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jeudi 17 septembre 2026
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Hausses des carburants : les pêcheurs bloquent le port de Nice

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Hausses des carburants : les pêcheurs bloquent le port de Nice
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L’essentiel
  • Une opération coup de poing a paralysé le port de Nice ce jeudi, bloquant l’accès maritime et contraignant un navire de la Corsica Ferries à se dérouter vers l’Italie.
  • Les professionnels de la mer dénoncent l’explosion des taxes sur les carburants ainsi qu’une bureaucratie européenne et nationale jugée asphyxiante.
  • Le mouvement, d’ampleur nationale, touche également l’Hérault où des dépôts pétroliers sont bloqués à Frontignan et le port de Sète est paralysé.
  • Face à cette grogne à l’approche de la présidentielle, le gouvernement par la voix de Sébastien Lecornu tente de temporiser en prolongeant des aides ciblées.

Une démonstration de force sur le littoral azuréen

Ce jeudi matin, dès les premières lueurs de l’aube, le port de Nice s’est retrouvé totalement paralysé par une action coup de poing menée par les marins-pêcheurs locaux. Par cette initiative hautement symbolique, les professionnels de la mer ont bloqué tout accès maritime, figeant l’activité de l’un des poumons économiques de la Côte d’Azur. Ce blocage maritime d’envergure illustre de manière spectaculaire la détresse d’une profession historique confrontée à la hausse vertigineuse du coût des énergies. Les conséquences opérationnelles ne se sont pas fait attendre : un ferry de la compagnie Corsica Ferries, qui devait assurer sa liaison régulière vers Nice, a été contraint de dérouter sa course vers le port de Savone, en Italie, laissant ses passagers dans l’incertitude. De même, plusieurs yachts de plaisance, symboles du dynamisme de la Riviera, sont restés bloqués à quai, suspendus à la levée du barrage des manifestants.

La double peine : asphyxie fiscale et dérive technocratique

Derrière cette colère qui éclate au grand jour se cache un malaise profond, nourri par des années d’empilement réglementaire et de pressions fiscales. Jean-Marc Magliona, figure de la pêche locale exerçant à Beaulieu-sur-Mer depuis plus de quarante ans, témoigne de cette asphyxie quotidienne qui menace la survie même de son métier. Pour ces travailleurs indépendants, la flambée du prix du gazole constitue un gouffre financier insurmontable, aggravé par une fiscalité nationale implacable. Au-delà de la seule question financière, c’est l’avalanche de normes tatillonnes et de contrôles intrusifs qui suscite une profonde exaspération chez les marins. L’installation prochaine des dispositifs de surveillance électronique « VMS », qualifiés de véritables mouchards par la profession pour fliquer les temps de sortie en mer, symbolise cette dérive technocratique. Les artisans déplorent de devoir passer désormais plus de temps à remplir des formulaires administratifs qu’à exercer leur métier traditionnel au large.

Une fronde nationale des gens de mer de Nice à la lagune de Thau

Loin d’être un incident isolé, l’action niçoise s’inscrit dans un mouvement de contestation d’ampleur nationale qui gagne tout le littoral méditerranéen français. Plus à l’ouest, dans le département de l’Hérault, les pêcheurs ont également durci le ton en ciblant des infrastructures stratégiques. À Frontignan, entre 150 et 200 manifestants ont investi les accès d’un important dépôt pétrolier dès trois heures du matin, érigeant des barrages et brûlant des palettes pour empêcher les camions-citernes de ravitailler la région. En parallèle, une trentaine de chalutiers ont complètement verrouillé le port de Sète. Cette coordination nationale démontre la détermination des professionnels à faire plier l’exécutif avant que leur outil de travail ne soit définitivement anéanti. Une délégation menée par Ange Natoli s’est d’ailleurs rendue à Paris pour porter les revendications du secteur directement auprès de la ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, dans l’espoir d’obtenir des mesures structurelles d’urgence.

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L’exécutif mise sur des pansements financiers à la veille des élections

Conscient des risques de contagion sociale que comporte cette crise énergétique à seulement quelques mois de l’élection présidentielle, le gouvernement tente de désamorcer la fronde par des concessions temporaires. Le ministre, Sébastien Lecornu, a ainsi proposé de prolonger jusqu’au 31 décembre les dispositifs d’aides ciblées sur les carburants professionnels. Cependant, cette politique du chèque à court terme peine à convaincre des marins-pêcheurs échaudés par la répétition des crises. Pour les acteurs de la filière, ces subventions provisoires ne constituent qu’un palliatif insuffisant face à des hausses de coûts qui s’installent dans la durée. Ils réclament des réformes de fond sur la fiscalité énergétique et une refonte des mécanismes de fixation des prix du carburant professionnel, refusant de dépendre indéfiniment de la charité de l’État pour maintenir leur activité à flot.

Un large front politique en soutien à la souveraineté maritime

Sur le terrain, la détresse des pêcheurs suscite une rare unanimité politique locale, transcendant les clivages habituels au nom de la défense de l’emploi et de l’identité territoriale. Éric Ciotti s’est rendu sur place, au port de Nice, pour afficher sans réserve sa solidarité avec les manifestants. Dénonçant l’accumulation déraisonnable des normes et des prélèvements obligatoires qui étouffent l’économie locale, le responsable politique a fustigé des politiques publiques déconnectées des réalités du travail manuel. Cette alliance de circonstances met en lumière le rejet partagé d’un modèle technocratique qui sacrifie nos filières traditionnelles sur l’autel de la surréglementation. Même au sein de la gauche locale, le secrétaire départemental du PCF, Julien Picot, a apporté son appui au mouvement, réclamant des mesures de blocage des prix et une lutte contre la spéculation pour garantir la survie d’une pêche artisanale respectueuse des terroirs et indispensable à notre souveraineté alimentaire.

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Écrit par
Nadia Belkacem

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