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samedi 19 septembre 2026
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Meurtre du jeune Zakaria à Romans-sur-Isère : Adel Gourini condamné à 15 ans de prison

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Meurtre du jeune Zakaria à Romans-sur-Isère : Adel Gourini condamné à 15 ans de prison
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L’essentiel
  • Adel Gourini a été condamné à 15 ans de prison pour le meurtre du jeune Zakaria, âgé de 15 ans.
  • Les faits se sont déroulés le 9 avril 2024 lors d’une rixe dans le quartier de la Monnaie à Romans-sur-Isère.
  • La qualification de meurtre a été retenue par la cour d’assises de Valence, écartant la thèse des violences involontaires.
  • Le père de l’accusé, Boutaleb Gourini, écope quant à lui de deux ans de prison pour complicité de violences aggravées.

Un drame de la violence urbaine aux assises de Valence

Meurtre du jeune Zakaria à Romans-sur-Isère : Adel Gourini condamné à 15 ans de prison

Le verdict est tombé au terme d’un procès particulièrement lourd d’émotion devant la cour d’assises de la Drôme, siégeant à Valence. Ce vendredi 18 septembre, Adel Gourini a été condamné à une peine de 15 ans de prison ferme pour le meurtre de Zakaria Tabti, un adolescent de 15 ans mortellement frappé en avril 2024. Le drame s’était produit au cœur du quartier de la Monnaie, à Romans-sur-Isère, une zone urbaine à nouveau marquée par un déchaînement de violence. En tentant de s’interposer au milieu d’une altercation, le jeune Zakaria a payé de sa vie cette intervention spontanée.

La cour d’assises de Valence a tranché en retenant la qualification pénale de meurtre pour le drame survenu dans le quartier de la Monnaie. Cette décision judiciaire vient clore un chapitre douloureux pour la famille de la victime, tout en soulevant à nouveau la question de la sévérité des sanctions face aux crimes commis avec des armes blanches. Aux côtés de l’auteur principal du coup fatal, son père, Boutaleb Gourini, a également été sanctionné par l’institution judiciaire, écopant d’une peine de deux ans de prison pour sa complicité dans les violences aggravées ayant entouré la scène.

L’intention homicide formellement reconnue par la justice

Au centre des débats qui ont animé les audiencements, la question clé était de déterminer si l’accusé avait sciemment cherché à donner la mort. Durant toute la durée du procès, les défenseurs d’Adel Gourini ont tenté de plaider la thèse de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Cette stratégie visait à écarter la qualification de meurtre pour réduire la responsabilité pénale de l’accusé, en soutenant qu’il n’y avait aucune volonté préméditée ou délibérée de tuer lors de cette altercation de quartier.

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L’utilisation d’une arme blanche munie d’une lame de vingt cm a convaincu l’avocat général de l’intention manifeste d’ôter la vie. L’accusation s’est appuyée sur les conclusions médicales irréfutables produites par le médecin légiste. L’expertise a révélé que la lame avait perforé des zones vitales majeures, atteignant les poumons, le cœur et les côtes de la jeune victime. Face à de telles constatations anatomiques, l’argument de l’accident s’est effondré : frapper à l’aide d’une arme d’une telle dimension dans le buste d’un individu implique la conscience d’entraîner des conséquences irrémédiables.

La logique de clan et de vengeance pointée par l’accusation

Le réquisitoire du ministère public s’est attaché à analyser le profil d’Adel Gourini pour expliquer le basculement dans le crime. Bien qu’inséré socialement, chef d’entreprise et père d’une fillette, l’accusé a réagi de manière disproportionnée dès lors que son autorité ou son amour-propre ont été contestés sur la voie publique. Accompagné de son propre père lors de l’affrontement, l’homme s’est laissé porter par une logique de surenchère et d’orgueil mal placé face à des jeunes du secteur.

L’avocat général a dénoncé l’attitude d’un homme agissant comme un chef de clan pour ne pas perdre la face. Lors de son intervention devant les jurés, le magistrat a fustigé la vanité de l’accusé, déplorant que le jeune Zakaria ait été littéralement sacrifié sur l’autel de la vengeance. La conduite de l’accusé, qui s’est comporté avec son père comme une milice familiale pour imposer sa loi dans la cité, démontre une primauté accordée au sentiment de domination au mépris total de la vie humaine.

Les réactions des proches entre soulagement et sentiment d’insuffisance

À l’énoncé du délibéré, les réactions au sein de la famille et du cercle d’amis de la victime ont reflété la complexité du sentiment de justice. Les proches de Zakaria ont accueilli le verdict avec un certain apaisement quant à la qualification pénale retranscrite, mais également avec de l’amertume concernant la longueur de la peine prononcée à l’encontre du meurtrier.

Si la reconnaissance du meurtre apporte un soulagement à la famille, certains proches jugent la peine de quinze ans insuffisante. La belle-mère de Zakaria, Nora, présente sur son banc à l’issue de l’audience, a exprimé son soulagement de voir les faits qualifiés de meurtre, estimant que cette décision rendait justice à la mémoire de l’adolescent. À l’inverse, en dehors du tribunal, plusieurs amis de la victime, dont le jeune Youssef, ont estimé que quinze années de prison constituaient un tarif bien trop léger face à la perte irréparable d’une vie de 15 ans.

L’insécurité dans les quartiers au cœur des débats

Cette affaire s’inscrit dans un contexte récurrent de préoccupations liées au maintien de l’ordre dans le secteur de Romans-sur-Isère. Le quartier de la Monnaie reste régulièrement le théâtre de tensions et de règlements de comptes où l’usage d’armes blanches est devenu dramatiquement banal. Le drame du 9 avril 2024 illustre la dérive de ces affrontements de rue qui coûtent la vie à des adolescents innocents venus s’interposer.

Ce verdict remet en lumière la persistance des affrontements violents au couteau dans les zones urbaines sensibles. Face au risque de banalisation de la violence privée, ce procès rappelle l’exigence d’une réponse judiciaire ferme pour protéger les citoyens et réaffirmer l’autorité de la loi dans l’ensemble des territoires de la République. La condamnation d’Adel Gourini vient réaffirmer que la violence clanique ne saurait bénéficier d’aucune indulgence devant la cour d’assises.

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Écrit par
Inès Moreau

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