- La chanteuse Catherine Ringer est décédée le 14 septembre 2026 à l’âge de 68 ans des suites d’un cancer foudroyant.
- Cofondatrice du groupe mythique Les Rita Mitsouko avec Fred Chichin, elle a marqué quatre décennies de musique populaire avec des succès comme « Marcia Baïla ».
- Figure irrévérencieuse et iconoclaste du paysage culturel français, elle laisse le souvenir d’une voix libre et d’une personnalité affranchie des conventions.
Une grande figure de la scène musicale française s’éteint

Une grande voix du patrimoine musical national s’est éteinte. Catherine Ringer est décédée dans la nuit du 14 septembre 2026 à l’âge de 68 ans, emportée par un cancer foudroyant. Cofondatrice du groupe emblématique Les Rita Mitsouko, la chanteuse aura marqué plus de quatre décennies de paysage sonore français, imposant un style inimitable, une présence scénique physique et un tempérament d’une liberté absolue. Avec sa disparition, c’est un chapitre majeur du rock et de la chanson populaire tricolore qui se referme, laissant le souvenir d’une artiste singulière qui préférait l’authenticité et le décalage aux artifices de la notoriété.
L’épopée des Rita Mitsouko avec Fred Chichin
L’histoire artistique de Catherine Ringer demeure indissociable de sa rencontre décisive avec le musicien Fred Chichin en 1979. Ensemble, ils créent au début des années 1980 Les Rita Mitsouko, formation originale au sein du paysage musical français. Le duo fondé au début des années 1980 s’est imposé comme une référence du rock tricolore, mariant les sonorités synthétiques, la pop, le théâtre et la performance scénique. Le succès fulgurant du titre « Marcia Baïla » en 1984, hommage à la danseuse argentine Marcia Moretto, installe définitivement le groupe dans l’esprit du grand public. D’autres succès populaires ont suivi, tels que « Andy », « C’est comme ça » ou « Les histoires d’amour finissent mal ». En 2007, le drame frappe la formation avec la disparition brutale de Fred Chichin, emporté à l’âge de 53 ans par une maladie foudroyante. Malgré cette perte immense, Catherine Ringer avait fait le choix de poursuivre la scène et de continuer à faire vivre ce répertoire commun auprès de plusieurs générations d’auditeurs.
Un parcours d’indépendance et de provocation
Née le 18 octobre 1957 en région parisienne, fille du peintre Sam Ringer, ancien déporté, et d’une mère architecte, l’artiste avait très tôt choisi la voie de l’émancipation en quittant l’institution scolaire dès l’âge de 15 ans. Tout au long de son existence, Catherine Ringer aura marqué les esprits par sa liberté de ton et son refus constant des conventions. Elle n’a jamais cherché à masquer les expériences marginales de sa jeunesse, assumant ses choix avec une franchise remarquable. Son face-à-face mémorable en 1986 avec Serge Gainsbourg sur un plateau de télévision, où elle avait défendu sa dignité face aux invectives du chanteur, est resté dans la mémoire médiatique comme le témoignage d’un caractère inflexible face aux représentations convenues.
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Collaborations, poésie et prises de position publiques
Au-delà de l’aventure des Rita Mitsouko, Catherine Ringer a multiplié les passerelles artistiques, collaborant avec des figures variées de la chanson française telles que Marc Lavoine avec « Qu’est-ce que t’es belle », Bernard Lavilliers sur « Idées noires », ou encore Angélique Kidjo et Christine and the Queens. Ces dernières années, la chanteuse s’était également tournée vers des projets littéraires sur scène, explorant la déclamation poétique à travers les textes d’Alice Mendelson dans le spectacle « L’érotisme de vivre ». L’artiste n’a jamais hésité à porter ses convictions morales et féministes jusqu’au cœur des cérémonies officielles, notamment en 2024 lors de la célébration de l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution, où sa réinterprétation de La Marseillaise et son comportement distancié envers le président de la République avaient suscité de vives réactions. Saluée par le chef de l’État Emmanuel Macron comme une figure « inclassable, irrévérencieuse, profondément française », elle laisse une empreinte vivante dans le répertoire musical national.