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lundi 7 septembre 2026
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Josiane Balasko publie un roman d’anticipation et alerte sur le déclin de l’empathie

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Josiane Balasko publie un roman d'anticipation et alerte sur le déclin de l'empathie
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L’essentiel
  • L’actrice et réalisatrice Josiane Balasko publie un roman d’anticipation intitulé « Le Dernier Sanctuaire » aux éditions Calmann-Lévy.
  • Inspiré par des décrets environnementaux américains sous Donald Trump, l’ouvrage met en scène des protecteurs de la faune sauvage.
  • L’artiste dénonce la perte d’empathie dans les rapports humains actuels et suggère de s’inspirer de la pédagogie des pays nordiques.
  • Issue d’un milieu modeste à Saint-Ouen, elle explique puiser son inspiration dans l’observation des marginaux et de la vie quotidienne.

Un nouveau chapitre littéraire pour l’artiste

Josiane Balasko publie un roman d'anticipation et alerte sur le déclin de l'empathie

Le 3 juin 2026, la scène culturelle française a vu le retour en librairie de l’une de ses figures les plus populaires. Avec la publication de son nouveau roman, intitulé « Le Dernier Sanctuaire » aux éditions Calmann-Lévy, Josiane Balasko s’essaie au récit d’anticipation pour aborder des problématiques contemporaines majeures. Connue pour sa carrière de plus de cinquante ans, marquée par l’aventure collective du Splendid et des réalisations de films devenus cultes comme Gazon maudit, Sac de nœuds ou Ma vie est un enfer, l’artiste livre ici une œuvre à la fois intime et politique. Ce nouveau projet littéraire s’inscrit dans la continuité d’une carrière singulière où la création artistique sert de miroir aux interrogations sociétales. En s’éloignant des comédies populaires qui ont fait sa renommée, l’autrice explore un genre plus sombre mais profondément ancré dans le réel, marquant ainsi une étape importante dans son parcours d’écrivaine.

L’origine d’une fable écologique et politique

L’intrigue du Dernier Sanctuaire s’articule autour de la figure de protecteurs luttant pour la survie des dernières espèces animales sauvages. Ce point de départ, loin d’être une pure invention futuriste, trouve ses racines dans des décisions politiques réelles. Josiane Balasko confie avoir mûri l’idée de ce récit à la suite de mesures prises aux États-Unis sous la présidence de Donald Trump, notamment les décrets autorisant la chasse aux ours en hibernation. Pour l’autrice, cette législation symbolise une dérive où le pouvoir économique l’emporte sur le respect du vivant, les personnes fortunées étant les seules à pouvoir financer de telles pratiques. À travers cette allégorie, le roman dénonce la marchandisation de la nature et l’effondrement des barrières morales face aux intérêts financiers. L’œuvre cherche ainsi à éveiller les consciences sur le sort de la faune sauvage, tout en brossant le portrait d’une humanité menacée par ses propres excès et par la perte de son rapport au monde sensible.

La crise de l’empathie et la quête de solutions éducatives

Au-delà de la cause animale, c’est une critique acerbe des rapports humains contemporains que propose l’écrivaine. Face aux dérives d’une société caractérisée par l’indifférence devant la violence, où les agressions sont parfois filmées par des passants plutôt que secourues, elle s’alarme d’un déclin progressif de l’empathie humaine. Pour endiguer ce phénomène qu’elle qualifie de menace existentielle pour la cohésion sociale, Josiane Balasko plaide pour une refonte de nos priorités collectives, notamment par le biais de l’éducation. Elle cite en exemple les méthodes appliquées dans certains pays nordiques, où l’apprentissage précoce de l’empathie est privilégié par rapport à la seule quête de compétitivité académique dès le plus jeune âge. L’éducation à l’altruisme apparaît alors comme un rempart indispensable contre la délinquance et le repli sur soi qui guettent nos démocraties. Cette approche met en lumière la nécessité d’enseigner la sensibilité et la bienveillance pour préserver le lien social.

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La transmission du savoir contre l’ignorance

Un autre pilier thématique du roman réside dans la transmission du savoir et la lutte contre l’obscurantisme. Josiane Balasko dresse un parallèle entre l’univers fictif de son livre, où les autorités tentent d’éradiquer la connaissance, et des dérives bien réelles observées à l’échelle internationale. Elle pointe notamment du doigt les politiques de censure et le bannissement de livres dans les bibliothèques de certains États américains. Selon elle, la réduction de l’accès à l’instruction favorise la docilité des citoyens et simplifie l’exercice d’un pouvoir autoritaire. Le savoir est présenté comme un véritable vaccin mémoriel, garant de la liberté individuelle et collective face aux dérives du futur. En rendant hommage à son frère Pierre dans les premières pages de son livre pour lui avoir transmis le goût de la lecture durant son enfance, l’autrice souligne l’importance vitale des récits et de l’héritage culturel dans la construction de l’individu.

L’école de la rue et l’art du recyclage quotidien

Ce sens aigu de l’observation trouve son origine dans la jeunesse de l’artiste. Ayant grandi dans un milieu modeste à Saint-Ouen, au sein du café-restaurant tenu par ses parents, la jeune Josiane Balasko a très tôt été confrontée à une galerie de personnages hauts en couleur. Ce quotidien populaire, dépourvu des distractions numériques d’aujourd’hui, a façonné son regard et nourri son imaginaire à travers la lecture de livres d’aventures. Devenue actrice et réalisatrice, elle explique continuer de « recycler » ces tranches de vie et ces figures de marginaux rencontrées dès l’aube derrière le comptoir familial. Le bistrot de son enfance a constitué sa première scène ouverte, influençant durablement son affection pour les personnages d’exclus et de marginaux. Cet ancrage dans le réel et cette fidélité à ses origines populaires demeurent la marque de fabrique d’une artiste engagée à restituer la vérité humaine dans toute sa complexité.

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Écrit par
Inès Moreau

Traite les questions de société : justice, éducation, santé publique, travail et faits de société.