- Le président du groupe Droite Républicaine, Laurent Wauquiez, prévient qu’une multiplication des candidatures mènerait à un échec certain.
- Il préconise l’organisation d’une primaire comme méthode privilégiée pour désigner un représentant unique du bloc de droite.
- Sa stratégie repose sur la reconquête de la ruralité, thématique qu’il juge délaissée au profit de Marine Le Pen.
- L’élu cible explicitement Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement National, les accusant de prospérer sur les fractures du pays.
Un plaidoyer pour le rassemblement organique de la droite

À l’occasion de sa traditionnelle rentrée politique en Haute-Loire, Laurent Wauquiez a délivré un message de mise en garde à sa famille politique. S’exprimant au pied du Mont-Mézenc, le chef des députés de la Droite Républicaine a insisté sur l’impérieuse nécessité de présenter un front uni lors de la prochaine échéance présidentielle. Selon son analyse, l’absence de cohésion et la dispersion des voix constitueraient un obstacle insurmontable pour accéder au second tour. Laurent Wauquiez a profité de ce rassemblement pour alerter ses alliés sur les conséquences délétères que provoquerait une nouvelle fragmentation de l’électorat conservateur. Pour lui, l’unité n’est pas une option, mais une condition de survie électorale face aux blocs de gauche et au Rassemblement national.
La primaire comme outil de légitimation
Pour parvenir à cette unité, l’élu mise sur un processus de sélection structuré. Il a ainsi défendu le principe d’une primaire, qu’il qualifie de solution la moins imparfaite pour agréger les différentes sensibilités de la droite. Cette position intervient alors que les débats sur la méthode de désignation font rage au sein de son camp, certains craignant les blessures internes laissées par les précédentes expériences. Face à ces réticences, il oppose deux scénarios : une règle du jeu définie collectivement ou une « primaire sauvage » dictée par les sondages d’opinion. L’ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes privilégie une consultation organisée plutôt qu’une compétition arbitrée par la seule volatilité des intentions de vote. Sans nommer de favori, il a appelé ses partisans à œuvrer pour la construction de ce rassemblement programmatique et humain.
La ruralité au centre de la reconquête territoriale
Au-delà de la stratégie d’appareil, Laurent Wauquiez a esquissé les contours de son projet politique, axé sur la réparation de la « fracture territoriale ». Il déplore que cette problématique soit absente des débats nationaux alors qu’elle constitue, selon lui, le cœur du malaise français. L’enjeu est de taille : il s’agit de disputer les zones rurales et périurbaines à Marine Le Pen, qui y réalise des scores élevés. Le diagnostic porté par l’élu de la Haute-Loire place la défense de la ruralité au centre d’une stratégie visant à réconcilier les différentes composantes de la nation. Il estime que la droite ne pourra retrouver le chemin de la victoire qu’en s’adressant directement à ces territoires qui se sentent délaissés par les politiques publiques centrales.
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Une offensive contre les pôles radicaux
Le discours a également été marqué par une critique frontale des deux adversaires principaux identifiés par Laurent Wauquiez : La France Insoumise et le Rassemblement National. Il a longuement dépeint le projet de Jean-Luc Mélenchon comme une menace pour l’unité nationale, évoquant une vision de la France qu’il juge trop axée sur la pression fiscale et le communautarisme. Dans une perspective de triangulation, il a renvoyé dos à dos les deux extrêmes, les qualifiant de bénéficiaires directs des divisions du pays. Cette main tendue vers l’union du bloc de droite s’accompagne d’une dénonciation virulente des modèles politiques portés par les franges les plus radicales de l’hémicycle. Pour l’élu, seul un programme de droite « pur et dur » permettrait d’évincer ses rivaux dès le premier tour du scrutin.