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mercredi 16 septembre 2026
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Rachida Dati sera jugée sans Carlos Ghosn dans l’affaire Renault

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Rachida Dati sera jugée sans Carlos Ghosn dans l’affaire Renault
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L’essentiel
  • Le tribunal correctionnel de Paris a validé le maintien du procès de Rachida Dati malgré l’absence de son co-prévenu.
  • La défense de Carlos Ghosn dénonçait une irrégularité procédurale concernant le délai de réception de sa citation à comparaître.
  • Le Parquet national financier (PNF) a reconnu une bévue administrative tout en plaidant pour la poursuite des débats judiciaires.

Une ouverture d’audience sous haute tension procédurale

Rachida Dati sera jugée sans Carlos Ghosn dans l’affaire Renault

Le Palais de Justice de Paris est redevenu, ce mercredi 16 septembre 2026, le théâtre d’une affaire mêlant haute politique et intérêts industriels majeurs. Rachida Dati, figure emblématique de la droite nationale et actuelle ministre de la Culture, s’est présentée devant la 32e chambre du tribunal correctionnel. L’enjeu de cette première journée reposait sur une question de forme susceptible de paralyser l’ensemble de la procédure judiciaire engagée contre elle et l’ancien magnat de l’automobile, Carlos Ghosn. Tandis que la ministre affrontait les flashs des photographes, le grand absent, Carlos Ghosn, faisait planer son ombre depuis Beyrouth. Ses conseils ont immédiatement soulevé une exception de nullité, arguant que les droits de la défense avaient été bafoués par une gestion administrative défaillante de la part des autorités françaises.

La faille administrative au cœur des débats

Au centre de la contestation se trouve une règle précise du Code de procédure pénale concernant les prévenus résidant à l’étranger. Pour qu’une citation à comparaître soit valide, elle doit être signifiée au destinataire dans un délai strict de deux mois et dix jours avant la date de l’audience. Or, dans le cas de l’ancien patron de l’Alliance Renault-Nissan, ce document indispensable est arrivé avec une semaine de retard. Cette bévue judiciaro-administrative a failli provoquer le renvoi intégral du procès, une éventualité qui aurait repoussé de plusieurs mois, voire d’une année, l’examen du fond de l’affaire. Les avocats de Carlos Ghosn ont soutenu que leur client, bien que réfugié au Liban après son évasion spectaculaire du Japon, n’avait pas pu préparer sa défense sereinement sans avoir eu accès à la procédure dans les temps impartis par la loi française. La présence de son avocat libanais dans la salle, en simple observateur, n’a pas suffi à apaiser les critiques sur la rigueur du processus.

Le mea culpa du Parquet national financier

Face à l’évidence de l’erreur, le Parquet national financier (PNF) n’a eu d’autre choix que de reconnaître un dysfonctionnement de ses services. La « machine à convoquer », comme elle a été surnommée dans les couloirs du tribunal, a subi un raté technique regrettable. Le représentant du ministère public a toutefois plaidé pour que le tribunal passe outre cette irrégularité, estimant qu’elle ne portait pas un préjudice irrémédiable à la tenue des débats pour les autres parties. Pour l’accusation, il est impératif que la justice puisse suivre son cours, d’autant que l’instruction dure depuis plusieurs années. Le PNF cherche à démontrer que les honoraires versés à Rachida Dati par une filiale néerlandaise de Renault-Nissan (RNBV) entre 2010 et 2012 étaient dépourvus de contrepartie réelle, une thèse que la défense de la ministre rejette avec la plus grande fermeté, invoquant un travail de conseil juridique bien réel en sa qualité d’avocate à l’époque.

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Un procès disjoint pour une situation exceptionnelle

Après délibération, le tribunal a tranché : le procès se poursuivra pour Rachida Dati, tandis que le cas de Carlos Ghosn est de fait mis entre parenthèses pour cette session. Cette décision de passer outre l’irrégularité permet à l’institution judiciaire de ne pas perdre la face devant une stratégie de défense jugée dilatoire par certains observateurs. Pour Rachida Dati, cette issue est à double tranchant. Si elle évite un report qui aurait prolongé l’incertitude politique autour de sa fonction ministérielle, elle se retrouve seule à la barre pour justifier des prestations facturées à hauteur de 900 000 euros. L’absence de Carlos Ghosn, commanditaire présumé de ces missions, prive le tribunal d’un témoignage clé, mais renforce la dimension souveraine de la justice française qui refuse de se laisser dicter son agenda par les péripéties internationales d’un fugitif.

Les enjeux de souveraineté et d’intégrité publique

Au-delà de la simple chronique judiciaire, cette affaire interroge la capacité de l’État à juger ses élites avec la même rigueur que n’importe quel citoyen. Dans un contexte où la probité des responsables publics est scrutée avec une exigence croissante par les Français, le maintien de ce procès est un signal fort envoyé par la magistrature. Le dossier Renault-Nissan n’est pas seulement une affaire de corruption présumée · il s’agit d’un symbole des dérives possibles au sein des grands groupes industriels où l’État est actionnaire. La Revue suivra avec attention les prochains jours d’audience, où les détails des contrats et la réalité des services rendus seront disséqués, loin des artifices de procédure qui ont marqué cette première journée mouvementée au tribunal de Paris.

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Écrit par
Julien Marchand

Écrit sur la France : territoires, services publics, environnement et vie quotidienne des Français.

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