- Le président libanais Joseph Aoun réclame une force internationale transitoire pour éviter un vide sécuritaire face à Israël et au Hezbollah.
- Les rebelles yéménites houthistes accentuent la pression sur l’Arabie saoudite en ciblant la région de La Mecque et en abattant un chasseur saoudien.
- En Israël, les déclarations électorales du ministre de la Défense Israël Katz illustrent les divisions sur la stratégie à mener dans la bande de Gaza.
- Pékin, par la voix de Wang Yi, réaffirme son alliance stratégique avec Téhéran face aux pressions occidentales.
Le Liban face au défi de sa souveraineté et au désarmement du Hezbollah

Le Liban traverse une crise existentielle majeure où la question de sa souveraineté nationale est au cœur de tous les débats. Devant la fin imminente du mandat des casques bleus de l’ONU en décembre, le président Joseph Aoun tente d’anticiper un effondrement sécuritaire. En marge d’une visite officielle à Paris, le chef de l’État libanais a plaidé pour le déploiement d’une force d’interposition alternative, potentiellement européenne. La France, partenaire historique de Beyrouth, est ainsi sollicitée pour jouer les intermédiaires dans cette transition délicate. Cette initiative vise à combler un vide temporaire avant que l’armée régulière libanaise ne soit pleinement opérationnelle pour contrôler le Sud du pays, actuellement sous le feu des tensions avec l’État hébreu. Plus encore, Joseph Aoun affiche une volonté de réalisme politique en proposant la négociation d’un accord de sécurité avec Tel-Aviv, qu’il considère comme le préalable indispensable à une paix durable et au retrait des forces israéliennes. Ce projet se heurte toutefois à l’immense défi du désarmement du Hezbollah, la milice chiite pro-iranienne qui opère comme un véritable État dans l’État. Le président libanais espère mener à bien ce processus sans confrontation, une posture délicate qui témoigne de l’étroite marge de manœuvre de l’appareil d’État libanais. Pour le président libanais Joseph Aoun, la restauration de l’autorité étatique passe par un accord de sécurité avec Israël et le désarmement pacifique du Hezbollah.
La surenchère militaire des houthistes et la menace sur les lieux saints
Dans la péninsule arabique, l’instabilité grandit sous l’impulsion des rebelles houthistes du Yémen, soutenus par Téhéran. Ces derniers ont franchi un nouveau palier en revendiquant la destruction d’un avion de chasse F-15 saoudien au-dessus de la province de Marib, abattu à l’aide d’un système de défense sol-air de fabrication locale. Cette perte matérielle majeure pour Riyad confirme la sophistication croissante de l’arsenal des insurgés yéménites. Cette démonstration de force militaire s’accompagne d’une menace directe sur la stabilité de l’Arabie saoudite. L’interception d’un drone à proximité de l’espace aérien de La Mecque a suscité une vague d’indignation internationale. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a vivement condamné ce qu’il qualifie d’attaque lâche et odieuse contre la ville sainte de l’islam, un sentiment partagé par l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Bien que les houthistes nient être à l’origine de cette incursion, l’inquiétude est palpable à Washington. L’ambassade des États-Unis à Riyad a formellement déconseillé à ses ressortissants de se rendre dans le royaume wahhabite, pointant du doigt la menace constante des vecteurs aériens iraniens et le risque terroriste accru aux frontières yéménites. L’intensification des attaques houthistes contre les intérêts saoudiens illustre la fragilité sécuritaire de la péninsule arabique face aux réseaux d’influence iraniens.
Le réalisme politique de Pékin face à l’axe Téhéran-Washington
Sur le plan diplomatique global, l’alignement des puissances révisionnistes se précise face à l’ordre occidental. À Pékin, le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, a reçu son homologue iranien pour réaffirmer la solidité du partenariat stratégique global unissant les deux nations. Dans un contexte de fortes pressions occidentales et de sanctions économiques, la Chine se pose en protectrice des intérêts légitimes de Téhéran. Téhéran trouve ainsi en Pékin un soutien de poids pour rompre son isolement international. Tout en appelant la République islamique et les États-Unis à faire preuve de rationalité, Pékin utilise ce canal diplomatique pour contester le monopole de l’influence américaine dans la région. Pour les partisans d’une diplomatie souverainiste et multipolaire, cette alliance illustre la limite des politiques de coercition unilatérale menées par l’Occident. La Chine consolide ainsi ses approvisionnements énergétiques tout en s’affirmant comme un acteur géopolitique incontournable au Moyen-Orient, capable de faire contrepoids aux initiatives de Washington. En s’affichant aux côtés de Téhéran, la diplomatie chinoise consolide un axe alternatif face à l’influence américaine au Proche-Orient.
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Gaza : affrontement politique et militaire au cœur du pouvoir israélien
En Israël, la conduite de la guerre à Gaza exacerbe les rivalités politiques internes à l’approche des élections législatives de fin octobre. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a réaffirmé sa volonté de terminer le travail afin de vider l’enclave palestinienne de ses deux millions d’habitants. Cette rhétorique offensive répondait directement aux critiques d’Ofer Winter, figure montante de la droite souverainiste, qui reprochait au gouvernement son manque d’efficacité militaire après l’annonce de l’élimination d’un cadre du Hamas à Rafah. Winter s’interrogeait sur la persistance de brigades islamistes après trois années de guerre intense impliquant cinq divisions de l’armée israélienne. Ce débat sécuritaire souligne la complexité de l’objectif de destruction totale du mouvement islamiste. Pour se défendre, Katz a rappelé que l’offensive avait déjà conduit à l’évacuation forcée de Rafah et de 70 % du territoire de Gaza. Sur le terrain, la tragédie humanitaire se poursuit : l’effondrement d’un immeuble de six étages fragilisé par les frappes dans la ville de Gaza a fait au moins douze morts, dont cinq enfants, et plus de cent disparus, selon la défense civile locale contrôlée par le Hamas. Les tensions entre Israël Katz et ses rivaux politiques révèlent l’impatience de l’opinion publique israélienne quant à l’issue de l’offensive à Gaza.