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- La production énergétique primaire de la France a progressé de 2,0 % en 2025, prolongeant le net rebond de 10,2 % enregistré en 2024 grâce au parc nucléaire.
- La facture énergétique extérieure du pays s’est réduite de 21 % pour s’établir à 45,8 milliards d’euros en 2025.
- La France assure 63 % de son approvisionnement en énergie primaire par sa production nationale, mais demeure dépendante des importations de pétrole et de gaz.
- Les investissements publics dans la R&D énergétique atteignent 2,2 milliards d’euros en 2024, en hausse de 43 % par rapport à 2019.
Un regain de production nationale porté par la filière nucléaire

Les données publiées par le Service des données et études statistiques (SDES) mettent en évidence un redressement mesurable de l’indépendance énergétique française. En 2025, la production nationale d’énergie primaire s’inscrit en hausse de 2,0 %, consolidant une trajectoire déjà positive observée l’année précédente. En 2024, la production primaire avait en effet connu un essor remarquable de 10,2 % pour s’établir à 1 572 TWh, marquant une rupture nette après des années de tensions sur le réseau national.
Grâce à l’amélioration progressive de la disponibilité des réacteurs nucléaires, le cœur de l’appareil productif français retrouve son rôle stratégique au service de la nation. La production nucléaire a ainsi bondi de 12,5 % sur un an en 2024. À cet apport fondamental de l’atome s’est ajoutée une progression des filières renouvelables électriques, tirée par des conditions météorologiques particulièrement favorables à l’hydroélectricité ainsi que par le développement des capacités photovoltaïques et éoliennes. Ce renforcement de l’outil de production souverain a permis de porter le taux d’indépendance énergétique de la France à 61 % dès 2024, soit un gain de 4,6 points en un an.
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Une facture extérieure allégée mais une vulnérabilité fossile persistante
Le renforcement de la production sur le sol national produit des effets directs sur la balance commerciale du pays. En 2025, le déficit commercial imputable à la facture énergétique s’est replié de 21 %, s’établissant à 45,8 milliards d’euros (contre 46 milliards en chiffre arrondi). Ce soulagement intervient après plusieurs années de déstabilisation des marchés mondiaux et s’explique à la fois par la baisse des cours internationaux des énergies importées et par la diminution des volumes achetés à l’étranger.
Malgré un recul de 21 % du déficit énergétique national, la France reste lourdement tributaire des importations pour ses approvisionnements en hydrocarbures. Les importations nettes d’énergie ont continué de baisser (- 3,5 % en 2025), prolongeant le net repli enregistré entre 2022 et 2024 (- 20,6 %). La reprise des activités de raffinage sur le territoire national a notamment permis de faire chuter de 24,5 % les importations nettes de produits pétroliers raffinés en 2025. En revanche, si la France confirme son statut d’exportatrice nette d’électricité, elle continue d’importer la quasi-totalité des combustibles fossiles qu’elle consomme. Les achats de gaz naturel liquéfié (GNL), en provenance de partenaires comme les États-Unis ou la Russie, demeurent à des niveaux élevés, rappelant l’impératif d’une stratégie énergétique axée sur la souveraineté continentale.
Des investissements publics ciblés sur l’atome et l’hydrogène
Face aux enjeux stratégiques de la souveraineté industrielle et technologique, la puissance publique a réorienté une partie de ses capacités d’effort financier vers la recherche. En 2024, les investissements publics français consacrés à la recherche et au développement (R&D) dans le domaine de l’énergie ont atteint 2,2 milliards d’euros, ce qui représente 0,1 % du produit intérieur brut (PIB). En euros constants, ces moyens progressent de 6 % par rapport à 2023 et affichent une hausse spectaculaire de 43 % comparativement au niveau de 2019.
Les crédits publics consacrés à la recherche énergétique ont progressé de 43 % depuis 2019, réaffirmant la priorité accordée aux filières nucléaire et hydrogène. Portés par d’importants programmes nationaux et européens, ces investissements placent la France au quatrième rang des pays membres de l’Union européenne pour la part du PIB allouée à la R&D énergétique publique. La consolidation des compétences techniques dans le nucléaire de nouvelle génération et les technologies de rupture constitue un levier déterminant pour préserver l’autonomie stratégique du pays face à la compétition internationale.
Consommation et prix : un fardeau persistent pour le budget des ménages
Sur le plan interne, la branche énergie représentait environ 2 % de la valeur ajoutée nationale en 2025. Les retombées de la détente des cours observée sur les marchés de gros ne se traduisent pas de manière homogène pour l’ensemble des acteurs économiques. En 2024, la dépense globale consacrée par les ménages, les entreprises et les administrations publiques pour couvrir leurs besoins énergétiques s’élevait à 219 milliards d’euros, dans un contexte où les prix demeuraient élevés.
Les ménages français ont consacré 9,3 % de leur budget annuel à leurs dépenses d’énergie en 2024, subissant une charge financière qui demeure lourde. Si la consommation finale d’énergie s’est stabilisée à 1 499 TWh en 2024 · interrompant la tendance au repli observée depuis 2021 · les évolutions diffèrent fortement selon les secteurs. À climat corrigé, l’industrie a réduit sa consommation (- 1,3 %), le secteur des transports est resté stable (où le pétrole conserve une place prépondérante), tandis que le secteur résidentiel (+ 1,0 %) et le tertiaire (+ 2,0 %) ont vu leurs besoins s’accroître. Alors que les consommateurs finaux professionnels ont bénéficié de la baisse des prix de gros, le secteur résidentiel a été le seul à ne pas constater de diminution globale de ses factures sur la période.