- Emmanuel Macron exige une « totale mobilisation » pour sécuriser les approvisionnements de carburant et contenir l’envolée des prix.
- Les tarifs dépassent 2,11 euros pour le SP95-E10 et 2,29 euros pour le gazole, provoquant des difficultés dans 10 % des stations.
- Face aux tensions géopolitiques mondiales et à la menace d’une mobilisation sociale le 17 octobre, le gouvernement étudie de nouveaux dispositifs.
Une injonction présidentielle face à la crise des carburants

À l’issue du Conseil des ministres tenu ce mercredi 16 septembre, le président de la République a donné des consignes fermes à son équipe gouvernementale. Emmanuel Macron a réclamé une mobilisation totale de l’exécutif pour garantir l’approvisionnement et maîtriser les tarifs à la pompe. Portée publiquement par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, cette directive vise à parer au risque d’asséchement des réseaux de distribution et à la flambée tarifaire qui frappe de plein fouet les automobilistes français. L’action gouvernementale entend se concentrer sur la sécurisation des volumes importés depuis d’autres pays producteurs dans les prochains jours. Parallèlement, Paris souhaite solliciter une plus grande flexibilité des règles européennes régissant le fonctionnement des raffineries, dans l’espoir de détendre les coûts de production et d’endiguer la spirale haussière.
Des prix record et des tensions logistiques ciblées
Cette intervention politique survient alors que les indicateurs économiques virant au rouge ravivent les inquiétudes sur le pouvoir d’achat des ménages. Le litrage de gazole s’affiche à 2,29 euros en moyenne, un niveau historique alimenté par les tensions géopolitiques internationales. Le sans-plomb 95-E10 a lui aussi franchi un seuil symbolique majeur en s’établissant à 2,11 euros le litre, atteignant des sommets inédits depuis plus de quatre décennies. Sur le terrain, environ 10 % des stations-services du territoire rencontrent des difficultés de réapprovisionnement sur au moins un type de carburant, une situation qui touche en grande majorité les établissements du réseau TotalEnergies. Selon les analyses économiques, cette dégradation résulte de blocages majeurs sur la chaîne pétrolière mondiale : pressions sur l’appareil de raffinage russe, menaces pesant sur le détroit d’Ormuz et attaques des milices houthis en mer Rouge ayant paralysé les alternatives logistiques saoudiennes. L’enseignant Patrice Geoffron souligne ainsi la possibilité de voir les prix grimper jusqu’à 2,50 euros le litre si ces goulets d’étranglement persistent.
Menace de gronde sociale et hypothèse de nouvelles mesures
Face à cette détérioration rapide de la situation tarifaire, le pouvoir politique craint une onde de choc sociale similaire aux mouvements de contestation populaires passés. L’exécutif n’exclut pas de nouveaux dispositifs d’aide alors que des appels à manifester émergent pour le 17 octobre. Sur les réseaux sociaux, la colère grandit et les appels au rassemblement se multiplient contre la hausse continue du coût de la vie. Interrogée sur l’éventualité de nouvelles aides publiques ou de mécanismes de soutien financier d’urgence pour les usagers de la route, la porte-parole du gouvernement a affirmé qu’aucune option n’était fermée d’emblée, tout en s’abstenant de communiquer un calendrier précis. Alors que la souveraineté énergétique de la France et la dépendance aux marchés extérieurs se trouvent une nouvelle fois mises à l’épreuve, la gestion de cette crise de l’énergie s’impose comme un test majeur pour la stabilité sociale et économique du pays.