- L’entreprise Positive Aviation, installée à Toulouse, conçoit le FF72, le premier avion bombardier d’eau amphibie de conception française.
- Ce nouvel appareil repose sur la modification de l’ATR 72, un avion de transport régional dont la production et les pièces détachées sont déjà assurées mondialement.
- Le projet, dirigé par l’ingénieur Laurent Schmitt, vise à pallier l’obsolescence et l’arrêt de production des célèbres Canadair depuis 2015.
Un renouveau nécessaire pour la lutte contre les incendies
Le paysage de la lutte aérienne contre les feux de forêt s’apprête à connaître une évolution majeure. Depuis plusieurs décennies, le Canadair CL-415 s’est imposé comme la référence absolue en matière de bombardier d’eau amphibie. Cependant, cet appareil iconique, dont la conception remonte aux années 1960, fait face à des défis industriels croissants. La production par le groupe Bombardier a cessé en 2015, et bien que le fonds De Havilland ait racheté les licences, les coûts d’acquisition et de maintenance demeurent particulièrement élevés. Face à l’intensification des mégafeux, le besoin d’une flotte moderne, disponible et économiquement viable est devenu une priorité pour les services de sécurité civile.
L’ATR 72 comme base de conception
C’est dans ce contexte que la start-up toulousaine Positive Aviation, dirigée par Laurent Schmitt, ancien ingénieur en chef chez Airbus et Dassault Aviation, propose une approche innovante. Plutôt que de développer un tout nouvel aéronef, ce qui représenterait un investissement colossal et des risques de certification importants, l’entreprise a choisi d’adapter une cellule existante : l’ATR 72. Ce biturbopropulseur, largement utilisé pour le transport régional, est toujours en production, ce qui garantit un accès immédiat aux composants et à un réseau de maintenance mondial. Le futur bombardier d’eau, baptisé FF72, sera doté de deux flotteurs lui permettant d’écoper directement sur les plans d’eau. L’adaptation de l’ATR 72 permet de transformer un avion de ligne éprouvé en un outil opérationnel capable de rivaliser avec les performances des appareils spécialisés.
Souveraineté industrielle et ambitions internationales
Le développement du FF72 à Toulouse marque une étape significative pour la souveraineté aéronautique française. En proposant une alternative nationale aux solutions étrangères, Positive Aviation répond à une demande croissante de l’État français tout en lorgnant déjà vers le marché international. Les États-Unis, confrontés à des incendies de forêt de plus en plus dévastateurs, figurent déjà parmi les cibles prioritaires de la start-up. Cette stratégie d’exportation souligne la pertinence du modèle économique de l’entreprise, qui mise sur la réutilisation de technologies matures pour répondre à des enjeux environnementaux urgents. En alliant expertise technologique et pragmatisme industriel, la jeune pousse espère redéfinir les standards de la lutte aérienne contre le feu à l’échelle globale.