- L’Organisation des Nations unies (ONU) met en garde contre un épisode d’El Niño qui pourrait s’avérer le plus puissant depuis au moins 1 000 ans.
- Ce réchauffement océanique majeur devrait se prolonger jusqu’en février 2027, faisant craindre que l’année prochaine devienne la plus chaude jamais enregistrée.
- Le Programme alimentaire mondial redoute que les perturbations agricoles n’exposent près de 50 millions de personnes à une situation de faim aiguë.
Une anomalie thermique d’une ampleur inédite

Le jeudi 3 septembre 2026, la secrétaire générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) a tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse, qualifiant le phénomène El Niño en cours de « gigantesque ». Selon les prévisions scientifiques actuelles, cet épisode océanique pourrait être le plus intense observé depuis au moins un millénaire. Les températures mondiales, déjà très élevées, devraient continuer de grimper dans les prochains jours et les prochains mois, prolongeant la saison caniculaire bien au-delà de ses limites habituelles. L’ONU redoute que cet épisode, qualifié d’historique, ne fasse de l’année 2027 la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle mondiale. Ce réchauffement exceptionnel devrait en effet persister au minimum jusqu’en février 2027, bouleversant les cycles saisonniers traditionnels.
Le Pacifique sous haute surveillance
Phénomène naturel récurrent, El Niño se manifeste tous les deux à sept ans par une élévation anormale des températures de surface de l’eau dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. Ce réchauffement, amorcé dès le printemps, modifie en profondeur les régimes de vents, de pression atmosphérique et de précipitations à travers le globe. Actuellement, les relevés de l’ONU indiquent que les températures marines dans cette zone clé dépassent largement les normales saisonnières, avec une hausse moyenne de 1,5 °C constatée entre mai et juillet 2026, culminant à 2,0 °C au cours du seul mois de juillet. Ce réchauffement cyclique interagit avec le changement climatique d’origine humaine, exacerbant la violence des anomalies météorologiques. L’effet cumulé de ces deux dynamiques crée des conditions propices à des événements extrêmes sans précédent.
Des menaces directes sur la sécurité alimentaire et la santé
Les conséquences de ce dérèglement se traduisent déjà concrètement sur plusieurs continents par des incendies de forêt, des précipitations diluviennes, des tempêtes et des tornades. Au-delà des dégâts matériels, ces perturbations menacent directement la sécurité alimentaire mondiale en affectant gravement les récoltes agricoles. Le Programme alimentaire mondial craint que ces crises en cascade ne plongent jusqu’à 50 millions de personnes dans une insécurité alimentaire aiguë. En parallèle, les risques sanitaires liés aux chaleurs extrêmes s’accentuent à l’échelle globale. À titre de comparaison, les périodes de fortes chaleurs ont récemment entraîné un excès de mortalité estimé à 7 300 décès en France, illustrant la vulnérabilité des populations face à la multiplication de ces vagues de chaleur prolongées.