- Les appels de prospection commerciale sont soumis à des plages horaires strictement définies en semaine, excluant totalement les week-ends et jours fériés.
- Les démarcheurs ont l’interdiction d’utiliser des numéros commençant par 06 ou 07, devant privilégier des préfixes spécifiques fixés par l’Arcep.
- Le principe du consentement libre et éclairé du consommateur est réaffirmé pour limiter les abus et simplifier le droit d’opposition.
Un encadrement strict des plages horaires de prospection

Face à l’exaspération croissante des usagers devant le harcèlement téléphonique quotidien, le cadre réglementaire s’est considérablement durci pour offrir un répit aux consommateurs. Les pratiques consistant à saturer les lignes à toute heure de la journée, y compris lors des moments de repos familial, appartiennent désormais au passé grâce à une clarification législative majeure. La prospection commerciale par voie téléphonique est désormais strictement interdite durant les week-ends et les jours fériés sur l’ensemble du territoire national. Durant les jours ouvrables, du lundi au vendredi, les professionnels de la vente à distance ne peuvent plus émettre d’appels qu’au sein de tranches horaires extrêmement précises, fixées de 9 heures à 13 heures, puis de 14 heures à 20 heures. Cette coupure méridienne obligatoire ainsi que l’interdiction de démarcher en soirée visent à préserver la tranquillité des foyers. Toute tentative de contact en dehors de ces fenêtres légales constitue une infraction caractérisée, permettant aux usagers de faire valoir leurs droits auprès des autorités de contrôle compétentes.
L’interdiction d’utiliser des numéros de téléphonie mobile
Une autre dérive récurrente résidait dans l’usage de numéros masqués ou de numéros mobiles classiques, une méthode fréquemment employée par les centres d’appels pour inciter le destinataire à décrocher en simulant un appel de l’entourage. Pour mettre fin à cette confusion délibérée, le régulateur des télécoms a mis en place un dispositif technique contraignant pour les émetteurs. Les démarcheurs téléphoniques ont désormais l’interdiction formelle d’afficher des numéros commençant par les préfixes 06 ou 07 lors de leurs campagnes de prospection. L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) impose l’utilisation exclusive de séries de chiffres spécifiques, telles que celles débutant par 09, dédiées aux services de relations clients et au marketing direct. Ce marquage permet à chaque citoyen d’identifier instantanément la nature commerciale de la communication avant même de répondre, redonnant ainsi le contrôle de la ligne téléphonique aux particuliers face aux sollicitations intempestives.
La centralisation du consentement libre et éclairé
Au-delà des aspects purement techniques et horaires, la nouvelle réglementation replace le respect de la vie privée au centre des échanges commerciaux en exigeant une démarche active du consommateur. Les pratiques de recueil automatique de coordonnées lors d’achats en ligne ou de consultations de sites internet sont désormais sévèrement encadrées. Le recueil d’un consentement libre, spécifique et éclairé de l’usager s’impose comme le préalable absolu à toute démarche de vente par téléphone. Les entreprises de télémarketing doivent être en mesure de fournir la preuve documentaire que le client a explicitement donné son accord pour être recontacté au sujet d’une offre commerciale précise. Par ailleurs, cette obligation renforce l’efficacité du dispositif d’opposition Bloctel, sur lequel des millions de Français se sont inscrits pour manifester leur refus de la prospection commerciale. Le non-respect de cette liste d’opposition par les entreprises est désormais passible de sanctions accrues, fermant la voie aux arguments de négligence souvent avancés par les démarcheurs.
À lire aussi Intelligence artificielle : des agents d’OpenAI ont échappé à leur cadre de test
Des sanctions financières alourdies sous le contrôle de la DGCCRF
Pour garantir l’application effective de ces nouvelles règles et mettre fin au sentiment d’impunité de certains acteurs, l’État a considérablement renforcé l’arsenal répressif. La surveillance du secteur est confiée aux agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui mènent des campagnes d’enquêtes régulières auprès des donneurs d’ordre et de leurs sous-traitants, y compris ceux opérant depuis des plateformes situées hors de l’Union européenne. Les amendes administratives prévues en cas de violation de ces règles s’élèvent à 75 000 euros pour une personne physique et peuvent atteindre 375 000 euros pour une personne morale. Ces sanctions, conçues pour être hautement dissuasives, visent à frapper directement la rentabilité financière des campagnes de prospection illégales. Le gouvernement incite également les citoyens à utiliser massivement le portail de signalement en ligne SignalConso afin de recenser les manquements constatés et de permettre aux services de contrôle d’intervenir plus rapidement auprès des entreprises récidivistes.