- Le tribunal correctionnel de Paris a rejeté la demande de renvoi formulée par Carlos Ghosn et maintenu le procès.
- L’ancien PDG de Renault, âgé de 72 ans et réfugié au Liban, sera jugé en son absence pour corruption.
- Rachida Dati, accusée d’avoir perçu 900 000 euros d’honoraires sans travail effectif entre 2010 et 2012, réclame une relaxe claire.
- Les audiences sur le fond se tiendront sur six après-midis jusqu’au 28 septembre.
Un procès maintenu malgré la stratégie d’évitement de Carlos Ghosn

Le tribunal correctionnel de Paris n’aura pas cédé aux requêtes d’ajournement. Après une heure de délibération, la juridiction a confirmé le maintien de l’audience consacrée aux soupçons de corruption entourant les contrats conclus entre le groupe Renault-Nissan et Rachida Dati. Le tribunal correctionnel de Paris a tranché en ordonnant le jugement de Carlos Ghosn en son absence.
Réfugié au Liban, l’ancien dirigeant de 72 ans avait sollicité en août un report en invoquant le non-respect des délais de sa convocation. Le Parquet national financier s’est fermement opposé à cette demande, dénonçant une posture d’esquive de la part de l’ancien homme d’affaires qui cherche à maintenir « un pied dedans, un pied dehors ». Les représentants du constructeur automobile Renault ont également fustigé une posture visant à retarder l’échéance, estimant que le prévenu n’avait aucune intention de se présenter devant les juges français.
La détermination de l’ancienne garde des Sceaux face aux accusations
Contrairement à son coprévenu, l’ancienne ministre et actuelle maire du 7e arrondissement de Paris a refusé de s’associer aux demandes de renvoi. Présente dans la salle d’audience, vêtue de noir et affichant une attitude sereine, l’ancienne élue souhaite voir le dossier tranché au plus vite. La défense de Rachida Dati a fait le choix de ne solliciter aucun renvoi afin d’obtenir une explication au fond et de faire litière des retards de procédure.
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Ses conseils, Mes Olivier Pardo et Olivier Baratelli, ont rappelé avec fermeté le souhait de leur cliente d’être jugée pour établir son innocence et sortir blanchie de cette épreuve judiciaire. L’ancienne magistrate, qui envisage par ailleurs de réintégrer son corps d’origine, a suivi avec impassibilité l’exposé des faits devant la présidente du tribunal.
Au cœur du dossier : 900 000 euros d’honoraires dans le collimateur de la justice
L’affaire porte sur la convention passée entre l’avocate et la filiale néerlandaise de l’alliance automobile, RNVB. La justice soupçonne Rachida Dati d’avoir perçu 900 000 euros d’honoraires entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil juridique fictives, masquant des activités de lobbying au sein du Parlement européen où elle siégeait à l’époque. L’accusation reproche à l’ancienne députée européenne d’avoir perçu des rémunérations indues sans contrepartie de travail effectif.
L’ONG Transparency International France, constituée partie civile dans cette procédure initiée il y a près de deux décennies, s’est félicitée du maintien des débats, estimant qu’il était indispensable que la lumière soit faite de manière transparente sur cette affaire institutionnelle.
Un calendrier judiciaire resserré jusqu’à la fin septembre
Le rejet des exceptions de procédure permet au tribunal d’entrer dans le vif du sujet. Rachida Dati, restée concentrée et silencieuse lors de la première journée d’audience, devra répondre directement aux questions des juges dès la reprise des débats. Les débats au fond s’ouvriront dès jeudi et s’étaleront sur six après-midis jusqu’au 28 septembre.
Pendant deux semaines, la juridiction parisienne entendra les explications détaillées de la prévenue sur la réalité de ses travaux d’avocate et sur les conditions de sa collaboration avec l’alliance industrielle menée alors par Carlos Ghosn.