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jeudi 17 septembre 2026
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Carburants : une écrasante majorité de Français réclame une baisse des taxes

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Carburants : une écrasante majorité de Français réclame une baisse des taxes
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L’essentiel
  • Selon une étude de l’institut CSA, 87% des Français se déclarent favorables à un allègement des taxes sur les carburants.
  • La mesure rassemble 96% des sympathisants du Rassemblement national, parti qui préconise l’abaissement de la TVA de 20% à 5,5%.
  • Face à un litre de Sans-Plomb 95 atteignant 2,15 euros, le ministre de l’Économie Roland Lescure maintient son refus d’intervenir sur la fiscalité.

Un ras-le-bol fiscal massif face au sommet des prix à la pompe

Carburants : une écrasante majorité de Français réclame une baisse des taxes

La pression sur le budget des ménages français franchit un nouveau seuil critique. Alors que les tarifs des carburants s’envolent sur l’ensemble du territoire, atteignant des sommets historiques avec un litre de Sans-Plomb 95 affiché à 2,15 euros, l’exaspération populaire s’exprime désormais de manière quasi unanime. Selon une étude réalisée par l’institut CSA les 15 et 16 septembre auprès de 1 010 personnes, pas moins de 87% des Français estiment qu’il est devenu indispensable de baisser les taxes prélevées par l’État sur l’essence et le gazole.

Cette prise de position massive traduit une urgence sociale réelle dans un pays où la mobilité automobile reste une nécessité absolue pour une immense majorité de travailleurs. Alors que les taxes représentent plus de la moitié du prix payé au litre, l’exaspération des automobilistes face au niveau de la pression fiscale atteint un seuil historique. Ce niveau de rejet de la fiscalité pétrolière illustre le fossé croissant entre les réalités du quotidien des citoyens et les choix budgétaires arrêtés par le gouvernement.

Un consensus qui traverse les générations et les classes sociales

L’analyse détaillée des résultats montre que l’exigence d’un soulagement fiscal ne relève plus d’une simple revendication catégorielle, mais traverse l’ensemble de la société française. Si les femmes se montrent particulièrement favorables à une diminution des prélèvements (89%), les hommes soutiennent également l’initiative à une très forte majorité (83%). L’aspiration à un retour à des prix supportables concerne toutes les tranches d’âge, même si l’ardeur varie légèrement : 79% des sondés de 65 ans et plus approuvent la mesure, tandis que la jeunesse exprime un ras-le-bol catégorique. Les 18-24 ans plébiscitent en effet cette baisse à hauteur de 95%.

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Sur le plan socioprofessionnel, le constat est tout aussi frappant. Les catégories socioprofessionnelles défavorisées (CSP-) se prononcent à 89% en faveur d’un geste fiscal, suivies de près par les inactifs (87%). Même au sein des catégories supérieures (CSP+), le soutien demeure massif avec 84% de réponses affirmatives. Les jeunes et les catégories populaires apparaissent comme les plus durement touchés par la hausse des prix au quotidien, n’ayant souvent d’autre alternative que l’usage de leur véhicule personnel pour se rendre sur leur lieu de travail ou étudier.

La droite nationale en phase avec l’opinion, la majorité présidentielle isolée

Sur le plan politique, la fracture apparaît nettement entre la base électorale du pays et les soutiens de l’exécutif. Les sympathisants du Rassemblement national sont les plus catégoriques : 96% d’entre eux réclament une baisse de la fiscalité. Cette position valide la stratégie et les propositions portées par la droite nationale, qui défend depuis plusieurs mois le passage de la TVA sur les énergies et les carburants de 20% à 5,5%, mesure d’urgence perçue comme un levier direct de restitution de pouvoir d’achat.

À droite, les proches des Républicains soutiennent également cette orientation à 81%. De son côté, la gauche réclame majoritairement un geste (86%), avec une pointe à 95% chez les partisans de La France insoumise, davantage favorables à un blocage des prix prôné par des figures comme Manuel Bompard. À l’inverse, les sympathisants de la majorité présidentielle (Renaissance) se montrent beaucoup plus réservés, n’étant que 59% à soutenir une réduction fiscale. Les sympathisants de la droite nationale plébiscitent massivement la baisse des taxes pour soutenir le pouvoir d’achat, isolant un pouvoir macroniste à la traîne des attentes populaires.

L’exécutif inflexible malgré le risque d’étranglement économique

Malgré la dégradation de la situation à la pompe et les menaces de ruptures d’approvisionnement, le ministère de l’Économie et des Finances refuse catégoriquement d’infléchir sa politique. Le ministre Roland Lescure a une nouvelle fois fermé la porte à toute modulation des taxes, arguant de l’état dégradé des finances publiques et du coût d’un tel dispositif pour le budget national. Du côté de l’Élysée, Emmanuel Macron s’est contenté de demander à son gouvernement une « totale mobilisation » sur le suivi de l’approvisionnement et la maîtrise des prix, sans toutefois envisager le moindre abandon de recettes fiscales.

Cette fermeté gouvernementale suscite de vives réactions dans l’opposition souverainiste et conservatrice. Plusieurs responsables politiques mettent en garde contre les conséquences dramatiques de cette passivité sur le tissu économique. Nicolas Dupont-Aignan a dénoncé une situation intolérable pour les ménages, plaidant pour une baisse transitoire des taxes afin d’éviter l’asphyxie des familles et la détérioration de la compétitivité française. Une position partagée par François-Xavier Bellamy pour Les Républicains, qui exige la suppression pure et simple de certaines taxes, tandis que Ségolène Royal a suggéré que le Parlement impose cette baisse au gouvernement. Le refus catégorique de Bercy d’alléger la fiscalité pétrolière soulève l’incompréhension face à la dégradation de la compétitivité, laissant le sentiment d’un pouvoir déconnecté des réalités économiques subies par les Français.

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Écrit par
Julien Marchand

Écrit sur la France : territoires, services publics, environnement et vie quotidienne des Français.

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