- Des escrocs utilisent la technique du « spoofing » pour afficher le numéro d’urgence 17 et dérober des données personnelles.
- Selon l’Arcep, les signalements liés à ces fraudes ont été multipliés par 30 en deux ans.
- La gendarmerie nationale conseille de raccrocher immédiatement et de recomposer le numéro pour reprendre le contrôle de l’appel.
Une technique d’usurpation d’identité téléphonique
Les méthodes de fraude téléphonique se perfectionnent avec l’essor du « spoofing », un procédé qui permet à des malfaiteurs de masquer leur véritable identité en affichant un numéro officiel sur l’écran du destinataire. Les services de police et de gendarmerie constatent l’apparition d’appels frauduleux émis sous l’apparence du 17, le standard d’urgence des forces de l’ordre. Cette pratique vise à instaurer un climat de confiance artificielle afin de soutirer des renseignements confidentiels ou bancaires aux particuliers.
Les cybercriminels exploitent une vulnérabilité technique historique des réseaux de téléphonie français pour usurper l’identité de numéros d’urgence. Comme le souligne Jean-Baptiste Boisseau, cofondateur de la plateforme Signal Arnaques, le réseau n’intégrait pas, à l’origine, de dispositif d’authentification préalable des lignes émettrices, laissant le champ libre à ce type de manipulation.
Les recommandations de la gendarmerie
Face à la multiplication de ces incidents, la gendarmerie nationale invite le public à la plus grande vigilance. Le lieutenant-colonel Erwan Coiffard, porte-parole de l’institution, rappelle la règle à suivre face à une communication suspecte : il convient d’interrompre l’appel sans délai, puis de composer soi-même le 17 afin de s’assurer de l’identité de son interlocuteur.
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La gendarmerie nationale rappelle qu’aucun enquêteur ne contacte spontanément un particulier pour lui réclamer des données personnelles sans démarche préalable. En reprenant l’initiative de l’appel, le citoyen s’assure d’échanger avec un véritable agent et neutralise la tentative d’escroquerie.
Une hausse marquée des infractions et un cadre en évolution
Cette mise en garde s’inscrit dans un contexte de recrudescence des infractions numériques. D’après l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), les signalements relatifs à ces pratiques ont été multipliés par trente au cours des deux dernières années. Selon les données du ministère de l’Intérieur, les atteintes numériques ont quant à elles progressé de 85 % depuis 2020 sur le territoire national.
Pour endiguer ce phénomène, un protocole technique d’authentification des numéros est actuellement en cours d’élaboration afin de sécuriser les flux d’appels. Cette démarche intervient alors que le cadre réglementaire s’est récemment durci avec l’interdiction du démarchage téléphonique non consenti, entrée en vigueur le 11 août 2026, un dispositif qui répond à l’agacement de 97 % des Français mesuré par l’association UFC-Que Choisir.