- Le géant énergétique TotalEnergies a répondu directement à une charge de Jean-Luc Mélenchon sur le réseau social X.
- L’entreprise dirigée par Patrick Pouyanné confirme qu’elle paiera l’impôt sur les sociétés en France en 2026.
- Le groupe pétrolier rappelle que ses raffineries françaises ont été déficitaires durant six des dix dernières années.
- TotalEnergies défend sa stratégie de souveraineté industrielle et son dispositif unique de plafonnement des prix à la pompe.
Une mise au point inédite face aux accusations de la gauche

Dans le débat politique français, les grandes entreprises nationales ont longtemps préféré garder le silence face aux invectives des responsables politiques, privilégiant la discrétion à la confrontation directe. Cette époque de réserve semble désormais révolue, comme en témoigne la réplique cinglante adressée cette semaine par la direction de TotalEnergies à Jean-Luc Mélenchon sur le réseau social X. Régulièrement pris pour cible par les figures de La France insoumise (LFI), le géant énergétique dirigé par Patrick Pouyanné a choisi de rompre avec la traditionnelle politique du dos rond. Face à la montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et à la poursuite du conflit en Ukraine, qui pèsent lourdement sur les cours du pétrole et alimentent la hausse des prix des carburants à la pompe, la colère sociale est un terrain propice aux postures tribunitiennes. C’est dans ce climat électrique que le leader insoumis a tenté d’exploiter l’exaspération des automobilistes français en s’en prenant frontalement à la première entreprise énergétique du pays.
La bataille des chiffres face à la rhétorique du blocage
L’étincelle qui a déclenché cette mise au point vigoureuse est venue d’une publication de Jean-Luc Mélenchon, dans laquelle il plaidait pour un blocage autoritaire des marges des raffineurs afin d’obtenir une baisse rapide des prix à la pompe. S’appuyant sur des déclarations de Michel-Édouard Leclerc, qui avait qualifié les industriels du raffinage de « profiteurs », le dirigeant de gauche affirmait que « les marges de profit ont été multipliées par quatre ». Il accusait en outre le groupe de vouloir « faire croire que Total, par exemple, ne fait pas de bénéfices en France ». Une offensive populiste que la direction du groupe pétrolier a décidé de contrecarrer en opposant une démonstration purement comptable et factuelle aux approximations politiques. Pour TotalEnergies, la défense de son modèle industriel exigeait de rétablir les faits face à ce qu’elle qualifie de manœuvres destinées à induire l’opinion publique en erreur.
La réalité fiscale de l’impôt sur les sociétés en France
Pour répondre à l’accusation d’évasion ou d’absence de contribution fiscale sur le sol national, le groupe a levé le voile sur ses projections financières à court terme. TotalEnergies confirme ainsi qu’elle s’acquittera bien de l’impôt sur les sociétés en France en 2026, au regard des résultats financiers attendus pour l’exercice. Cette mise au point permet de rappeler un principe fondamental de la fiscalité des entreprises, souvent occulté par la rhétorique simplificatrice : l’impôt sur les bénéfices n’est exigible que si l’activité locale est bénéficiaire. Or, l’entreprise rappelle que son activité de raffinage en France a été structurellement déficitaire durant six des dix dernières années. Les pertes accumulées durant cette période expliquent en toute logique pourquoi le groupe n’était pas assujetti à cet impôt sur cette branche spécifique, une réalité économique bien éloignée des fantasmes de soustraction fiscale agités par l’extrême gauche.
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La souveraineté industrielle au défi des pertes économiques
Au-delà de la stricte question fiscale, cette passe d’armes pose la question cruciale de la souveraineté énergétique et industrielle de la France. Le maintien de capacités de raffinage sur le territoire national relève d’un choix stratégique majeur que le groupe a tenu à valoriser dans sa réponse. Malgré un bilan financier déficitaire sur la majeure partie de la décennie écoulée pour son outil industriel français, TotalEnergies a fait le choix souverain de ne pas démanteler ses infrastructures de raffinage. Le groupe souligne à juste titre que l’importance de préserver un tel outil de production nationale apparaît aujourd’hui comme une évidence pour garantir l’approvisionnement du pays face aux crises internationales, là où d’autres acteurs auraient pu arbitrer en faveur de fermetures ou de délocalisations massives vers des zones à moindres coûts.
Un mécanisme de plafonnement unique financé par l’international
Enfin, pour contrer l’image d’une multinationale insensible aux difficultés des ménages français, le groupe a rappelé la spécificité de son modèle de redistribution. TotalEnergies mobilise en effet ses profits réalisés à l’échelle mondiale pour financer le plafonnement des prix du carburant dans ses stations-services de l’Hexagone. Ce mécanisme, qui limite l’impact de la hausse des cours mondiaux pour les consommateurs français, constitue un cas unique au monde pour une entreprise privée de cette envergure. Cette péréquation géographique démontre que l’ancrage national du groupe se traduit par un soutien concret au pouvoir d’achat des Français, rendu possible précisément grâce aux bénéfices engrangés à l’international, loin des schémas de taxation punitive prônés par ses détracteurs politiques.