- Des préjudices financiers majeurs : une entreprise de travaux publics a perdu plus de 10 000 litres de gazole en un an, représentant jusqu’à 20 000 euros de pertes directes.
- Une impuissance face aux assurances : la plupart des contrats ne couvrent pas le vol de carburant dans les réservoirs d’engins, laissant les PME démunies.
- Des coûts de protection exorbitants : certains dirigeants investissent plus de 40 000 euros dans la vidéoprotection pour tenter de dissuader les malfrats.
Un fléau récurrent qui frappe le tissu économique local

Sur les用 sites de travaux publics et au sein des entreprises de transport, la hausse des vols de gazole prend des proportions inquiétantes pour les PME. Dans le Morbihan, le pillage des réservoirs d’engins de chantier et de camions est devenu un problème quotidien pour les dirigeants locaux, contraints d’absorber des pertes financières récurrentes. Dans la nuit du samedi 12 septembre, une entreprise de travaux publics du département a de nouveau été la cible de voleurs venus siphonner plus de 1 000 litres de carburant sur deux pelleteuses au moyen de simples tuyaux et de jerricans.
Pour le gérant de cette société, Pascal Lajaunias, la situation est devenue insupportable après avoir subi une trentaine d’intrusions. Depuis le début de l’année, ce sont environ 10 000 litres de gazole qui ont été dérobés dans ses engins. Selon le cours de la matière première, le préjudice global est estimé entre 18 000 et 20 000 euros. Pour les TPE et PME du secteur des travaux publics, la répétition de ces vols représente un gouffre financier direct et non remboursé.
L’impasse assurantielle et le sentiment de vulnérabilité
Outre la répétition des faits, les chefs d’entreprise se heurtent à une réalité contractuelle stricte : les compagnies d’assurances ne couvrent généralement pas le vol du carburant stocké dans les réservoirs des engins de chantier. Face à des individus agissant souvent sans retenue et maîtrisant parfaitement les lieux, les patrons se retrouvent démunis face au coût financier direct de ces razzias nocturnes.
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Cette absence de prise en charge contraint les acteurs économiques à assumer seuls la totalité des pertes ainsi que la dégradation éventuelle du matériel. Non couverte par les contrats d’assurance traditionnels, la perte sèche liée à l’aspiration du gazole demeure entièrement à la charge des exploitations.
La réorganisation de l’activité comme ultime rempart
Pour tenter de contrecarrer les opérations des voleurs, les entreprises adaptent leur organisation de travail au prix d’une lourdeur logistique supplémentaire. Dans la société de travaux publics touchée dans le Morbihan, la consigne est désormais de laisser le niveau de réservoir le plus bas possible chaque soir sur le chantier.
Les conducteurs d’engins, à l’image d’Yvann Leroc, doivent désormais repasser quotidiennement par le siège de l’entreprise. Chaque véhicule utilitaire a été équipé d’une cuve individuelle permettant de ravitailler la pelleteuse au coup par coup pour la journée de travail. Afin de ne plus laisser d’engins vulnérables la nuit, les salariés sont contraints de transporter quotidiennement leur propre réserve de carburant.
Des investissements de sécurité massifs pour protéger l’outil de travail
À moins de dix kilomètres de là, une entreprise de fabrication de béton disposant de 25 camions subit le même type de pression criminelle. Pour pallier les dégradations périphériques commises par les voleurs · qui percevaient directement les réservoirs verrouillés à hauteur de 400 euros de réparation par pièce ·, son gérant, Arnaud Penpénic, a pris la décision de ne plus verrouiller les bouchons tout en sécurisant l’ensemble du périmètre.
Pour contrer les intrusions, l’entreprise a investi entre 40 000 et 45 000 euros dans un dispositif complet comprenant une dizaine de caméras installées sur les pignons des bâtiments et des radars de zone. Ce dispositif a montré son efficacité lors d’une récente tentative : l’alarme s’est déclenchée au moment où deux individus cisaillaient le grillage, les mettant en fuite avant tout pillage. Face à l’urgence, certains entrepreneurs n’ont d’autre choix que de débourser plus de 40 000 euros en systèmes de détection pour mettre en fuite les intrus.