- Une cérémonie d’hommage s’est tenue à Belgrade en présence de ministres et de militaires, après le décès de Ratko Mladic à l’âge de 84 ans.
- L’événement a réuni environ 300 personnes à la Maison de l’armée serbe, dont le ministre serbe de la Justice, Nenad Vujic.
- La dépouille de l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, transférée par avion gouvernemental, sera inhumée ce lundi 7 septembre 2026.
Un rassemblement de hauts dignitaires à Belgrade

Le samedi 5 septembre 2026, un hommage solennel s’est déroulé à la Maison de l’armée serbe, située dans le centre de la capitale, en mémoire de Ratko Mladic, l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie décédé la semaine précédente à l’âge de 84 ans. Cette commémoration a réuni près de trois cents personnes, associant des représentants politiques de premier plan à de hauts gradés de l’armée. Parmi l’assistance figuraient le ministre serbe de la Justice, Nenad Vujic, le président de la Republika Srpska (l’entité serbe de Bosnie), Sinisa Karan, ainsi que deux ministres de cette même entité. Des militaires d’active et des généraux à la retraite, à l’origine de l’organisation de cet événement, ont côtoyé les membres de la famille du défunt, notamment son fils Darko Mladic. À l’extérieur du bâtiment, des dizaines de sympathisants se sont rassemblés, arborant des portraits en uniforme de celui qu’ils qualifient de « héros national », tandis que les orateurs officiels saluaient le parcours et la personnalité du soldat durant les conflits des années 1990.
Le parcours du « boucher des Balkans »
Ratko Mladic s’est éteint aux Pays-Bas, à La Haye, où il purgeait une peine de prison à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. La justice internationale l’avait notamment reconnu coupable d’être le principal orchestrateur du massacre de Srebrenica en juillet 1995. Cette tragédie, qualifiée de pire tuerie de masse sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale, avait causé la mort de près de 8 000 hommes et adolescents musulmans. Surnommé le « boucher des Balkans » par la communauté internationale en raison des exactions commises sous son commandement durant la guerre de Bosnie, Mladic conserve néanmoins une aura de défenseur de la nation chez une partie de la population serbe. C’est dans ce contexte de polarisation mémorielle que sa dépouille a été rapatriée jeudi dernier à bord d’un appareil officiel du gouvernement serbe, accueillie sur le tarmac de l’aéroport de Belgrade avec les honneurs militaires sous les yeux de partisans venus saluer le convoi le long des axes routiers.
Des funérailles sous haute tension politique
Le rapatriement du corps et la tenue de ces hommages officiels ravivent les tensions diplomatiques régionales et internationales autour de l’héritage de la guerre de Bosnie. La tenue de ces cérémonies d’État suscite de vives critiques de la part des observateurs internationaux, alors même que les autorités de Belgrade et de la Republika Srpska assument publiquement ce soutien. Les obsèques de Ratko Mladic sont programmées pour ce lundi dans un cimetière de Belgrade. Les observateurs locaux estiment que ces funérailles pourraient attirer plusieurs milliers de personnes, illustrant le fossé persistant entre la réprobation internationale et la ferveur nationaliste d’une partie de l’opinion publique serbe. Ce décalage renforce l’affirmation d’un récit mémoriel officiel en Serbie qui tend à réhabiliter les figures condamnées par les tribunaux internationaux, compliquant ainsi les processus de réconciliation dans les Balkans occidentaux.