La Revue Actualité · France & Monde
lundi 14 septembre 2026
Accueil France Appels à la remobilisation du 17 octobre : les anciennes figures des Gilets jaunes divisées et prudentes
France

Appels à la remobilisation du 17 octobre : les anciennes figures des Gilets jaunes divisées et prudentes

Partager
Appels à la remobilisation du 17 octobre : les anciennes figures des Gilets jaunes divisées et prudentes
Partager
L’essentiel
  • Des appels à manifester le 17 octobre circulent sur les réseaux sociaux, motivés par la hausse des carburants et du coût de la vie.
  • La gauche radicale et communiste, par la voix de Fabien Roussel et Manuel Bompard, apporte un soutien rapide à ces initiatives.
  • D’anciennes figures du mouvement, telles que Thierry-Paul Valette et Priscillia Ludosky, mettent en garde contre les risques de violence et la complexité logistique.

Un air de déjà-vu face à la flambée des carburants

Appels à la remobilisation du 17 octobre : les anciennes figures des Gilets jaunes divisées et prudentes

Alors que les Français subissent de plein fouet la hausse continue des prix de l’énergie et des carburants, un climat d’insatisfaction grandit de nouveau à travers le pays. Ces tensions économiques, qui pèsent lourdement sur les ménages des zones rurales et périurbaines tributaires de leur véhicule individuel, ravivent le souvenir des grands rassemblements populaires de la fin de l’année 2018. Depuis plusieurs jours, des messages incitant à une journée de mobilisation nationale le 17 octobre circulent activement sur les réseaux sociaux, s’ajoutant aux manifestations programmées par l’intersyndicale pour le 29 septembre. La dégradation continue du pouvoir d’achat réactive les tensions sociales similaires à celles qui avaient embrasé la France il y a huit ans. Cette sourde colère face à l’alourdissement du coût de la vie quotidienne remet en lumière l’écart grandissant entre les impératifs budgétaires des foyers modestes et les politiques gouvernementales.

La récupération politique par la gauche radicale

Face à ces signaux de mécontentement, une partie de la classe politique cherche immédiatement à préempter la dynamique. Les états-majors de gauche n’ont pas tardé à relayer ces appels informels nés sur Internet. Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a publiquement exhorté à descendre dans la rue, invitant à occuper de nouveau les ronds-points, les préfectures ainsi que les ministères. De son côté, Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a confirmé que sa formation soutiendrait l’initiative du 17 octobre si elle venait à se confirmer, après avoir déjà appuyé la journée syndicale du 29 septembre. Face au malaise des classes populaires, la gauche tente de canaliser la contestation à des fins politiques. Cette promptitude à encourager la rue suscite toutefois des réserves, alors que le souvenir des débordements passés reste gravé dans les mémoires.

Les mises en garde alarmistes des figures de 2018

Cet enthousiasme partisan tranche radicalement avec la grande prudence exprimée par les anciennes figures de la contestation de 2018. Thierry-Paul Valette, autrefois très impliqué avant de s’orienter vers l’engagement politique, s’est opposé fermement à une telle perspective. Il alerte sur l’évolution du climat social, estimant que la société française s’est radicalisée et redoutant des conséquences tragiques en cas de nouveau soulèvement. Pour plusieurs acteurs de la première heure, la montée de la colère fait courir le risque d’affrontements d’une grande violence. Un scepticisme partagé par Jérôme Rodrigues, figure emblématique gravement blessée à l’œil lors d’un rassemblement passé. Estimant l’hypothèse d’un retour massif peu probable au vu de ses échanges quotidiens, ce dernier insiste sur les risques physiques auxquels s’exposeraient d’éventuels manifestants.

À lire aussi Carburants : des appels à la mobilisation face à la hausse des prix à la pompe

La réalité du terrain contre l’improvisation numérique

Cette retenue est également partagée par Priscillia Ludosky, dont la pétition contre les taxes sur les carburants rédigée en mai 2018 avait recueilli un million de signatures et servi de détonateur au mouvement initial. Tout en concédant qu’elle manifesterait si la colère venait à prendre une ampleur incontournable, elle insiste sur la complexité organisationnelle d’un tel événement. Elle rappelle que de nombreux citoyens portent encore les séquelles physiques des événements de 2018 et souligne l’illusion consistant à croire qu’un mouvement d’ampleur peut naître d’un simple clic. L’organisation d’une contestation nationale exige une logistique rigoureuse que de simples appels virtuels ne sauraient improviser. Tandis que d’autres personnalités comme Ingrid Levavasseur, Maxime Nicolle ou Éric Drouet observent pour l’instant le silence, le débat met en évidence le décalage entre les réalités du terrain et les slogans politiques.

Partager
Écrit par
Julien Marchand

Écrit sur la France : territoires, services publics, environnement et vie quotidienne des Français.

La Revue est le média numéro 1 de l'actualité en France et dans le monde : politique, économie, société, international, sciences et techniques, sport, culture et art de vivre. Un fil d'information tenu tout au long de la journée, et des articles qui replacent chaque fait dans son contexte, avec une exigence : dire ce qui s'est passé, et rien d'autre. Retrouvez toute l'actualité sur le web et dans notre application.

CONTACTEZ LE GROUPE LA REVUE

Pour nous contacter, vous pouvez nous envoyer un mail directement à cette adresse : larevuegroupe@gmail.com.

Copyright 2026-2027 LA REVUE. Tous droits réservés.