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mercredi 9 septembre 2026
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Violences sexuelles : la proposition de loi « intégrale » examinée à l’Assemblée nationale

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Violences sexuelles : la proposition de loi « intégrale » examinée à l’Assemblée nationale
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L’essentiel
  • La commission spéciale de l’Assemblée nationale entame ce lundi 7 septembre 2026 l’examen d’un texte visant à refonder la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
  • Le projet de loi, porté par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, est soutenu par un collectif transpartisan de 237 députés.
  • Parmi les mesures phares figurent la création de juridictions spécialisées, l’instauration d’un crime d’inceste autonome et un socle d’enquête obligatoire.
  • Le coût financier de cette réforme d’envergure est estimé à trois milliards d’euros par an entre 2027 et 2032.

Un texte né de l’émotion populaire après l’affaire Lyhanna

Violences sexuelles : la proposition de loi « intégrale » examinée à l’Assemblée nationale

Ce lundi 7 septembre 2026 marque une étape importante pour les associations de défense des droits des femmes et de protection de l’enfance. L’Assemblée nationale entame en effet l’examen en commission d’une proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles. Ce texte législatif trouve ses racines directes dans un drame récent qui a suscité une vive émotion à travers le pays : la mort de Lyhanna, une collégienne scolarisée dans le Gers. Le suspect de son meurtre, Jérôme Barella, faisait l’objet d’une plainte antérieure pour viol qui n’avait pas abouti à des poursuites judiciaires. Cette faille manifeste dans le traitement des signalements a provoqué une vague d’indignation nationale, poussant les législateurs à reconsidérer de fond en comble l’arsenal juridique existant. Pour maintenir la pression sur la représentation nationale, des collectifs féministes et de protection de l’enfance appellent à de nouveaux rassemblements ce lundi soir devant les tribunaux de plusieurs départements ainsi que devant le ministère de la Justice à Paris. Ces mobilisations citoyennes visent à rappeler l’urgence de réformer le système actuel et à exiger des moyens budgétaires concrets pour accompagner l’application de la future loi.

Une refonte en profondeur des procédures d’enquête et de jugement

Le texte soumis aux députés ambitionne d’agir sur l’ensemble du parcours des victimes, depuis le repérage et la prévention des violences jusqu’au suivi judiciaire et psychologique des auteurs et des victimes. Pour pallier les défaillances systémiques illustrées par l’affaire Lyhanna, la proposition de loi introduit un socle d’investigation minimal et obligatoire pour les forces de l’ordre. Désormais, toute plainte devra obligatoirement donner lieu à l’audition de la victime présumée et du suspect, ainsi qu’à la recherche active de preuves et d’éventuelles autres victimes avant toute décision de classement sans suite. Sur le plan judiciaire, l’article 5 prévoit la création de juridictions spécialisées dans les violences intrafamiliales et sexuelles, sur le modèle de ce qui existe déjà pour d’autres types de contentieux spécifiques. Ces tribunaux correctionnels et cours d’assises dédiés s’appuieront sur des magistrats, juges et procureurs ayant reçu une formation spécifique. Enfin, le texte consacre la création d’un crime autonome d’inceste, assorti de peines particulièrement lourdes et adaptées, ainsi que le déploiement d’un centre d’accueil et d’accompagnement pour les victimes dans chaque département français.

Un large soutien transpartisan malgré des nuances politiques

À l’origine de cette initiative législative se trouve la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, qui travaille sur ce dossier de longue date. Fin 2025, une première mouture du texte avait été rédigée à partir de 140 propositions formulées par des organisations non gouvernementales et des collectifs de terrain. Après examen et avis du Conseil d’État, la proposition de loi a été restructurée pour se concentrer sur 69 articles, consolidant ainsi sa solidité juridique. La force de cette proposition réside dans son caractère transpartisan, puisqu’elle réunit les signatures de 237 parlementaires issus de huit groupes politiques différents de la chambre basse. Toutefois, ce consensus n’englobe pas l’ensemble de l’hémicycle. Les initiateurs du texte ont fait le choix de ne pas solliciter le soutien du Rassemblement national (RN) ni de l’Union des droites pour la République (UDR). De son côté, La France insoumise (LFI) a refusé d’apposer sa signature sur la version initiale du projet. Cette configuration politique laisse présager des débats animés lors de l’examen des amendements en commission spéciale, chaque formation cherchant à imprimer sa marque sur un sujet sociétal devenu hautement prioritaire.

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Un calendrier accéléré et un investissement financier d’ampleur

Le gouvernement a choisi de donner une visibilité maximale à cette réforme en l’inscrivant en priorité absolue à l’agenda parlementaire de la rentrée. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ainsi confirmé que ce texte serait le tout premier soumis par l’exécutif à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale en séance publique, avec des débats programmés pour le début du mois d’octobre 2026. Ce calendrier serré témoigne de la volonté politique d’aboutir rapidement, la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, se disant certaine d’une promulgation définitive avant la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron. Après son passage à l’Assemblée, le texte sera transmis au Sénat pour poursuivre la navette législative. Au-delà des principes juridiques, le principal défi de cette réforme sera son financement. La mise en œuvre concrète des mesures, notamment la création des juridictions spécialisées et des centres d’accueil départementaux, nécessite des ressources considérables. Le coût global de la réforme est ainsi évalué à trois milliards d’euros par an sur la période s’étendant de 2027 à 2032, un investissement budgétaire majeur qui fera l’objet de discussions serrées lors des prochains débats sur les finances publiques.

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Écrit par
Nadia Belkacem

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