. En juillet dernier, le groupe s’était engagé à investir la somme de 980 millions d’euros entre 2028 et 2032 pour soutenir la création cinématographique française et européenne. Un engagement aujourd’hui fragilisé. Treize organisations professionnelles du cinéma ont écrit à Emmanuel Macron pour l’alerter sur les « conséquences dramatiques » d’un tel projet. En menaçant l’accord historique de 980 millions d’euros signé pour la période 2028-2032, l’État met en péril l’indépendance et la survie de la création cinématographique française. Sans le soutien de son grand argentier, le cinéma national pourrait se retrouver privé de ressources indispensables.

Le sport professionnel français pris à la gorge

Le monde du sport professionnel partage la même angoisse. Le football et le rugby, dont les modèles reposent sur les droits de diffusion, se préparent à des lendemains difficiles. Yann Roubert, président de la Ligue nationale de rugby, a souligné que si le principal soutien financier du Top 14 venait à être affaibli, c’est l’intégralité de la chaîne sportive qui en subirait le contrecoup. Du côté du football, Olivier Bramly, directeur général de LFP Media, a alerté le gouvernement sur les répercussions majeures de cette hausse sur l’équilibre financier de la plateforme Ligue 1+. Pour le rugby et le football professionnel, déjà fragilisés par des crises de droits de diffusion à répétition, ce coup de massue fiscal menace directement l’équilibre des clubs et des ligues nationales. L’Association nationale des ligues de sport professionnel a également interpellé l’Élysée pour défendre ce pilier du sport national.

Entre fiscalisme punitif et demi-mesures symboliques

Ce choix budgétaire illustre une dérive d’un fiscalisme punitif qui pénalise systématiquement les acteurs économiques ancrés sur le territoire national. Pour tenter d’équilibrer la balance, le projet de budget prévoit certes une autre mesure, consistant à réduire de moitié l’abattement fiscal dont bénéficient des plateformes comme YouTube ou TikTok sur leur contribution à la création. Mais cette concession cosmétique reste dérisoire face au préjudice infligé aux acteurs nationaux. Alors que nos champions locaux subissent une pression fiscale accrue, les timides ajustements visant les géants américains et asiatiques du numérique peinent à masquer un profond déséquilibre patriotique. En pénalisant ceux qui investissent localement, l’État affaiblit nos propres forces au moment même où la concurrence internationale exige un soutien indéfectible à nos industries nationales.

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Écrit par
Thomas Rivière

Journaliste sport : football, cyclisme et grands événements, du terrain aux coulisses économiques.

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