La Revue Actualité · France & Monde
mercredi 7 octobre 2026
Accueil Planète Budget 2027 : l’État détaille le financement massif de la relance nucléaire française
Planète

Budget 2027 : l’État détaille le financement massif de la relance nucléaire française

Partager
Budget 2027 : l'État détaille le financement massif de la relance nucléaire française
Partager

Ajouter La Revue à mes sources Google

L’essentiel
  • Le projet de loi de finances pour 2027 mobilisera jusqu’à 60 milliards d’euros issus du Livret A pour les nouveaux réacteurs EPR2.
  • Durant le chantier, EDF bénéficiera d’un prêt à taux zéro, la charge des intérêts étant directement assumée par l’État.
  • Le coût total du programme d’équipement, financements compris, est désormais évalué à plus de 153 milliards d’euros.
  • Une garantie publique de prêt jusqu’en 2090 et un contrat d’achat sur quarante ans viendront sécuriser l’investissement.

Un choix stratégique pour la souveraineté énergétique nationale

Budget 2027 : l'État détaille le financement massif de la relance nucléaire française

Présenté le 1er octobre en Conseil des ministres, le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 marque une étape majeure dans la stratégie de réindustrialisation et d’indépendance énergétique de la France. Alors que le budget global prévoit 43 milliards d’euros de mesures de redressement, la puissance publique fait le choix de sanctuariser l’effort financier en faveur de la filière atomique. Le gouvernement officialise l’appui massif de la puissance publique à la filière nucléaire. Ce texte budgétaire précise le cadre financier de la construction des six premiers réacteurs EPR2 prévus sur les sites de Penly, Gravelines et du Bugey, une relance amorcée lors du Conseil de politique nucléaire du 12 mars 2026. L’ensemble de la facture, en intégrant le coût des financements, est désormais estimé à plus de 153 milliards d’euros pour moderniser le parc national.

La mobilisation du Livret A pour financer les grands travaux

Au cœur du dispositif, l’article 48 du projet de loi fixe les modalités du recours à l’épargne populaire. Le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts, qui centralise une partie des ressources du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), prêtera jusqu’à 60 milliards d’euros à la société de projet d’EDF. Ce montant doit couvrir 60 % des besoins de financement du programme de construction. L’épargne des Français est directement orientée vers la souveraineté énergétique du pays. Pour alléger la charge de l’électricien national durant la phase industrielle, EDF ne versera aucun intérêt pendant toute la durée du chantier. Une fois les réacteurs mis en service, l’entreprise s’acquittera d’un taux d’intérêt fixé à 3 %.

À lire aussi Crise agricole : l’État accélère les indemnisations dans quatre-vingt-trois départements

L’impact financier et les risques assumés par la puissance publique

En contrepartie du taux zéro accordé à l’exploitant pendant les travaux, la Caisse des dépôts devant continuer de rémunérer les épargnants, c’est le budget de l’État qui prendra en charge la bonification des intérêts, indexée sur le taux variable du Livret A. Le coût exact de la bonification variera selon les taux d’intérêt et le calendrier des chantiers. Selon les projections financières, cette prise en charge coûterait 44 milliards d’euros à l’État si le taux moyen du Livret A s’établit à 1,5 %, et 70,7 milliards d’euros s’il atteint 3 %. En cas de dérive du calendrier de chantier de sept ans couplée à un taux de 3 %, l’addition pourrait monter à 89 milliards d’euros. Par ailleurs, la puissance publique fournira une garantie gratuite pour ce prêt, s’étendant jusqu’en 2090, apportant une sécurité totale au montage financier.

Un contrat d’achat pour sécuriser la production à long terme

Pour garantir la viabilité du modèle économique sur plusieurs décennies, le dispositif est complété par un contrat pour différence (CfD) d’une durée de quarante ans. Ce mécanisme fixe un prix de référence à 100 euros le mégawattheure pour la production des futurs EPR2. Le contrat de différence garantit des revenus stables à l’exploitant face aux fluctuations du marché. Si le prix du marché de l’électricité descend sous ce seuil, l’État compensera le manque à gagner pour EDF ; à l’inverse, si les cours dépassent ce prix pivot, l’entreprise reversera l’excédent aux caisses publiques. Les simulations basées sur des prix de marché compris entre 50 et 90 euros le MWh évaluent l’effort public net entre 27 et 133 milliards d’euros sur toute la durée du contrat.

Les contestations écologistes face au soutien à l’atome

Ce choix stratégique suscite de vives critiques au sein des réseaux écologistes et de certains cabinets d’expertise. Florence de Bonnafos, chargée de mission économie et finance à Greenpeace France, pointe l’incertitude sur les délais en rappelant le précédent du chantier de Flamanville. De son côté, Stéphane His, consultant indépendant, regrette l’absence de commission de garantie et s’interroge sur l’arbitrage rendu au détriment d’autres secteurs financés par le Fonds d’épargne, comme le logement social ou les collectivités locales. Les opposants au nucléaire dénoncent un transfert exorbitant du risque financier sur le contribuable. La Caisse des dépôts a toutefois réaffirmé que les liquidités disponibles permettront de couvrir l’ensemble des besoins du secteur social sans créer de pénurie de crédits.

Source ↗

Partager
Écrit par
Raphael Simon

Fondateur et directeur de la publication de La Revue. Il suit l'économie des médias, l'hôtellerie et les grandes tendances de consommation.

La Revue est un média d'information générale qui couvre l'actualité en France et dans le monde : politique, économie, société, international, sciences et techniques, sport, culture et art de vivre. Un fil d'information tenu tout au long de la journée, et des articles qui replacent chaque fait dans son contexte, avec une exigence : dire ce qui s'est passé, et rien d'autre. Retrouvez toute l'actualité sur le web et dans notre application.

CONTACTEZ LE GROUPE LA REVUE

Pour nous contacter, vous pouvez nous envoyer un mail directement à cette adresse : larevuegroupe@gmail.com.

Copyright 2026-2027 LA REVUE. Tous droits réservés.