- Le syndicat des professeurs d’université d’Iran menace de boycotter la rentrée du 23 septembre 2026 en l’absence de revalorisation salariale.
- Le président Massoud Pezeshkian a reconnu une baisse de 35 % du commerce extérieur de l’Iran en raison du blocus naval américain décrété le 13 avril 2026.
- Selon l’organisation Iran Human Rights, au moins 54 personnes ont été exécutées pour des motifs politiques au cours des huit derniers mois.
Contestation sociale et menaces de grève universitaire à Téhéran

Les mouvements de protestation se multiplient à travers l’Iran, touchant l’ensemble des secteurs professionnels face à une détérioration brutale du niveau de vie. Le 9 septembre 2026, le syndicat des professeurs d’université a franchi un cap en adressant une lettre ouverte au pouvoir exécutif : les enseignants annoncent qu’ils ne se présenteront pas en cours lors de la rentrée universitaire prévue le 23 septembre si leurs revendications financières restent ignorées. Cette menace d’interruption des cours s’ajoute aux sit-in organisés par des infirmiers à Kermanshah et Neyshabur, ainsi qu’à des rassemblements répétés de retraités et d’enseignants du secondaire. Partout dans le pays, les travailleurs dénoncent le non-versement des salaires et des pensions pendant plusieurs mois consécutifs, combiné à un chômage en nette progression. Ces actions collectives visent à dénoncer l’incapacité de l’État à enrayer la hausse vertigineuse du coût de la vie au quotidien.
Un effondrement économique accentué par le blocus naval américain
La crise économique iranienne, fragilisée par des décennies de gestion étatique déficiente et de sanctions internationales, s’est considérablement détériorée depuis le début du conflit armé engagé le 28 février 2026. L’asphyxie financière s’est brusquement accentuée après l’instauration, le 13 avril 2026, d’un blocus naval conduit par l’administration américaine dans le golfe Persique. Selon les déclarations faites le 29 août par le président iranien Massoud Pezeshkian, ce verrouillage maritime a privé le pays de 35 % de ses importations et exportations. En entravant l’exportation du pétrole brut, principale source de revenus de l’État, ces restrictions ont entraîné une pénurie de devises et une instabilité monétaire extrême. Les chefs d’entreprise font état d’une variation constante des prix des marchandises et équipements, poussant de nombreuses petites structures à licencier leur personnel ou à suspendre leurs investissements.
Une répression étatique sévère face à la persistance du mécontentement
Afin d’enrayer cette poussée de contestation, le pouvoir central applique une politique judiciaire et sécuritaire particulièrement fermatique à l’encontre des manifestants. Les autorités mènent régulièrement des vagues d’arrestations visant des journalistes, des artistes, des militants sociaux et des sportifs ayant exprimé des critiques publiques ou enfreint les règles relatives à la loi islamique sur les réseaux sociaux. D’après l’organisation non gouvernementale Iran Human Rights, basée en Norvège, au moins 54 personnes ont été exécutées pour des motifs politiques au cours des huit derniers mois. Parmi ces condamnés figuraient notamment 31 personnes arrêtées lors des manifestations de masse du mois de janvier. Malgré ces peines de mort hebdomadaires et l’intervention des forces de sécurité sur les lieux de rassemblement, le mécontentement populaire demeure vif dans les principales villes du pays.