- Face à la désertification commerciale de Fort-de-France, marquée par des départs successifs d’enseignes, de jeunes entrepreneurs tentent de redynamiser la capitale martiniquaise.
- Des commerçants comme Sarah Édouard, Steeven Delage et Maesha Viersac, âgés de 30 à 40 ans, font le choix de s’y installer par engagement local.
- Les difficultés économiques restent majeures, illustrées par une baisse de chiffre d’affaires allant jusqu’à 50 % en juillet 2026 lors des grèves de transports.
- Pour surmonter la baisse de fréquentation, la pâtisserie HERY adapte ses horaires en ouvrant le week-end et le dimanche afin de capter une clientèle familiale.
Le défi du déclin commercial foyalais
Le centre-ville de Fort-de-France traverse une crise d’attractivité persistante. Ces dernières années, plusieurs enseignes nationales et supermarchés de proximité ont quitté la zone, laissant de nombreux locaux vacants. En juillet 2026, la situation s’est encore détériorée pour les commerces de la rue piétonne, qui ont enregistré des pertes de chiffre d’affaires s’élevant à près de 50 % en raison des dysfonctionnements des transports collectifs. Malgré cette conjoncture difficile, une nouvelle génération d’entrepreneurs âgés de 30 à 40 ans refuse de céder au pessimisme ambiant et fait le choix d’investir dans la capitale martiniquaise.
L’engagement affectif et militant de nouveaux visages
Pour ces repreneurs et créateurs d’entreprises, l’installation au cœur de la ville relève autant du projet économique que de la démarche citoyenne. Sarah Édouard, cofondatrice de la Conserverie Créole, explique être revenue s’installer en Martinique pour valoriser un territoire au potentiel selon elle sous-estimé. De son côté, Steeven Delage a repris l’épicerie familiale Case Nova, privilégiant l’attachement à sa ville natale bien que l’activité y soit parfois moins lucrative que sur les marchés du sud de l’île. Ces jeunes professionnels décrivent leur démarche commerciale comme un acte de foi destiné à redynamiser l’économie locale.
Des obstacles structurels à surmonter au quotidien
Le quotidien de ces boutiques reste néanmoins marqué par des contraintes logistiques importantes. La dépendance aux transports en commun est forte · pour l’épicerie de Steeven Delage, environ 60 % de la clientèle utilise le réseau de bus, rendant son activité très vulnérable aux mouvements sociaux. À cela s’ajoutent des problématiques de propreté urbaine, la présence de nombreux rideaux fermés qui nuisent à la dynamique des rues, et les difficultés d’accès pour les automobilistes. Pour la gérante Maesha Viersac, si l’insécurité réelle n’est pas plus élevée qu’ailleurs, le sentiment d’insécurité demeure un frein psychologique majeur pour les clients.
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Adapter l’offre pour réinventer la vie de quartier
Pour faire face à ces freins, les commerçants misent sur l’adaptation aux nouveaux modes de consommation. Si le centre-ville s’appuie sur la clientèle régulière des bureaux et de la Tour Lumina en semaine, certains établissements choisissent de décaler leurs horaires. C’est le cas de la pâtisserie HERY, qui ouvre jusqu’à 18 heures et propose ses produits le dimanche pour capter les résidents à un moment où la ville est plus calme. Sarah Édouard et ses confrères préconisent désormais de jouer collectif pour créer des synergies et transformer le centre de Fort-de-France en un espace de vie convivial.